logo le mondeC'était il y a deux ans, presque un autre temps au rythme du débat judiciaire. Le 7 janvier 2009, Nicolas Sarkozy annonçait la suppression du juge d'instruction, figure symbole de la révélation des affaires politico-financières. Fini les juges qui perquisitionnent, mettent en examen les élus et fouillent les arrière-cours de la République ! Surfant sur le discrédit des magistrats instructeurs, né du désastre de l'affaire d'Outreau, le chef de l'Etat déclarait confier l'ensemble des enquêtes pénales aux procureurs. Qu'importe que ces magistrats soient soumis hiérarchiquement à l'exécutif, il n'est pas question de modifier leur statut. Au nom de la modernisation de la justice et de l'accroissement des droits de la défense, l'Elysée s'assurait ainsi un viatique pour contrôler le pouvoir judiciaire. Deux ans après, ce bel ordonnancement paraît définitivement compromis.