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vendredi, avril 8 2011

Bandes de jeunes, territoires, violences : quelques précisions

Photo_cite_gingiber_flickr.jpgNotre petit article sur la médiatisation du fait divers dramatique de la gare de Noisy-le-Sec a suscité beaucoup de réactions, d'approbations, de critiques ou de demandes de précisions, portant moins sur le fonctionnement des médias et l'absence d'informations précises sur les raisons de cette agression (ce qui était le sujet de notre billet), que sur les bandes de jeunes, les quartiers pauvres, la violence et la population « d'origine étrangère ». Ceci confirme la crainte que nous exprimions, à savoir que le traitement médiatique superficiel des faits divers favorise le recours à des généralités toutes faites que l'on vient ensuite plaquer sur les événements.
Pour prolonger la discussion, nous proposons ici de revenir non pas sur l'agression en question (encore une fois, l'enquête ne fait que commencer, attendons pour connaître le fin mot de l'histoire), mais sur ce qui a fait le plus débat sur ce blog donc : les bandes de jeunes, les quartiers pauvres, la violence et la population « d'origine étrangère ».

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mercredi, avril 6 2011

Quelles priorités politiques pour les quartiers sensibles ? Un sondage intéressant

Photo_a_leste_sur_flickr_cc.jpgCe 4 avril, Ipsos et France-Bleu ont interrogé un échantillon de 1 014 personnes âgées de 15 ans et plus, représentatives de la population française, pour connaître leur perception de la situation dans les quartiers sensibles. Les résultats de ce sondage indiquent que, pour quatre Français sur dix, les conditions de vie dans ces quartiers se sont dégradées depuis quelques années. Une proportion à peu près identique estime qu’elle n’a pas vraiment changé et seules 11% des personnes pensent au contraire que la situation s’est améliorée. Les habitants de ces quartiers portent un regard légèrement moins sombre sur leur propre situation de vie, encore que les trois quarts d’entre eux déclarent vouloir déménager. Mais l’intérêt de cette consultation réside surtout dans les choix prioritaires parmi les mesures proposées par le sondage pour améliorer la situation dans ces territoires.

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mardi, janvier 25 2011

Les Bandes, le quartier et moi (documentaire)

Image_documentaire_France_5.jpgAprès avoir vécu dans les quartiers populaires des Pyramides et du Canal, Atisso Médessou éprouve le besoin de mieux comprendre le monde dans lequel, durant toutes ces années, il a évolué. Pendant un an, il pose donc sa caméra à Evry et à Courcouronnes et choisit d’y rencontrer les groupes de jeunes qui s’y constituent. En interrogeant le maire de la ville, les habitants, les adolescents et leurs parents, il tente de saisir de quelle manière ces bandes se forment, vivent et s’organisent. Au cours de son enquête, il révèle un monde à l’intérieur duquel se dressent des frontières invisibles entre quartiers limitrophes, un monde où, en fonction de l’endroit où l’on habite, le supermarché ou le fast-food deviennent des territoires ennemis où il ne vaut mieux pas s’aventurer. A ces groupes fermés, régis par des codes précis, il est impossible d’échapper. La guerre qui se joue au pied des immeubles ou au coin de la rue ne le permet pas. Tout simplement parce que les rivalités entre quartiers sont une réalité à laquelle les jeunes doivent quotidiennement faire face. Mais pourquoi tant de haine ? Pour le sociologue Marwan Mohammed, interrogé dans le film, « ces embrouilles s’intègrent dans un champ de réputations, très informel, où il s’agit de faire parler de soi, de son groupe ou de son quartier. Et la réputation liée aux embrouilles apporte un certain statut social que personne, à ce moment-là, n’arrive à leur apporter. Une fois qu’ils ont fait parler d’eux, c’est du prestige, c’est du pouvoir, c’est de l’estime de soi » (présentation officielle du documentaire).

mercredi, décembre 15 2010

L'INSEE fait enfin le point sur la population des ZUS

Image_Insee_Premiere.gifLes zones urbaines sensibles (ZUS) comptaient 4 361 000 habitants en 2006, dont 204 600 dans les départements d’outre-mer. Contrairement à la population générale, la population des 717 ZUS métropolitaines a diminué de 2,3 % depuis 1999. Désormais, à peine 7 % de la population réside en ZUS. La répartition est cependant inégale. La part de la population résidant en ZUS est maximale à La Réunion et en Guyane, autour de 15 % ; elle dépasse 10 % dans le Nord - Pas-de-Calais, en Île-de-France et en Corse. À l’inverse, elle est inférieure à 3 % en Bretagne, dans le Limousin et en Midi-Pyrénées.
La population des ZUS est plus jeune que la population générale, elle compte davantage de familles nombreuses et de familles monoparentales, elle compte deux fois plus d'étrangers, de Français par acquisition et d'immigrés que dans les unités urbaines englobantes.
Le niveau de formation de la population s’est accru dans les ZUS, mais moins vite que dans le milieu urbain englobant. Dans les ZUS, la moitié des habitants ne disposent d’aucun diplôme supérieur au brevet des collèges, contre un tiers dans les unités urbaines englobantes. Cet écart a augmenté de 2,6 points entre 1999 et 2006. La part des diplômés universitaires reste deux fois plus faible en ZUS.
Dans les ZUS, le taux d’activité des 25-49 ans est inférieur de 7,2 points à celui observé dans les unités urbaines englobantes. La différence est plus prononcée pour les taux d’emploi, particulièrement chez les femmes et les étrangers. 34,5 % des étrangères de 25 à 49 ans sont en emploi en ZUS, contre 60,0 % dans leurs unités urbaines et 76,2 % des Françaises du même âge des mêmes unités urbaines.