Keyword - Sentiment d insécurité

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vendredi, mai 6 2016

Délinquances, police, justice. Enquêtes à Marseille et en région PACA

couv_DELINQUANCESPOLICE.jpgCe livre propose une synthèse et une sélection de morceaux choisis des recherches réalisées entre 2011 et 2015 au sein de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS). Ce programme de recherche original et inédit, a associé pendant cinq ans l’Université d’Aix-Marseille, le CNRS et le conseil régional PACA dans le but de mieux diagnostiquer les problèmes de délinquances et de mieux évaluer les politiques publiques de sécurité et de prévention. Paradoxalement, tous ces sujets d’une actualité brûlante n’avaient jamais été traités de façon un tant soit peu systématique et collective en dehors de la région parisienne.
La Provence en général, et la ville de Marseille en particulier, sont-elles réellement ces « capitales du crime » que les médias présentent souvent ? Au-delà des règlements de compte liés aux trafics de drogues, qu’en est-il de toutes les autres formes de délinquance et en particulier de celles qui impactent le plus la vie quotidienne des habitants ? Quelles types d’enquêtes et de données statistiques permettent de répondre en partie à ces questions ? Comment la police et la justice travaillent-elles sur ces problèmes ? Les Zones de Sécurité Prioritaires et leurs effectifs de police renforcés constituent-elles une réponse efficace à la délinquance ? La justice est-elle « laxiste » comme certains le prétendent ? Toutes ces questions essentielles trouvent ici des réponses scientifiques particulièrement rigoureuses et argumentées.

vendredi, mai 29 2015

Victimation et sentiment d’insécurité à Marseille : une enquête inédite

Vue_de_Marseille.jpgMarseille, parce qu’elle serait submergée par une violence sans cesse croissante, constitue l’un des principaux territoires de mise en scène médiatique et politique du thème de « l’insécurité ». Pour approcher scientifiquement cette problématique, l’article présente les premiers résultats d’une enquête inédite sur la victimation et le sentiment d’insécurité chez les Marseillais. Les auteurs présentent d’abord, de façon détaillée, la méthodologie de l’enquête, puis les résultats portant sur la victimation réellement subie. Ils analysent ensuite les données concernant les représentations et le sentiment d’insécurité. En conclusion, ils discutent les relations statistiques entre victimation et sentiment d’insécurité, ainsi que la place de Marseille au regard d’enquêtes menées dans d’autres villes françaises.

Photo : refletafrique.net

vendredi, juillet 25 2014

Le diagnostic local de sécurité : enquête de victimation et travail de terrain

aubagne.jpgDeux villes formant une intercommunalité ont demandé à l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) de réaliser un diagnostic local de sécurité, en garantissant aux chercheurs les deux conditions d’indépendance totale et de durée d’enquête longue sans lesquelles il n’y a pas de travail à caractère scientifique possible.
Ce diagnostic a consisté d’abord dans la réalisation d’une enquête locale sur la victimation et le sentiment d’insécurité, d’autre part dans un travail de terrain. Enfin, nous avons bien entendu recueilli les données quantitatives et les analyses qualitatives de la police nationale. Mais cette dernière partie, qui constitue l'essentiel des diagnostics que fournissent les cabinets privés (à coups de jolis « camemberts » en couleur remplissant parfois des pages entières), ne sera pour nous qu'un élément parmi d’autres, intégrés à la partie sur l’enquête de terrain. Les institutions pénales (police et justice) ont en effet de grandes difficultés à saisir ce qui est l'essentiel des problèmes et/ou des peurs des habitants, à savoir non pas la moyenne ou la grande délinquance mais au contraire la plus petite, ce que l'on appelle généralement les « incivilités » . C'est pourquoi un diagnostic digne de ce nom ne devrait jamais se contenter (ni même consacrer l'essentiel de son énergie) des données statistiques produites par les institutions pénales.

Photo : agglo-paysdaubagne.com

vendredi, juin 20 2014

Première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité à Marseille

Vue_de_marseille_Capital.fr.jpgC'était ce mardi 17 juin, dans l'amphithéâtre de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme. L'Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux présentait les résultats de la première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité jamais réalisée sur la ville de Marseille. Durant les premiers mois de l'année 2014, les télé-enquêteurs formés par l'ORDCS ont interrogé 3 000 habitants de la ville d'une part sur les victimations éventuellement subies durant les années 2012 et 2013, d'autre part sur leurs opinions, leurs peurs et leur éventuel sentiment d'insécurité.
Côté faits, cette enquête innove en ajoutant les discriminations et les violences institutionnelles à la liste des victimations interrogées. Côté représentations, elle innove également en interrogeant les opinions sur les politiques de sécurité et non simplement sur leurs peurs et leurs représentations de "l'insécurité".
Au final, les chercheurs dressent le portrait d'une ville "normale" en ce sens où les résultats enregistrés ne diffèrent pas particulièrement de ceux obtenus dans les enquêtes réalisées les années précédentes dans la région, ni de ceux obtenus par les autres équipes de chercheurs en région parisienne. Une fois encore, la réalité marseillaise semble très éloignée de l'épouvantail politico-médiatique en faisant "la ville la plus dangereuse de France".

Photo : capital.fr

lundi, février 24 2014

Victimation et sentiment d'insécurité sur un campus universitaire (Luminy, Marseille)

luminy.jpgCette recherche de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) constitue à notre connaissance le seul diagnostic de sécurité réalisé sur un campus universitaire en France par une équipe de chercheurs en sciences sociales.
Aix-Marseille Université est aujourd’hui une des plus jeunes universités de France, c’est aussi la plus grande au regard du nombre de ses étudiants, de ses personnels et de par son budget. Quant au campus de Luminy, qu’ils soient étudiants, enseignants chercheurs, chercheurs ou personnels administratifs et techniques, on compte 14 000 personnes susceptibles d’être présents sur le site quotidiennement.
Nous avons privilégié une double approche, à la fois quantitative et qualitative. La première partie de notre enquête a consisté en la passation d’un questionnaire à un échantillon représentatif d'usagers de tout type travaillant au sein des différentes composantes du campus. L’enquête a été passée auprès de 409 personnels et 529 étudiants, soit 938 personnes fréquentant quotidiennement le campus.
Parallèlement à l'enquête par questionnaire, nous avons effectué une enquête de terrain, durant deux mois, par entretiens individuels et observations in situ.

Photo : ueeh.net

vendredi, janvier 17 2014

Pour une évaluation (vraiment) scientifique de la vidéosurveillance

Photo_zigazou76_dome_flickr.jpgDans le débat public, la « vidéoprotection » (désormais VP) est l’objet de deux légendes, qu’il faut préalablement mettre à distance si l’on prétend réaliser une évaluation scientifique. Une légende noire est produite par les opposants de principe qui dénoncent l’arrivée de big brother, une forme de « flicage » attentant gravement aux libertés publiques ainsi qu’à la vie privée. Une légende dorée est produite par les partisans de principe de la VP, qui célèbrent une technologie révolutionnant la lutte contre la délinquance, parce qu’elle permettrait de confronter les dénégations du délinquant à l’irréfutable preuve par l’image.
À distance de ces deux légendes, l’étude scientifique a pour but d’objectiver l’installation, le coût, l’utilisation et l’impact d’un dispositif, s’agissant ici des dispositifs de surveillance par caméras installées sur la voie publique. Au cours de l’année passée, nous avons mené une étude de terrain dans une commune de près de 19 000 habitants de la région Languedoc-Roussillon, qui dispose d’un dispositif de VP particulièrement opérationnel.

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc

vendredi, décembre 20 2013

Insécurité : à quoi jouent l'ONDRP et les médias ?

manipulation_2.jpgQuelques jours seulement après avoir fait un événement sur le thème de la délinquance des étrangers, d'une façon posant déjà des problèmes déontologiques et politiques assez évidents, l'ONDRP, l'AFP et la plupart des patrons des rédactions des médias parisiens récidivent en nous expliquant cette fois-ci que "17% des Français se sentent en insécurité", que ce "sentiment d'insécurité" est en augmentation et que cette augmentation est due à l'augmentation des cambriolages. L'ONDRP le dit d'un air très sérieux, et les médias le recopient bien sagement. Les choses sont pourtant beaucoup moins claires si l'on essaye d'être réellement sérieux. Pour au moins six raisons.
1) Dans son analyse statistique (disponible ici), l'ONDRP fait quelque chose qui est en réalité irrecevable an plan scientifique. A la question vous arrive t-il de vous sentir en insécurité à votre domicile, l'ONDRP a additionné les personnes qui ont répondu aussi bien « souvent » (et qui ne sont que 2,4% !), celles qui ont répondu « de temps en temps » (7,1%) et celles qui ont répondu « rarement » (7,7 %). Ceci est inadmissible et même un institut de sondage ne se le permettrait pas : on ne peut pas additionner « souvent » et « rarement » en considérant donc que c'est la même chose, ceci est tout simplement faux !

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dimanche, mai 1 2011

Insécurité et sentiment d'insécurité

Photo_Metro_Transportation_Library_and_Archive_flickr.jpg La confusion entre sécurité et sentiment d'insécurité est permanente, et ceci est bien compréhensible. Dans quantité de discours et de représentations, se confondent en effet trois choses : 1) les opinions générales sur l'importance du « problème de la sécurité » en France, 2) les peurs sur sa sécurité personnelle ou celle de sa famille, 3) l'expérience réelle de la victimation. Or il s'agit de trois choses différentes, qui sont toutes les trois identifiées et mesurées par des enquêtes. Selon la façon dont la question est posée dans l'enquête ou le sondage, l'on peut interroger l'une ou l'autre de ces trois choses, et s'apercevoir de leurs différences.

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mardi, avril 5 2011

Les Gated Communities : des ghettos de riches ?

Photo_gated_community_par_waltarrrrr_sur_flickr.jpgLe phénomène des gated communities, ou ensembles résidentiels fermés, éveille un fort intérêt car il rend particulièrement visibles des évolutions sociales inquiétantes. Ces ensembles résidentiels fermés se trouvent ainsi accusés de nombreux maux. Ils apparaissent alternativement : comme une source d’approfondissement de la ségrégation spatiale, avec la constitution de ghettos de riches ; comme l’expression de la peur de l’autre et du sentiment d’insécurité ; comme la manifestation d’une privatisation rampante des villes ; ou encore comme une preuve de la crise du lien social et des espaces publics urbains. Ces critiques sont souvent entremêlées, dans la mesure où par exemple le sentiment d’insécurité pèse sur le lien social ou sur la volonté des plus aisés de se mettre à l’écart. Selon Eric Charmes, un tel jugement gagnerait à être nuancé : les gated communities ne méritent pas toutes les critiques dont elles sont l’objet. Elles masquent souvent d'autres évolutions plus larges et plus dangereuses pour la cohésion sociale.

lundi, janvier 31 2011

Un centre de soins pousse l'absurdité jusqu'à vidéosurveiller les enfants de 0 à 6 ans

Image_centre_de_soins_L__Union.jpg Sont-ils devenus fous ? Le Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) d’Epernay, près de Reims, a eu une drôle d’idée. L’association gestionnaire a installé 3 caméras de vidéosurveillance dans les nouveaux locaux afin, dit-elle, d’assurer la « sécurité » des enfants. Ces caméras filment le sas d’entrée, la salle d’attente, ainsi que le couloir donnant accès au secrétariat et aux bureaux de soins, puis les images sont diffusées sur un écran dans la salle du personnel. Diantre, que se passe-t-il ? Le CAMSP serait-il en danger, menacé par des gangs d’enfants autistes, prêts à en découdre ? Voire par des hordes de bébés en souffrance ? (lire la suite de cet article de ''Libération'', 25 janvier).
Les caméras installées dans les locaux provoquent l'ire du personnel soignant. Il faut les rencontrer à l'extérieur. Car à l'intérieur, il y a les caméras. Celles qui sont au cœur du conflit entre l'ensemble de l'équipe soignante du CAMSP d'Epernay et son employeur, l'Association sparnacienne pour la réadaptation et l'intégration des enfants et adolescents. Le matériel a été installé dans les nouveaux locaux où le CAMSP a emménagé, au mois d'avril. Une intrusion vécue comme une absurdité, doublée d'un véritable affront aux yeux des 13 salariés de l'équipe soignante qui a marqué son désaccord dès le départ. « Nous sommes un lieu d'accueil et de soins, pas un lieu de surveillance », rappelle l'une d'elle. Ces méthodes, ajoute une autre, sont à l'opposé « du cadre déontologique et éthique » lié à leur travail. « Il est choquant de voir que les bénévoles de l'association gestionnaire, qui ne connaissent rien à notre métier, ne tiennent absolument pas compte de notre avis… » (lire la suite de cet article de ''L'Union'', du 27 janvier).