Keyword - Statistiques de la délinquance

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vendredi, mai 6 2016

Délinquances, police, justice. Enquêtes à Marseille et en région PACA

couv_DELINQUANCESPOLICE.jpgCe livre propose une synthèse et une sélection de morceaux choisis des recherches réalisées entre 2011 et 2015 au sein de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS). Ce programme de recherche original et inédit, a associé pendant cinq ans l’Université d’Aix-Marseille, le CNRS et le conseil régional PACA dans le but de mieux diagnostiquer les problèmes de délinquances et de mieux évaluer les politiques publiques de sécurité et de prévention. Paradoxalement, tous ces sujets d’une actualité brûlante n’avaient jamais été traités de façon un tant soit peu systématique et collective en dehors de la région parisienne.
La Provence en général, et la ville de Marseille en particulier, sont-elles réellement ces « capitales du crime » que les médias présentent souvent ? Au-delà des règlements de compte liés aux trafics de drogues, qu’en est-il de toutes les autres formes de délinquance et en particulier de celles qui impactent le plus la vie quotidienne des habitants ? Quelles types d’enquêtes et de données statistiques permettent de répondre en partie à ces questions ? Comment la police et la justice travaillent-elles sur ces problèmes ? Les Zones de Sécurité Prioritaires et leurs effectifs de police renforcés constituent-elles une réponse efficace à la délinquance ? La justice est-elle « laxiste » comme certains le prétendent ? Toutes ces questions essentielles trouvent ici des réponses scientifiques particulièrement rigoureuses et argumentées.

vendredi, juillet 25 2014

Le diagnostic local de sécurité : enquête de victimation et travail de terrain

aubagne.jpgDeux villes formant une intercommunalité ont demandé à l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) de réaliser un diagnostic local de sécurité, en garantissant aux chercheurs les deux conditions d’indépendance totale et de durée d’enquête longue sans lesquelles il n’y a pas de travail à caractère scientifique possible.
Ce diagnostic a consisté d’abord dans la réalisation d’une enquête locale sur la victimation et le sentiment d’insécurité, d’autre part dans un travail de terrain. Enfin, nous avons bien entendu recueilli les données quantitatives et les analyses qualitatives de la police nationale. Mais cette dernière partie, qui constitue l'essentiel des diagnostics que fournissent les cabinets privés (à coups de jolis « camemberts » en couleur remplissant parfois des pages entières), ne sera pour nous qu'un élément parmi d’autres, intégrés à la partie sur l’enquête de terrain. Les institutions pénales (police et justice) ont en effet de grandes difficultés à saisir ce qui est l'essentiel des problèmes et/ou des peurs des habitants, à savoir non pas la moyenne ou la grande délinquance mais au contraire la plus petite, ce que l'on appelle généralement les « incivilités » . C'est pourquoi un diagnostic digne de ce nom ne devrait jamais se contenter (ni même consacrer l'essentiel de son énergie) des données statistiques produites par les institutions pénales.

Photo : agglo-paysdaubagne.com

jeudi, mai 15 2014

L’évolution de la délinquance des mineurs et de son traitement pénal

cahiers_dynamiques_58.jpgLa délinquance juvénile, son augmentation supposée, sa violence réputée croissante et son rajeunissement présumé se sont imposés comme des thèmes centraux dans le débat public et dans l’agenda politique depuis le début des années 1990, en France comme dans de nombreux autres pays européens. Au point de constituer une peur collective suscitant parfois même de véritables petites « paniques morales » lorsque médias, politiciens et groupes de pression joignent leurs discours et leurs actions, par exemple dans l’affaire des « tournantes » (viols collectifs) au début des années 2000. Par ailleurs, cette idée d’une augmentation constante de la délinquance des jeunes rencontre aussi un préjugé favorable dans une partie de la population générale dont elle alimente le « sentiment d’insécurité ». La tentation est alors grande chez certains de nos concitoyens d’interpréter toute évolution dans le sens négatif d’une dangerosité potentielle voire d’une décadence morale. Les discours sur les films que regardent les jeunes, sur les jeux vidéo qui les occupent ou encore sur les musiques qu’ils écoutent, en fournissent de nombreux exemples. Enfin, les médias diffusent régulièrement des chiffres sensés illustrer cette évolution, mais qu’ils utilisent le plus souvent comme des arguments d’autorité et non comme des éléments d’analyse. C’est l’ensemble de ce cadre imposé dans le débat public qu’il faut pourtant sinon remettre en question du moins mettre en parenthèses pour tenter de réfléchir posément et sérieusement.

jeudi, février 6 2014

Les condamnations inscrites au casier judiciaire en 2012

Justice_independante.jpgCes rapports annuels contiennent l’essentiel des données statistiques disponibles sur les condamnations prononcées à l’encontre des personnes physiques par les tribunaux français, telles qu’elles ressortent du Casier judiciaire national. Le Casier judiciaire national est une source très riche, qui donne matière à des exploitations statistiques permettant de décrire les infractions sanctionnées par les juridictions, les procédures de jugement, la nature et le quantum des peines prononcées, le profil socio-démographique des condamnés et l'importance du phénomène de récidive.
En 2012, ce sont plus de 910 000 infractions qui ont été sanctionnées par 617 000 condamnations. Parmi ces infractions, 0,4 % étaient des crimes, 93,9 % des délits et 5,8 % des contraventions de 5ème classe. Les infractions routières représentent 36 % des délits sanctionnés en 2012 : au sein de cet ensemble d’infractions, 43 % concernent la conduite en état alcoolique. Les atteintes aux biens (qui englobent les escroqueries et dégradations) représentent le deuxième groupe d’infractions avec un délit sur cinq. Les vols et recels en constituent l’essentiel (71,6 %). Les escroqueries et les dégradations représentent respectivement 14,1 % et 14,3 %. Deux autres groupes d’infractions se distinguent ensuite, représentant chacune environ 15 % des délits : l’ensemble des atteintes aux personnes constitué des violences volontaires ou involontaires et des atteintes sexuelles d’une part et l’ensemble des infractions à la législation sur les stupéfiants d’autre part...

vendredi, décembre 20 2013

Insécurité : à quoi jouent l'ONDRP et les médias ?

manipulation_2.jpgQuelques jours seulement après avoir fait un événement sur le thème de la délinquance des étrangers, d'une façon posant déjà des problèmes déontologiques et politiques assez évidents, l'ONDRP, l'AFP et la plupart des patrons des rédactions des médias parisiens récidivent en nous expliquant cette fois-ci que "17% des Français se sentent en insécurité", que ce "sentiment d'insécurité" est en augmentation et que cette augmentation est due à l'augmentation des cambriolages. L'ONDRP le dit d'un air très sérieux, et les médias le recopient bien sagement. Les choses sont pourtant beaucoup moins claires si l'on essaye d'être réellement sérieux. Pour au moins six raisons.
1) Dans son analyse statistique (disponible ici), l'ONDRP fait quelque chose qui est en réalité irrecevable an plan scientifique. A la question vous arrive t-il de vous sentir en insécurité à votre domicile, l'ONDRP a additionné les personnes qui ont répondu aussi bien « souvent » (et qui ne sont que 2,4% !), celles qui ont répondu « de temps en temps » (7,1%) et celles qui ont répondu « rarement » (7,7 %). Ceci est inadmissible et même un institut de sondage ne se le permettrait pas : on ne peut pas additionner « souvent » et « rarement » en considérant donc que c'est la même chose, ceci est tout simplement faux !

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mardi, décembre 17 2013

La délinquance des étrangers : un nouveau marronnier pour l'ONDRP et la presse ?

le_coupable.jpg"L'actu" du jour en matière de délinquance nous a surpris, interrogé, puis fortement agacé. L'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) a donc publié (ou plutôt annoncé) hier soir, pour la deuxième année consécutive, une étude consacrée à la "délinquance des étrangers". Il s'agit cette fois des vols et la quasi totalité des médias font depuis ce matin un sujet sur le thème "27% des vols sont commis par des étrangers", la plupart recopiant ou paraphrasant bien entendu une dépêche de l'AFP. Certes, le sujet est en soi légitime. Mais on peut cependant se demander à quoi rime tout cela pour les uns comme pour les autres.
Pour l'ONDRP, pourquoi transformer en marronnier ce sujet et ainsi risquer de lui donner implicitement le rôle d'une sorte d'indicateur ? Plus problématique encore : pourquoi s'empresser de communiquer à la presse lors même que l'on cherche en vain, ce matin, à lire l'étude sur le site Internet de l'ONDRP ? Ainsi donc on alerte les journalistes mais il est impossible de vérifier, d'aller plus loin, de comprendre les nuances, de s'interroger sur la méthodologie... Voilà un procédé anti-scientifique hautement critiquable. Il est vrai que l'ONDRP n'a jamais été une organisation mue par des principes scientifiques, et c'est plus que regrettable. L'éthique scientifique permettrait d'éviter ce genre de dérives et de privilégier la mission d'information sur le goût de la publicité.

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lundi, mai 6 2013

La mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences

histogramme.jpg Les statistiques des délinquances et de leurs conséquences, objet du présent rapport, ont pris une importance considérable dans le débat public. Tour à tour utilisées pour présenter un bilan favorable de l’action des gouvernements ou, au contraire, pour asseoir, à partir de l’état des lieux qu’elles fournissent, une nouvelle politique pénale, elles sont déraisonnablement mises en avant.
La valorisation de ces statistiques, tant par les gouvernants que par les médias, est d’autant plus paradoxale que, comme vos rapporteurs entendent vous le démontrer, ces statistiques n’ont qu’une fiabilité très limitée et ne permettent nullement de mesurer finement les délinquances.
Ceci est d’autant plus vrai que c’est généralement un « chiffre unique » qui sert de fondement à la communication et au débat. Or, ce chiffre, qui résulte de l’agrégation grossière de données éparses, n’est porteur d’aucune réalité. Fabriqué de toutes pièces à des fins de communication politique, il ne peut que faire reculer le niveau du débat public, alors même que la connaissance de la réalité des délinquances est, par nature, susceptible d’éclairer les acteurs publics autant que les observateurs de la réalité sociétale.

Illustration : statistix.fr

vendredi, février 24 2012

Délinquances, chômage des jeunes et inégalités de revenus en région PACA

Carte_PACA_2.jpgCette étude constitue le premier grand travail statistique réalisé par l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) sur la région PACA, à partir des chiffres de la police et de la gendarmerie.
Dans une première partie, les auteurs expliquent longuement les précautions méthodologiques indispensables à l’utilisation de ces données administratives, signalant au passage les critiques qui peuvent être adressées aux organismes utilisant couramment ces statistiques (notamment l'ONDRP). Ils expliquent, dans une seconde partie, la sélection qu’ils ont réalisée parmi les index de cette statistique administrative, ainsi que les regroupements qu’ils ont opérés pour construire de nouveaux indicateurs de délinquances. Les auteurs présentent ensuite un travail inédit de calcul de taux tenant compte non seulement de la population résidente sur les territoires mais aussi des flux touristiques. Ces calculs conduisent à des changements notables dans l’évaluation des niveaux de délinquances sur les territoires. Dans une troisième partie, les auteurs développent une analyse cartographique et statistique poussée afin de rechercher les relations significatives existant entre, d’une part les indicateurs de délinquance et d’autre part les variables de contextes démographique et socio-économique. Ils mettent ainsi en évidence l’importance de plusieurs variables au premier rang desquelles le taux de chômage, en particulier celui des jeunes. Ils formulent enfin une hypothèse de corrélation entre certains types de délinquance et l’ampleur des inégalités de revenus.

mercredi, juin 22 2011

Au-delà des faits divers, on se tue de moins en moins en France

Photo_s_i_n_h_a_flickr.jpgDans une petite commune proche de Béziers, une collégienne de 13 ans est décédée hier d'un traumatisme crânien. Elle a été battue par le frère d'une autre élève, âgé lui de presque 15 ans et qui est mis en examen pour « coups et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Comme souvent, ce fait divers dramatique fait l'objet d'une forte couverture médiatique (et peut-être bientôt une récupération politique ?). Et, comme toujours, faute de connaissance du fond du dossier (l'enquête démarre à peine), la plupart des commentaires viennent plaquer des généralités sur ce cas particulier : augmentation permanente de la violence, rajeunissement des auteurs, durcissement des relations entre garçons et filles... Pourtant, les données disponibles ne confirment pas voire contredisent singulièrement ces généralités. Les homicides non seulement n'augmentent pas, mais de surcroît baissent fortement dans la société française depuis un quart de siècle. Et leurs auteurs sont très rarement des mineurs.

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lundi, juin 20 2011

Erreurs et contre-vérités : Claude Guéant est déjà en campagne électorale

Photo_Claude_Gueant_lemonde.fr.jpgClaude Guéant était hier soir (19 juin 2011) l'invité de l'émission politique « Dimanche soir politique », partenariat entre France Inter, I-Télé, Le Monde et Dailymotion. Entre autres thèmes évoqués, la politique de sécurité. En quelques minutes, le ministre de l'Intérieur a énoncé trois séries d'affirmations douteuses voire totalement erronées, ce qui pose question.
1- Sur le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité
2- Sur les effectifs de police et de gendarmerie
3- Sur la police de proximité

vendredi, mai 13 2011

Délinquance routière : les faux arguments du lobby répressif

Photo_radar_site_le_monde.fr.jpgSi l'on ne peut que partager les objectifs globaux de réduction des risques d'accidents et donc de blessés et de décès sur les routes, et si l'on respecte sincèrement le militantisme des associations de victimes, cela n'implique pas que l'on doive prendre pour argent comptant n'importe quel argument et confondre la démonstration scientifique avec le plaidoyer orienté par le lobbying politique. Ainsi, dans son interview du 11 mai sur le site Internet du Monde, la présidente de la Ligue contre la violence routière, déclare deux choses qui peuvent être démenties.
Première affirmation : la hausse de la mortalité routière constatée depuis le début de l'année 2011 serait due au vote de la loi du 14 mars 2011 (dite Loppsi 2), qui serait une loi « laxiste » en matière de délinquance routière.

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jeudi, janvier 27 2011

La politisation des chiffres de la délinquance à l'échelon local (l'exemple nîmois)

Photo_hsivonen_-_flickr_-_arene_de_nimes.jpgL'opération de communication politique qui entoure la publication des statistiques de police et de gendarmerie ne se joue pas seulement au niveau national. Les médias nationaux ont beaucoup commenté celle réalisée rituellement par le ministre de l'Intérieur au mois de janvier de chaque année, mais le même processus se décline ensuite plus ou moins bruyamment dans chaque département. Dans certains cas, il n'est pas présenté comme un événement. Dans d'autres, il a au contraire des répercussions locales importantes et est fortement valorisé par la presse quotidienne régionale.
C'est ce qui s'est produit notamment à Nîmes où les chiffres du ministère de l'Intérieur ont été jugés "inquiétants" et où la délinquance des mineurs a été présentée par le préfet comme une "spécificité gardoise". Quelques jours plus tôt, le parquet donnait pourtant des chiffres contradictoires et une petite enquête locale révèle assez rapidement les enjeux politiques locaux qui rôdent autour de la question des mineurs délinquants.