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lundi, février 28 2011

« La justice est laxiste » : pour en finir avec le populisme pénal (et son lobbying)

Logo_Rue_89.gifSi les Français sont insatisfaits face à la délinquance, c'est que la justice est laxiste, alors que la police est efficace : voilà le message simple que l'actuelle majorité cherche à faire passer (et que diffuse notamment une organisation para-politique qui s'est baptisée « Institut pour la justice » et qui a lancé une pétition sur la récidive en dénonçant également l'« indécence » et l'« irresponsabilité » des magistrats).
Elle est relayée par certains syndicats de policiers dénonçant le fait que l'action des forces de police sur le terrain serait vaine car la justice relâcherait trop tôt les délinquants arrêtés, ne les condamnerait pas ou pas assez, ce qui nourrirait chez eux un sentiment d'impunité et favoriserait la récidive. Ce faisant, par un curieux renversement des facteurs, les détenteurs du pouvoir, garants des institutions, en viennent à relayer la critique d'une des principales institutions, la justice, au nom de la défense coûte que coûte des « victimes ».
Le discours de mise en cause de l'activité des juges est constitutif d'un populisme pénal, faisant du laxisme des juges le modèle explicatif de la délinquance et faisant de l'accumulation des lois et de nouveaux délits la réponse médiatique attitrée aux drames qui défraient la chronique.

mardi, février 1 2011

« Ce gouvernement a terriblement besoin de la police » (interview de J-M Berlière)

Photo_CRS_Martin_Le_Roy_flickr.jpgBrice Hortefeux a reculé. Lundi soir, au cours d'une réunion de crise, le ministre de l'Intérieur a promis que les huit compagnies de CRS (sur 61) qui devaient fermer « pour réaliser des économies budgétaires » seraient maintenues. Depuis une semaine, les policiers manifestaient leur inquiétude. Des CRS lyonnais s'étaient mis en arrêt maladiemercredi 26 janvier, imités quelques jours plus tard par une partie de leurs collègues alsaciens. Les CRS marseillais avaient choisi d'entamer une grève de la faim ce week-end et leurs homologues gascons de Lannemezan avaient cessé de dresser des contraventions. Finalement, seuls 280 postes seront redéployés « vers des missions de sécurité publique sur le terrain ». Faut-il s'étonner de ce recul rapide du gouvernement ? La mobilisation de CRS a-t-elle un sens particulier ? Eléments de réponses avec l'historien des polices Jean-Marc BERLIERE, professeur émérite à l'université de Bourgogne et chercheur au CESDIP.