Image_feuille_de_cannabis.jpg L’usage de stupéfiants est devenu un contentieux de masse au cours des trente dernières années et les condamnations ont suivi un mouvement inflationniste parallèle aux interpellations. De ce point de vue, on peut considérer que la « pénalisation » de l’usage atteint des niveaux jamais égalés, si l’on en juge par la croissance conjointe des interpellations, du taux de réponse pénale, du taux de poursuites et du nombre de condamnations pour usage en infraction principale : la qualification d’usage intervient aujourd’hui dans près de la moitié des condamnations pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Ce constat réfute l’idée pourtant répandue selon laquelle l’usage de stupéfiants ne serait pas, ou peu, pénalisé. En 2009, en France, près de 160 000 personnes ont été interpellées pour une infraction à la législation sur les stupéfiants (ILS). L’essentiel de ces interpellations concerne l’usage personnel (86 %). Le cannabis est en cause dans plus de neuf cas sur dix, devant l’héroïne (5 %), la cocaïne (3 %) et les autres substances classées comme « stupéfiants ».