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vendredi, mai 6 2016

Délinquances, police, justice. Enquêtes à Marseille et en région PACA

couv_DELINQUANCESPOLICE.jpgCe livre propose une synthèse et une sélection de morceaux choisis des recherches réalisées entre 2011 et 2015 au sein de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS). Ce programme de recherche original et inédit, a associé pendant cinq ans l’Université d’Aix-Marseille, le CNRS et le conseil régional PACA dans le but de mieux diagnostiquer les problèmes de délinquances et de mieux évaluer les politiques publiques de sécurité et de prévention. Paradoxalement, tous ces sujets d’une actualité brûlante n’avaient jamais été traités de façon un tant soit peu systématique et collective en dehors de la région parisienne.
La Provence en général, et la ville de Marseille en particulier, sont-elles réellement ces « capitales du crime » que les médias présentent souvent ? Au-delà des règlements de compte liés aux trafics de drogues, qu’en est-il de toutes les autres formes de délinquance et en particulier de celles qui impactent le plus la vie quotidienne des habitants ? Quelles types d’enquêtes et de données statistiques permettent de répondre en partie à ces questions ? Comment la police et la justice travaillent-elles sur ces problèmes ? Les Zones de Sécurité Prioritaires et leurs effectifs de police renforcés constituent-elles une réponse efficace à la délinquance ? La justice est-elle « laxiste » comme certains le prétendent ? Toutes ces questions essentielles trouvent ici des réponses scientifiques particulièrement rigoureuses et argumentées.

lundi, novembre 17 2014

Les agressions comparées aux accidents de la vie quotidienne : un risque mineur

accident_de_la_vie_courante.jpg« La violence » constitue une catégorie omniprésente du débat public, suscitant indignations médiatiques, rodomontades politiciennes et inquiétudes citoyennes. Il s’agit pourtant d’une catégorie normative et non descriptive. « La violence », c’est ce qui n’est « pas bien ». Mais sur le plan empirique, c’est surtout un vaste fourre-tout dans lequel on mélange des choses qui n’ont rien à voir, de l’insulte à l’acte terroriste, en passant par les émeutes, les bagarres de jeunes, les violences conjugales, les viols et agressions sexuelles, les échanges de coups entre voisins, les règlements de compte meurtriers entre malfaiteurs, etc. A travers ces amalgames, « la violence » devient un risque majeur et parfois une peur présente dans la vie quotidienne des personnes les plus fragiles et donc les plus sensibles au « sentiment d’insécurité ».
A distance de ces représentations, de ces amalgames et de ces peurs, on va ici poser deux questions simples et concrètes : le risque d’être agressé d’une façon ou d’une autre, pour une raison ou une autre, constitue-t-il un risque majeur de la vie quotidienne ? Et quelle place a ce risque parmi tous ceux qui peuvent porter atteinte à notre intégrité physique dans cette même vie quotidienne ?

Illustration : mon-guide-retraite.fr

jeudi, octobre 9 2014

La Provence, terre de violence ? Les préjugés culturalistes à l’épreuve de la statistique

l__esprit_des_lois.jpgÀ en croire les agendas politique et médiatique, la région provençale connaîtrait des problèmes de « violence » exceptionnels. Cet article soumet cette représentation à l’épreuve de la vérification statistique. Après avoir examiné les données policières disponibles, les auteurs mobilisent les enquêtes en population générale pour comparer la région provençale au reste de la France puis à la région francilienne. Les résultats sont contrastés : les trois ensembles – la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la région Île-de-France (IDF) et la France métropolitaine – présentent des taux différents selon les victimations. Mais dans tous les cas, les victimations qui correspondent le plus à l’idée de « violence », c’est-à-dire d’atteintes à l’intégrité physique (agressions physiques, vols avec violence), ne spécifient pas la région PACA. Les données permettent par ailleurs de mesurer le poids de certains facteurs structurels tels que la densité urbaine et la précarité socio-économique. Fort de ces résultats, les auteurs concluent en critiquant les approches culturalistes en sociologie.

samedi, novembre 30 2013

Délinquance et criminalité à Marseille : fantasmes et réalités

Photo_Marseille.jpgA chaque règlement de comptes ou presque, les médias font mine de découvrir la réalité du banditisme. Certes, les règlements de comptes meurtriers entre malfaiteurs connaissent depuis quelques années un léger regain d’intensité sur fond notamment de concurrence exacerbée sur le marché des drogues. Certes encore, selon les statistiques de police, plus d’un tiers des « règlements de compte entre malfaiteurs » enregistrés en France par la police judiciaire a eu lieu dans la seule région marseillaise ces dernières années. Cependant tout cela n’a rien de nouveau et s’enracine à l’inverse dans une longue histoire. Sur les quarante dernières années, tous les discours annonçant l’irruption d’une « nouvelle violence » et de « nouveaux bandits » totalement différents de leurs prédécesseurs procèdent du fantasme et de l’ignorance.
C’est probablement au tournant du XIXe siècle qu’une « économie criminelle » émerge à Marseille en raison principalement de la compétition pour l’exploitation de la prostitution en centre-ville. Cela est dû au fait que Marseille est devenue un port international. Des trafics vont s’organiser en lien avec les colonies et les protectorats français et vont perdurer jusqu’au XXe siècle. Au trafic de drogues s’ajoute le trafic d’armes à feu. Un nouveau banditisme lié à la communauté corse voit le jour. Bien organisé, souvent instruit, connaissant les lois et employant des avocats chevronnés, il bénéficie de protections politiques importantes.

lundi, avril 25 2011

Les jeux vidéo ne sont pas une drogue et ne rendent pas nécessairement violent

Photo_thehoneybunny_flickr.jpgLes jeux vidéo rendent les jeunes idiots, violents et accros... Autant de clichés repris régulièrement par des responsables politiques, des associations militantes conservatrices et même par le pape Benoït XVI en 2007, le plus souvent à l'occasion d'un fait divers. Ces clichés ont la vie dure lors même que 40 % des Français (et des Françaises) jouent à des jeux vidéo. Ici comme pour d'autres questions, une évidence logique doit toujours être rappelée : une pratique qui concerne des millions de personnes ne saurait expliquer les problèmes de quelques uns. Comme tout abus, la consommation de jeux vidéo peut avoir divers conséquences négatives pour l'individu, et les problèmes spécifiques de certains adolescents ou adultes peuvent être renforcés par l'usage immodéré de certains jeux très particuliers. Reste l'immense majorité des utilisateurs de jeux vidéos - y compris violents - qui ne sont pas des drogués, qui ne confondent nullement le réel et l'imaginaire et qui développent même grâce à ces jeux des formes d'adresse et d'intelligence ainsi que des sociabilités.
Tandis que s'ouvrait l'un des plus importants rassemblements de joueurs samedi 23 avril au futuroscope de Poitiers, nous présentons ici quelques ressources électroniques.

dimanche, avril 10 2011

Corse et banlieues : ressemblances et (surtout) différences

Photo_carte_de_corse_twiga269_sur_flickr.jpg« Violence, délinquance, remise en question de l’espace républicain, voire de l’identité nationale française, comme l'illustreraient les matches de football France-Algérie et Bastia-Lorient où La Marseillaise a été sifflée...
La Corse comme la banlieue ont en commun une image sulfureuse. Les médias notamment les présentent souvent sous un jour stigmatisant. Ce parallèle vous paraît-il éclairant ? Au-delà des représentations, quelles réalités partagées ? »

A la demande de la revue Fora ! La Corse vers le monde, nous avons répondu à une série de questions visant à comparer ces deux ensembles de territoires, quitte à conclure que les différences sont clairement plus nombreuses que les ressemblances.

Illustration : twiga269 ॐ FreeTIBET - flickr - licence cc

lundi, avril 4 2011

Rosny-sous-Bois : le fait divers et l'incendie médiatique

alain_lm_cc_flickr.JPGHier après-midi, puis ce matin, voici que le téléphone s'est mis à sonner. Un(e), puis deux, puis trois, quatre, cinq et finalement une bonne douzaine de journalistes, de radio, télévision et presse écrite nous ont appelés l'un et l'autre. Tous veulent un commentaire de ce fait divers dramatique survenu à la gare RER de Noisy-le Sec et impliquant un groupe de jeunes de Rosny-sous-Bois. Et tous ont exactement les mêmes infos : le contenu d'une dépêche de l'AFP du 3 avril résumant les faits, proposant une hypothèse interprétative à cette agression collective (l'interdiction pour un jeune homme d'une cité de la région parisienne de sortir avec une jeune fille résidant dans une autre cité) et citant quelques verbatims de l'un d'entre nous (Marwan Mohammed, sociologue au CNRS), issus d'un entretien réalisé 15 jours auparavant à propos des affrontements entre bandes à Asnières et Gennevilliers...! Nous voici donc une fois de plus en présence d'un incendie médiatique à l'occasion d'un fait divers. Après forte hésitation (rajouter encore un commentaire dans le flot des commentaires...), nous nous décidons à exprimer ce rapide point de vue pour essayer sans doute naïvement d'appeler à un peu de raison et de retenue.

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mardi, mars 23 2010

Les psychiatres placés sous surveillance des préfets ?

La circulaire du 11 janvier 2010, cosignée par le ministre de l'Intérieur puis la ministre de la santé (dans cet ordre) et adressée à tous les préfets, met en émoi le monde psychiatrique. Le texte prévoit que lorsque les psychiatres prévoient une "sortie d'essai" des malades hospitalisés d'office, ils devront désormais en passer par les fourches caudines des préfets chargés de "s'assurer de la compatibilité de la mesure avec les impératifs d’ordre et de sécurité publics". La quasi totalité des professionnels de la psychiatrie dénoncent cette emprise des préoccupations sécuritaires. Le tout intervient dans le contexte de préparation d'une révision de la loi de 1990 sur les hospitalisations sans consentement et dans un monde médical encore marqué par le virage sécuritaire amorcé depuis le discours de N. Sarkozy du 2 décembre 2008, prononcé (une fois de plus) dans le contexte d'un fait divers dramatique. A l'époque, ce virage avait suscité une première levée de boucliers. Cette circulaire relance ces débats et ces mobilisations.

Pour aller plus loin :