Keyword - Violences policières

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mardi, juin 21 2016

La manifestation du 14 juin 2016 : un maintien de l’ordre très politique ?

Photo_manif_du_14_juin_2016_hopital_Necker.jpgLe premier résultat au moins objectif de l’ensemble de la manœuvre est assez indiscutable : c’est ce dispositif policier, consistant à enfermer dans une nasse plusieurs dizaines de milliers de manifestants, qui produit au sein du cortège une coupure qui n’existait pas auparavant, qui instaure manu militari une distinction entre « casseurs » et « manifestants » que l’on ne pouvait pas percevoir avant la mise en action du dispositif – et à laquelle, dans le déroulement même de la manœuvre, les manifestants ont essayé de résister : les plus déterminés, en appelant les autres manifestants à combler les trous et à les rejoindre dès que le cortège se rompait ; et ceux-ci, en essayant effectivement de traverser le carrefour de la rue de Sèvres pour reformer la continuité du cortège chaque fois que c’était possible. Devant l’hôpital Necker, on assistait en quelque sorte en direct, et en actes, à la construction policière de la distinction entre casseurs et manifestants. En cela, ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre public.

jeudi, juin 13 2013

La situation des droits humains dans le monde, et en France

Amnesty.jpgLes droits humains ne connaissent pas de frontières. Mais le Rapport 2013 d'Amnesty International montre que certains États, prenant pour prétexte leurs « affaires intérieures », se livrent à des manœuvres révoltantes afin d'empêcher une action internationale concertée qui pourrait répondre aux urgences en matière de droits humains. L'ensemble du rapport est disponible sur le site d'Amnesty.

Concernant la France, le rapport note : 1) les enquêtes sur les allégations de torture, de mauvais traitements et de mort aux mains de la police restent inefficaces et insuffisantes, 2) des milliers de Roms ont été laissés sans abri après avoir été expulsés de force de campements non autorisés, 3) la procédure prioritaire pour l’examen des demandes d’asile n’était toujours pas conforme aux normes internationales.

vendredi, décembre 10 2010

Après Marseille, un observatoire des violences policières est créé à Toulon

Logo_LDH_Toulon.jpg Neuf ans après l'Observatoire départemental sur les violences policières illégitimes (OVPI) des Bouches-du-Rhône (voir son dernier rapport), l'OVPI de Toulon est né le 25 novembre 2010. Cet observatoire est composé de la Ligue des Droits de l’Homme à laquelle s’est jointe l’association A.T.T.A.C. Ils présentent ainsi cette initiative : « Nous déplorons que les différentes infractions (homicides, usage abusif de la force, injures racistes etc...) commises par les forces de l’ordre ne soient pas toujours suivies d’enquêtes effectives et que les responsables soient rarement traduits en justice. Les personnes qui tentent d’intervenir comme témoins de mauvais traitements infligés par les policiers sont elles-mêmes accusées d’outrage envers une personne de l’autorité publique. Nous voulons être un premier recours, recueillir les plaintes pour les victimes qui souvent traumatisées, humiliées, se réfugient dans le silence ». Les organisations de défense des droits de l'Homme précisent également : « nous sommes attachés à une police républicaine au service du citoyen et respectueuse des droits de l’homme. La société issue de la République doit notamment pouvoir s’appuyer sur une police à l’éthique républicaine qui garantit la sureté de la personne. (...) Nous n’ignorons pas les conditions de travail difficiles des policiers (la diminution des postes de fonctionnaires de police, la formation hâtive des jeunes policiers, la suppression de la police de proximité qui pouvait baliser le terrain dans les quartiers difficiles, la culture du chiffre et la pression du ministère de l’intérieur) ». L'OVPI rendra un rapport tous les deux ans.