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mardi, septembre 27 2011

Comprendre la formation des bandes de jeunes

Photo_Gerard_Stolk_64_flickr.jpgLes jeunes en bande ont tout pour déplaire. Décrits comme agressifs, hostiles, violents, ils incarnent une dangerosité de proximité. C’est à travers leurs « affrontements », leurs « agressions gratuites », leurs « trafics », leurs défoulements émeutiers, leurs penchants sexistes ou homophobes, que les bandes alimentent l’actualité journalistique. La place qu’elles occupent dans les médias est indissociable des prédations qu’elles commettent ou qui leur sont imputées.
Au delà des faits-divers, cette réalité pose de nombreuses questions : qu’est-ce qu’une bande ? Comment se forment-elles ? Peut-on les mesurer ? Quelles évolutions ? Qui attirent-elles ? Pourquoi ? Comment fonctionnent-elles ? Quelles places y occupent les transgressions ou les comportements violents ? Que disent ces groupes des évolutions de notre société ? C’est à l’ensemble de ces questions qu’est dédié cet ouvrage qui est le fruit d’une longue recherche de terrain menée dans une « zone urbaine sensible » de la région parisienne.
L’auteur (Marwan Mohammed, chercheur au CNRS) s’est attaché à comprendre ce phénomène à la fois ancien et en constante mutation. La société change, les bandes aussi. Il y a un demi-siècle, leur ampleur et leur durée de vie étaient limitées par le service militaire et, surtout, par le plein emploi. L’école ne conditionnait pas autant les destins sociaux et les territoires ouvriers n’étaient pas imprégnés par le « bizness ». Aujourd’hui, le public des bandes, essentiellement masculin, se construit principalement dans trois scènes sociales : la famille, l’école et la rue. Trois univers liés entre eux, analysés de l’intérieur, afin d’appréhender la « pertinence » des bandes pour ceux qui les forment, la recomposition des liens sociaux qu’elles imposent et leur poids dans le quotidien de ceux qui les côtoient.

Illustration : Gerard Stolk 64 - flickr - licence cc

mercredi, décembre 15 2010

Les professionnels de la politique de la ville dénoncent l'attentisme politique

Logo_IRDSU.pngLa politique de la ville a certes enfin de nouveau un ministre "de plein exercice". Mais son budget est en diminution en 2011 et ses ambitions aussi. Finis les grands discours vides, c'est désormais le réalisme qui prévaut. Le ministre déclare ainsi au journal Le Monde le 9 décembre qu'il estimera sa mission remplie si déjà les crédits des CUCS sont versés aux communes en mars et non plus en décembre. Ce réalisme ne peut qu'indigner ceux qui se battent tous les jours pour aider ces quartiers à maintenir la tête hors de l'eau, et qui y parviennent souvent de moins en moins. Dans un communiqué du 13 décembre, l'Inter-réseau des professionnels du développement social urbain (IRDSU) dénonce cet attentisme et rappelle les urgences. Par ailleurs, il publie une enquête menée auprès des professionnels, sur l’évolution des quartiers et des financements depuis la crise de 2008. L'enquête conclut : 1) à la dégradation de la situation socio‐économique pour les habitants des quartiers ; 2) au recul organisé des moyens budgétaires et humains des services publics (éducation, santé, justice, police, insertion), qui se ressent encore plus que les restrictions sur les moyens spécifiques de la Politique de la ville ; 3) à la perte de légitimité de « l’Etat local », réduisant ses interventions à un « dialogue de gestion » avec les collectivités et ayant perdu son rôle d’incitateur ou de « co‐pilote » des projets locaux ; 4) au renforcement des déséquilibres entre les grandes collectivités et les territoires qui « décrochent » dans des bassins en grande difficulté ; 5) aux difficultés persistantes à articuler le social, l’urbain, l’économique et l’environnemental et à se projeter dans « l’après‐ANRU » pour les sites concernés ; 6) au recul de la démocratie participative à mesure que des habitants, des élus et des techniciens se replient sur eux‐mêmes et que le tissu associatif est frappé de plein fouet par la rigueur budgétaire.

L'INSEE fait enfin le point sur la population des ZUS

Image_Insee_Premiere.gifLes zones urbaines sensibles (ZUS) comptaient 4 361 000 habitants en 2006, dont 204 600 dans les départements d’outre-mer. Contrairement à la population générale, la population des 717 ZUS métropolitaines a diminué de 2,3 % depuis 1999. Désormais, à peine 7 % de la population réside en ZUS. La répartition est cependant inégale. La part de la population résidant en ZUS est maximale à La Réunion et en Guyane, autour de 15 % ; elle dépasse 10 % dans le Nord - Pas-de-Calais, en Île-de-France et en Corse. À l’inverse, elle est inférieure à 3 % en Bretagne, dans le Limousin et en Midi-Pyrénées.
La population des ZUS est plus jeune que la population générale, elle compte davantage de familles nombreuses et de familles monoparentales, elle compte deux fois plus d'étrangers, de Français par acquisition et d'immigrés que dans les unités urbaines englobantes.
Le niveau de formation de la population s’est accru dans les ZUS, mais moins vite que dans le milieu urbain englobant. Dans les ZUS, la moitié des habitants ne disposent d’aucun diplôme supérieur au brevet des collèges, contre un tiers dans les unités urbaines englobantes. Cet écart a augmenté de 2,6 points entre 1999 et 2006. La part des diplômés universitaires reste deux fois plus faible en ZUS.
Dans les ZUS, le taux d’activité des 25-49 ans est inférieur de 7,2 points à celui observé dans les unités urbaines englobantes. La différence est plus prononcée pour les taux d’emploi, particulièrement chez les femmes et les étrangers. 34,5 % des étrangères de 25 à 49 ans sont en emploi en ZUS, contre 60,0 % dans leurs unités urbaines et 76,2 % des Françaises du même âge des mêmes unités urbaines.