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samedi, novembre 30 2013

Délinquance et criminalité à Marseille : fantasmes et réalités

Photo_Marseille.jpgA chaque règlement de comptes ou presque, les médias font mine de découvrir la réalité du banditisme. Certes, les règlements de comptes meurtriers entre malfaiteurs connaissent depuis quelques années un léger regain d’intensité sur fond notamment de concurrence exacerbée sur le marché des drogues. Certes encore, selon les statistiques de police, plus d’un tiers des « règlements de compte entre malfaiteurs » enregistrés en France par la police judiciaire a eu lieu dans la seule région marseillaise ces dernières années. Cependant tout cela n’a rien de nouveau et s’enracine à l’inverse dans une longue histoire. Sur les quarante dernières années, tous les discours annonçant l’irruption d’une « nouvelle violence » et de « nouveaux bandits » totalement différents de leurs prédécesseurs procèdent du fantasme et de l’ignorance.
C’est probablement au tournant du XIXe siècle qu’une « économie criminelle » émerge à Marseille en raison principalement de la compétition pour l’exploitation de la prostitution en centre-ville. Cela est dû au fait que Marseille est devenue un port international. Des trafics vont s’organiser en lien avec les colonies et les protectorats français et vont perdurer jusqu’au XXe siècle. Au trafic de drogues s’ajoute le trafic d’armes à feu. Un nouveau banditisme lié à la communauté corse voit le jour. Bien organisé, souvent instruit, connaissant les lois et employant des avocats chevronnés, il bénéficie de protections politiques importantes.

vendredi, février 24 2012

Délinquances, chômage des jeunes et inégalités de revenus en région PACA

Carte_PACA_2.jpgCette étude constitue le premier grand travail statistique réalisé par l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) sur la région PACA, à partir des chiffres de la police et de la gendarmerie.
Dans une première partie, les auteurs expliquent longuement les précautions méthodologiques indispensables à l’utilisation de ces données administratives, signalant au passage les critiques qui peuvent être adressées aux organismes utilisant couramment ces statistiques (notamment l'ONDRP). Ils expliquent, dans une seconde partie, la sélection qu’ils ont réalisée parmi les index de cette statistique administrative, ainsi que les regroupements qu’ils ont opérés pour construire de nouveaux indicateurs de délinquances. Les auteurs présentent ensuite un travail inédit de calcul de taux tenant compte non seulement de la population résidente sur les territoires mais aussi des flux touristiques. Ces calculs conduisent à des changements notables dans l’évaluation des niveaux de délinquances sur les territoires. Dans une troisième partie, les auteurs développent une analyse cartographique et statistique poussée afin de rechercher les relations significatives existant entre, d’une part les indicateurs de délinquance et d’autre part les variables de contextes démographique et socio-économique. Ils mettent ainsi en évidence l’importance de plusieurs variables au premier rang desquelles le taux de chômage, en particulier celui des jeunes. Ils formulent enfin une hypothèse de corrélation entre certains types de délinquance et l’ampleur des inégalités de revenus.