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jeudi, mars 31 2011

La construction politico-médiatique du lien entre décrochage scolaire et délinquance

Affiche-le-bon-la-brute-et-le-truand_4.jpgDepuis bientôt 10 ans, c’est devenu un rituel : une à deux fois par an, un représentant du gouvernement (souvent proche de Nicolas Sarkozy) annonce un nouveau dispositif de lutte contre le décrochage scolaire. Il y a quelques semaines, c’était la suspension des allocations familiales (texte proposé et défendu par Eric Ciotti) qui était réinstaurée (après avoir été abrogée à la demande… de Nicolas Sarkozy en 2004). Ce lundi 28 mars, c’est la Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, Jeannette Bougrab, qui montait au créneau sur la thématique, en annonçant un énième dispositif, lequel devrait être considéré comme une réponse aux affrontements entre jeunes survenus ces dernières semaines à Asnières et Gennevilliers (92). Compte tenu des résultats peu significatifs, voire contre productifs, des précédents dispositifs (références en fin d'article), il est plus que douteux qu'il faille espérer des améliorations à l'avenir. Cette annonce mérite en revanche que l'on s'y attarde un instant car elle est emblématique de la construction politico-médiatique de la question du décrochage scolaire depuis 10 ans. Suivons ainsi la dépêche AFP qui a été reprise par presque tous les grands médias et par de très nombreux sites Internet.

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samedi, décembre 1 2007

Les bandes de jeunes, des Blousons noirs à nos jours

Image_livre_bandes_de_jeunes.gif DANS L’IMAGINAIRE COLLECTIF, la bande renvoie à des actes délinquants commis en groupe et, plus largement, à des désordres juvéniles de tous types. Qu’un groupe d’adolescents ou de jeunes adultes pétarade en mobylettes ou chahute sur la dalle devant les immeubles, et l’on parlera facilement de « bandes ». Mais la presse parle également d’affrontements entre « bandes » de « jeunes de cités », pour des faits qui peuvent aller jusqu’au meurtre. Durant les émeutes, certains fustigent également les agissements de « bandes ». C’est dire si la « bande » est un concept flou, désignant des formes multiples d’agissements et de regroupements bien réels, mais qui semblent surtout unifiés par la peur qu’ils suscitent. Du reste, l’inquiétude contemporaine n’est pas nouvelle : au début du XXe siècle, ce sont des bandes de jeunes surnommées « Apaches » qui incarnaient cette dangerosité juvénile. Puis, au tournant des années 1950 et 1960, ce seront les « blousons noirs ».
Dans ce livre, une vingtaine de sociologues, d’ethnologues et d’historiens font le point des connaissances sur ces fameuses bandes de jeunes, depuis l’époque des « blousons noirs » jusqu’à nos jours, en France mais aussi dans d’autres pays et continents. Ils s’interrogent sur la genèse des bandes, sur leur nature exacte, sur leurs relations avec diverses formes de délinquance, sur la façon dont les institutions affrontent ce « problème », ainsi que sur sa construction médiatique et politique.