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dimanche, octobre 31 2010

Affaires Bettencourt : raison judiciaire ou raison d’Etat ?

Image justiceAvec l’Appel du 14 juillet, et à propos des affaires Bettencourt, nous avons dénoncé le caractère secret et non contradictoire des enquêtes préliminaires et avons appelé à l’ouverture d’informations judiciaires et à la désignation urgente d’un magistrat instructeur indépendant ou d’un collège de magistrats.
Après quatre mois, plus de 42.000 signataires de « l’Appel pour une Justice indépendante et impartiale » et un rappel solennel à la loi du procureur général de la Cour de cassation, le parquet général de Versailles retrouve, le jour du vote définitif de la loi réformant les retraites, le chemin de la raison judiciaire sur instruction non écrite et non motivée de l’exécutif en dépit des obligations légales à cet égard.
C’est pour des raisons d’opportunité politique que le gouvernement veut éloigner ces dossiers des juges de Nanterre. La désignation d’un juge d’instruction n’est pour lui qu’une décision contrainte qui n’intervient qu’à l’appui de l’objectif principal : le dépaysement. Le système des « conseillers justice » gouvernementaux aura été beaucoup plus réactif aux suspicions contre une juge du siège qu’aux atermoiements télécommandés d’un procureur. Cette dernière péripétie révèle une fois encore, au delà de l’inadaptation totale du statut du parquet français soumis statutairement au pouvoir exécutif, la volonté réitérée de celui-ci de diriger directement les enquêtes par parquet et police interposés. Le système demeure avec ses graves dérives qui déconsidèrent la justice de notre pays et il s’impose d’en changer.

mardi, juillet 1 2008

La frénésie sécuritaire

Image_La_frenesie_securitaire.gif Les années 1997-2002 furent celles du «tournant sécuritaire», marqué par la surenchère électorale sur ce thème de l’«insécurité». Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable «frénésie sécuritaire », qui n’a fait que s’aggraver depuis l’élection présidentielle de 2007. Chasse aux étrangers sans-papiers, internement prolongé d’adultes et d’enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d’origine militaire.
Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu’elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l’avènement possible d’une nouvelle « société sécuritaire ».