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vendredi, octobre 29 2010

L'infiltration policière des manifestations est un fait, mais comment l'interpréter ?

__Copyright_Flore_Giraug.jpg L'infiltration de nombreux policiers dans les manifestations actuelles, en civil et parfois déguisés en syndicalistes, est un fait. Il suffit d'un exemple indiscutable pour le prouver. A Lyon, des témoignages concordants ont été finalement prouvés par une vidéo et, du coup, le Préfet lui-même a été obligé de reconnaître les faits, ajoutant au passage qu'il s'agissait d'une « tradition » dans le travail de police. Quelques jours auparavant, le chef local de la police (DDSP) parlait pourtant de « mythomanie »... On eut ainsi apprécié que les conseillers du ministre de l'Intérieur lui fassent reconnaître plus tôt la pratique de l'infiltration, au lieu d'attendre les déclarations à l'emporte-pièce de tel ou tel pour mieux se draper dans la posture indignée et dénoncer les « vieilles ficelles d'extrême gauche » et les discours anti-police, comme s'empresse de le répercuter le ''Figaro''. Les déclarations furieuses de certains responsables policiers se trompent également de combat, quand elles ne font pas preuve d'une apparente naïveté comme cet ancien commissaire publié dans "Rue 89". Mettre cette question sur le tapis ne signifie pas vouloir ternir l'image de la police, mais simplement chercher à connaître la vérité sur ses modes d'infiltration.

dimanche, octobre 24 2010

La diversion médiatique des « casseurs » fait bien les affaires du pouvoir politique

Image_police.gif C'est avec un certain agacement que nous avons reçu ces derniers jours de très nombreux coups de téléphone de journalistes écrivant des articles sur les « casseurs » et posant tous la même question : « mais enfin, qui sont ces jeunes (qui nous font tous si peur) ? ». Agacement d'abord parce que la réponse n'a pas changé depuis les dernières manifestations impliquant la jeunesse (comme le mouvement anti-CPE en 2006) : mélange entre des jeunes très politisés qui défient le pouvoir en place, des jeunes de banlieues pauvres qui viennent faire l'émeute en centre-ville et des petits délinquants qui viennent avant tout se servir dans les magasins. Rien de nouveau, au moins depuis les années 1990. Et avant ? Il est difficile de ne pas évoquer le souvenir de la loi du 8 juin 1970 plus connue sous le nom de « loi anti-casseurs ». Agacement ensuite parce que la concentration sur ce phénomène sert directement la stratégie d'absence de dialogue social et de pourrissement du mouvement adoptée par le gouvernement. Pendant ce temps là, les policiers frappent fort (on voit même resurgir les vieilles méthodes de la provocation policière, y compris exercée par des policiers déguisés en syndicalistes), interpellent massivement et n'hésiter même pas à écarter par la force les journalistes trop curieux. Et, à l'échelle nationale, ce ne sont pas principalement les « casseurs » qui feront les frais de la répression, mais plutôt les manifestants, les grévistes et les syndicalistes.

mercredi, octobre 20 2010

Suspendre les allocations et… supprimer la réflexion

Logo_l__humanite.gifComme le dispositif « cagnotte scolaire » pour récompenser l’assiduité, expérimenté l’année dernière et tout juste abandonné, la mesure de suspension des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes qui vient d’être adoptée par le Sénat ne donnera aucun résultat. L’hypothèse n’est pas risquée puisque cette mesure présentée comme une nouveauté est en réalité très ancienne.
Mise en place en 1959 avec la loi portant l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans, elle a largement été expérimentée avant d’être abrogée en 2004. Lorsqu’il s’installe au ministère de l’intérieur en 2002, Nicolas Sarkozy s’approprie la question de l’absentéisme et entend durcir les sanctions contre les parents d’élèves concernés en remplaçant la suspension des allocations familiales par une amende parentale de 2000 euros, « nouvelle » réponse pénale à la hauteur du « risque de délinquance » qu’entraineraient les manquements à l’assiduité.

lundi, octobre 18 2010

Et si la vidéosurveillance servait d'abord à faire de la politique ?

Photo_mosieur_J._version_5.1.1.jpgLes études scientifiques s'accumulent, prouvant à la fois le peu d'efficacité et le coût exorbitant de la vidéosurveillance. Et pourtant les communes continuent à s'équiper de plus en plus. Comportement irrationnel des élus ? Du point de vue de la performance du dispositif, c'est évident. Mais si cela se développe à ce point, l'effet de mode et les attitudes conformistes ne suffisent pas à l'expliquer. D'autres formes de rationalité sont à l'oeuvre. Il faut donc inverser la question et se demander quelles « bonnes raisons » ont les élus locaux d'agir ainsi. On comprend alors assez vite que, la vidéosurveillance, ça sert aussi, et parfois même avant tout, à faire de la politique auprès de ses électeurs. Nous l'évoquions il y a quelques jours dans une interview pour France 3 Languedoc-Roussillon. Il faut ici le montrer exemples locaux à l'appui.