Keyword - vidéosurveillance

Fil des billets

samedi, décembre 24 2016

La vidéosurveillance ne protège pas les citoyens, n'en déplaise aux politiciens

FRANCE/Si certains en doutaient encore, l'enquête de Mediapart sur l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice prouve une fois de plus que la vidéosurveillance ne protège pas les citoyens de la criminalité. L'auteur de l'attentat de Nice ne s'est pourtant pas caché. Au contraire, il a effectué de nombreux repérages avec son camion de 19 tonnes, avant de passer l'acte. Le tout au nez et à la barbe du système de vidéosurveillance et de police municipale le plus important de France. Loin d'en tirer une quelconque leçon d'humilité ou de meilleure gestion, le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a construit toute sa carrière politique sur la posture sécuritaire, poursuit en tentant de faire oublier son arrogance (au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, il avait déclaré lors d’un conseil municipal : « Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipé du même réseau (de vidéosurveillance) que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés »). Il continue ainsi à faire dépenser à la ville des millions d'euros dans ce système, et même des centaines de millions pour la région PACA qu'il préside.

lundi, janvier 31 2011

Un centre de soins pousse l'absurdité jusqu'à vidéosurveiller les enfants de 0 à 6 ans

Image_centre_de_soins_L__Union.jpg Sont-ils devenus fous ? Le Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) d’Epernay, près de Reims, a eu une drôle d’idée. L’association gestionnaire a installé 3 caméras de vidéosurveillance dans les nouveaux locaux afin, dit-elle, d’assurer la « sécurité » des enfants. Ces caméras filment le sas d’entrée, la salle d’attente, ainsi que le couloir donnant accès au secrétariat et aux bureaux de soins, puis les images sont diffusées sur un écran dans la salle du personnel. Diantre, que se passe-t-il ? Le CAMSP serait-il en danger, menacé par des gangs d’enfants autistes, prêts à en découdre ? Voire par des hordes de bébés en souffrance ? (lire la suite de cet article de ''Libération'', 25 janvier).
Les caméras installées dans les locaux provoquent l'ire du personnel soignant. Il faut les rencontrer à l'extérieur. Car à l'intérieur, il y a les caméras. Celles qui sont au cœur du conflit entre l'ensemble de l'équipe soignante du CAMSP d'Epernay et son employeur, l'Association sparnacienne pour la réadaptation et l'intégration des enfants et adolescents. Le matériel a été installé dans les nouveaux locaux où le CAMSP a emménagé, au mois d'avril. Une intrusion vécue comme une absurdité, doublée d'un véritable affront aux yeux des 13 salariés de l'équipe soignante qui a marqué son désaccord dès le départ. « Nous sommes un lieu d'accueil et de soins, pas un lieu de surveillance », rappelle l'une d'elle. Ces méthodes, ajoute une autre, sont à l'opposé « du cadre déontologique et éthique » lié à leur travail. « Il est choquant de voir que les bénévoles de l'association gestionnaire, qui ne connaissent rien à notre métier, ne tiennent absolument pas compte de notre avis… » (lire la suite de cet article de ''L'Union'', du 27 janvier).

lundi, octobre 18 2010

Et si la vidéosurveillance servait d'abord à faire de la politique ?

Photo_mosieur_J._version_5.1.1.jpgLes études scientifiques s'accumulent, prouvant à la fois le peu d'efficacité et le coût exorbitant de la vidéosurveillance. Et pourtant les communes continuent à s'équiper de plus en plus. Comportement irrationnel des élus ? Du point de vue de la performance du dispositif, c'est évident. Mais si cela se développe à ce point, l'effet de mode et les attitudes conformistes ne suffisent pas à l'expliquer. D'autres formes de rationalité sont à l'oeuvre. Il faut donc inverser la question et se demander quelles « bonnes raisons » ont les élus locaux d'agir ainsi. On comprend alors assez vite que, la vidéosurveillance, ça sert aussi, et parfois même avant tout, à faire de la politique auprès de ses électeurs. Nous l'évoquions il y a quelques jours dans une interview pour France 3 Languedoc-Roussillon. Il faut ici le montrer exemples locaux à l'appui.

mardi, juillet 1 2008

La frénésie sécuritaire

Image_La_frenesie_securitaire.gif Les années 1997-2002 furent celles du «tournant sécuritaire», marqué par la surenchère électorale sur ce thème de l’«insécurité». Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable «frénésie sécuritaire », qui n’a fait que s’aggraver depuis l’élection présidentielle de 2007. Chasse aux étrangers sans-papiers, internement prolongé d’adultes et d’enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d’origine militaire.
Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu’elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l’avènement possible d’une nouvelle « société sécuritaire ».

lundi, mai 19 2008

"Les quartiers pauvres sont ignorés" (interview La Gazette des communes)

« Les quartiers pauvres sont ignorés » Dans un entretien à « La Gazette », le sociologue livre son analyse critique du plan gouvernemental Espoir banlieues et dénonce « la frénésie sécuritaire » des pouvoirs publics. Il parle aussi de la police municipale et de la vidéosurveillance qui embarrasse tant les élus locaux.

Lire la suite