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jeudi, octobre 21 2010

Correspondants de nuit et médiateurs sociaux dans les halls d'immeuble

Image_hall_d__immeuble.jpg Le "Réseau des villes correspondants de nuit et de la médiation sociale", créé en 2007, avait organisé en octobre 2009 un colloque sur le thème "Halls d'immeuble, du regard à l'action", avec le soutien de la ville de Paris. Les actes de ce colloque sont désormais disponibles gratuitement en ligne. C'est l'occasion pour nous de signaler l'intérêt et l'importance croissante de ce réseau animé par Jean-Yves Gérard, ancien adjoint au maire de la ville de Rennes chargé de la tranquillité publique, artisan du lancement d'un dispositif de correspondants de nuit dans cette ville dès 1994. Le réseau vise à accompagner la professionnalisation de ces nouveaux métiers de la tranquillité publique, ainsi qu'à partager les valeurs et les savoirs-faire de ces pratiques alternatives à la répression.

dimanche, octobre 17 2010

Un rapport accablant de l'IGAS sur l'emploi des jeunes résidant en ZUS

Logo_La_Documentation_francaise.gifL’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a examiné la manière dont sont accompagnés vers et dans l’emploi les jeunes de moins de 26 ans résidant dans les zones urbaines sensibles (ZUS), notamment dans les 215 quartiers prioritaires du Plan « Espoir banlieues » lancé en 2008. Ses conclusions sont assez accablantes. Extraits :
"Malgré les objectifs prescrits par la loi de rénovation urbaine du 1er août 2003 et malgré les dispositifs engagés après la crise des banlieues de 2005, les écarts de chômage ne se sont pas réduits entre les ZUS et le reste des agglomérations avant le retournement conjoncturel de 2008. Ces écarts tendent à s’aggraver depuis. Cet échec s’explique par plusieurs facteurs qui doivent conduire l’Etat à réinvestir cette priorité.
Les jeunes se caractérisent à leur sortie du système scolaire, par un manque de qualification voire une désocialisation précoce qui compromettent leur accès à l’emploi.
La politique de l’emploi qui est amenée à prendre le relais du système scolaire, n’accorde pas de priorité à ce public au motif qu’il serait pris en charge par la politique de la ville. Or le peu de moyens que celle-ci consacre à l’emploi (30 M€) est mis en oeuvre en déconnexion avec l’action de droit commun conduite par le service public de l’emploi qui porte des crédits nettement plus importants.
A l’absence de priorité nationale et territoriale donnée à l’emploi des jeunes des ZUS, viennent s’ajouter la faiblesse de l’accompagnement des jeunes en difficulté et la mauvaise articulation chronique des missions locales et de Pôle Emploi.
L’offre de service des missions locales est tournée vers l’accès à l’emploi avec un traitement global des difficultés des jeunes, mais elle souffre de moyens insuffisants et hétérogènes".

mardi, octobre 5 2010

La fortune du mot « ghetto » : ethnicisation et sentiment d’impuissance

Image_livre_Bronner.jpg Nota bene : un hasard somme toute heureux fait que notre analyse du livre de Luc Bronner, journaliste au Monde, est publiée par la revue Sociologie au moment où se déroule une petite polémique autour du livre de H. Lagrange, lancée par un article du même journaliste.

L. Bronner a accumulé de très nombreux contacts, observations et entretiens avec des élus, des policiers, des habitants, des responsables associatifs et des sociologues. Il a également lu beaucoup de travaux des sociologues (en particulier l’ouvrage important de Didier Lapeyronnie). Dans ce livre, il déclare vouloir « Décrire, montrer, témoigner de la ghettoïsation de certains quartiers. En comprendre les ressorts, les causes et les conséquences. Raconter, ne rien masquer ». Terrain, réalisme et refus du politiquement correct sont les composantes du credo sincère de l’auteur. Nous en décrirons le contenu avant d’en approfondir l’analyse critique car, malgré ses évidentes qualités d’observation et d’analyse, ce livre n’échappe pas à certains travers du regard des journalistes sur la banlieue et aux limites d’une vision « ethnicisée » des problèmes aujourd’hui très partagée parmi les élites françaises.