Polices, gendarmerie

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vendredi, novembre 27 2020

La police française est-elle gangrenée par les fléaux du racisme et de la violence ?

27 11 2020

La France a un problème de racisme au sein de ses forces de l’ordre et les pouvoirs publics refusent de le traiter, concédant éventuellement quelques mots un peu plus appuyés lorsqu’il s’agit de passer la tempête d’un scandale médiatique ponctuel. C’est ainsi que notre pays est sans doute l’un de ceux qui, parmi les grandes démocraties occidentales, a nié avec le plus de constance et d’abnégation une réalité que même ses négateurs connaissent. A cet égard, le scandale du « bicot » ou les manifestations qui ont suivi le meurtre de Georges Floyd, tout autant que les révélations journalistiques en cascade sur la circulation d’une parole raciste au sein de la police n’ont pas fait ciller l’exécutif. Fait d’ailleurs tout à fait singulier de la part d’un État : alors que de nombreux policiers d’origine maghrébine et subsaharienne se sont plaints ces derniers mois du racisme qu’ils subissaient de la part de certains de leurs collègues, aucune autorité publique – préfet, ministre, président – n’a pris la peine de soutenir ces fonctionnaires, ni même de faire semblant.

mercredi, octobre 7 2020

Les personnes mises en cause pour des infractions liées au terrorisme

7 10 2020

Entre 2016 et 2018, 2 916 personnes ont été mises en cause pour des infractions liées au terrorisme. Il s’agissait d’infractions concernant l’apologie ou la provocation d’un acte de terrorisme pour 65 % d’entre eux. Les personnes mises en cause sur cette période sont majoritairement des hommes (87 %) et étaient âgées entre 26 et 35 ans au moment des faits pour près d’un tiers d’entre elles.
Les infractions liées au terrorisme pour lesquelles les personnes ont été mises en cause entre 2016 et 2018, ont été commises, pour 40 % d’entre elles, en 2016. La majorité de ces infractions, 78 %, ont eu lieu dans des unités urbaines de plus de 50 000 habitants et dans l’unité urbaine de Paris. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur présente le taux de mis en cause pour des infractions liées au terrorisme le plus élevé avec 2,5 pour 100 000 d’habitants.

dimanche, septembre 13 2020

« Flic » ou comment certains policiers se sentent investis d’« une mission divine »

13 09 2020

Flic.pngDans Flic, un journaliste a infiltré la police, Valentin Gendrot décrit ses deux années passées dans la police en tant qu’adjoint de sécurité. Il y relate sa formation « low-cost » de trois mois, son affectation dans une brigade de roulement du XIXe arrondissement de Paris où il va assister et même participer à plusieurs actes répréhensibles perpétrés par ses collègues.
Au-delà de la polémique suscitée par le fait qu’il ne soit pas intervenu sur le moment et qu’il ait décidé de couvrir les auteurs en faisant de faux témoignages, sans jamais signaler les faits à sa hiérarchie, il n’en reste pas moins que les agissements rapportés décrivent une réalité et attestent d’une attitude « jusqu’au boutiste » de plus en plus symptomatique de certains policiers que j’appellerais les « policiers-templiers ».

mardi, juillet 7 2020

Le rapport police-population

7 07 2020

Couverture_AD_54.jpgL’actualité internationale récente et en particulier la mort tragique de Georges Floyd le 25 mai à Minneapolis donne un relief particulier aux questions abordées dans ce numéro d’Après-Demain. La question des rapports entre les forces de sécurité et la population ne se limite évidemment pas au problème de « violences policières » dénoncées lors de manifestations et d’interpellations.
Les rapports avec le grand public, l’accueil dans les commissariats, le traitement des plaintes, la disponibilité face aux formalités, demandes et attentes multiples, cela concerne tout le monde, un jour ou l’autre.
En ce qui concerne le « maintien de l’ordre », c’est le recrutement, puis la formation continue des personnels et de leurs cadres, les instructions données par les responsables politiques, ainsi que les armes et techniques mises en œuvre qui sont en cause.

jeudi, juin 18 2020

Comment policer la police ?

18 06 2020

Depuis plusieurs mois, les critiques pleuvent sur les policiers en général et sur l’IGPN en particulier. Les manifestations contre la réforme des retraites, le mouvement des « gilets jaunes », les manifestations de lycéens, puis le contrôle du respect des mesures d’urgence pendant le confinement, ont mis en exergue les comportements violents ou abusifs de certains policiers.
Sous pression, le Président de la République a même sommé le ministre de l’Intérieur de faire aboutir rapidement une étude engagée en janvier dernier qui consistait à faire des propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre après le décès d’un homme au cours d’une intervention de police. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Comment et par qui la police française est-elle contrôlée ? Comment les polices étrangères sont-elles contrôlées ?

mercredi, juin 17 2020

La dégradation des relations entre les habitants des quartiers pauvres et la police se lit aussi dans les chiffres

17 06 2020

La façon de faire la police n’est pas la même dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans le reste du territoire. Nous allons produire ici quelques données qui nourrissent la réflexion sur le constat. En analysant les statistiques de police et de gendarmerie dans plusieurs dizaines de communes d’Île-de-France, nous avons, en effet, constaté d’abord que ces chiffres (qui résultent de l’enregistrement des procès-verbaux pour crimes et délits) diffèrent totalement selon les territoires, ensuite que ces différences procèdent non pas simplement de dissemblances en matière de comportements parmi les populations des quartiers populaires, mais repose aussi sur les façons de faire de la police.
Lire cet article dans Metropolitiques

dimanche, juin 14 2020

La police et les stéréotypes de genre : le cas des manifestantes au Québec

14 06 2020

Le degré de coercition déployé par la police dans le cadre de manifestations varie en partie selon certaines caractéristiques propres aux individus mobilisés : race, classe, idéologie politique, notamment. Les groupes subordonnés qui mettent en cause l’ordre social établi semblent de fait particulièrement visés par des interventions musclées des forces de l’ordre. S’inscrivant dans la continuité de ces études, cet article s’intéresse à la manière dont les manifestantes perçoivent l’influence du genre sur les pratiques policières en matière de gestion de foules ; est-il un facteur auquel les styles de gestion de foules sont sensibles ? Les femmes, en tant que groupe subordonné, sont-elles plus violemment ciblées par la police ?

lundi, juin 8 2020

Des milliers de policiers s’échangent des messages racistes sur un groupe Facebook

8 06 2020

Sur le réseau social, un groupe Facebook privé, baptisé « TN Rabiot Police Officiel » réunit plus de 8.000 personnes. Des policiers principalement (ou se présentant comme tels), et quelques gendarmes et membres de familles de fonctionnaires. Pour intégrer le groupe, il faut indiquer aux administrateurs sa promotion à l’école de police ou de gendarmerie, son matricule et rédiger quelques phrases en jargon de « la boîte ». Un filtre qui semble efficace : StreetPress a vérifié plusieurs dizaines de profils pris au hasard. Tous ceux dont nous avons pu confirmer l’identité sont bien membres des forces de l’ordre. À l’abri des regards indiscrets, les fonctionnaires se lâchent : dans des posts ou en commentaires, on peut lire des centaines de message racistes, sexistes ou homophobes et des appels au meurtre.

jeudi, juin 4 2020

Comment réduire les violences policières ?

4 06 2020

Alors que des révoltes éclatent une fois encore aux États-Unis contre les violences policières racistes, des chercheurs tentent d’évaluer l’efficacité de diverses mesures visant à réduire les interventions policières mortelles. C’est notamment l’ambition d’un dossier spécial de la revue ANNALS of the American Academy of Political and Social Science.
La conclusion principale est qu’il existe peu de recherches concluantes sur l’efficacité de mesures souvent considérées comme de bon sens, telles que les caméras embarquées, les formations à la désescalade, ou les instances de contrôle citoyen (voir l’article de Robin Engel et ses collègues dans ce dossier ). Les articles du dossier portent uniquement sur les États-Unis, mais ils offrent des enseignements intéressants pour la France à un moment où les violences policières sont devenues un objet central du débat politique et des revendications militantes.

vendredi, mai 1 2020

La Préfecture de Police de M. Papon à D. Lallement en passant par M. Grimaud

1 05 2020

Didier_Lallement.jpgDécidément il est encore confirmé que l’on a bien du mal à retenir des leçons de l’histoire concernant la Préfecture de Police de Paris. La PP est de retour et la vieille dame que l’on aurait pu croire remise enfin dans sa sphère de compétence a réalisé un retour en force pour parvenir jusqu’à disparaître même de l’organigramme du Ministère de l’Intérieur, pourtant garni depuis quelques années d’une direction générale de la Gendarmerie, autre force de Police héritée de la construction historique des forces de sécurité intérieure.

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lundi, avril 27 2020

Contrôle policier du respect du confinement : deux poids, deux mesures

27 04 2020

Fin mars, Michel Onfray s'énervait contre les « centaines de tribus » de banlieue qui, en refusant « le confinement, perdent la République tout entière ». La rhétorique néoconservatrice et son champ lexical de l'invasion/sécession (« zones de non-droit », « barbares », « ensauvagement ») sont bien rodés. Ce discours, que nombre de politiques ont repris à leur compte et que le robinet anxiogène des talk-shows nous distille depuis presque vingt ans, suppose à la fois une construction bien connue de l'ennemi ou du traître (le « bobo », l'« islamo-gaucho », le « collabo » coupable de fermer les yeux sur les incivilités des « islamo-racailles »), une négation du droit du sol (les racailles ne sont pas des Français·es comme les autres), la phobie de la cinquième colonne (elles infiltrent en France un mode de vie anti-français) et un impensé majuscule: et si les « quartiers », au lieu d'avoir été perdus avaient été abandonnés par la puissance publique ?
Dans le cadre du confinement, l'obsession séparatiste s'appuie sur un deuxième angle mort: les scènes de déconfinement, aujourd'hui en France, ont lieu aussi bien dans les centres-villes bourgeois qu'en périphérie.

vendredi, mars 27 2020

Une vingtaine d’associations dénoncent des violences policières en période de confinement

27 03 2020

Après seulement dix jours de confinement, des vidéos et témoignages faisant apparemment état de contrôles abusifs et de violences par les forces de police ont commencé à émerger sur les réseaux sociaux. Les organisations signataires appellent le ministre de l’Intérieur et le directeur général de la Police nationale à veiller à ce que le maintien de l’ordre et les opérations de contrôle dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ne donnent pas lieu à des abus. Ils doivent rappeler immédiatement aux policiers en charge des contrôles que ces opérations doivent s’opérer dans un cadre strictement légal, sans discrimination, et sans recourir à des techniques dangereuses et potentiellement mortelles contre les personnes.

mardi, février 25 2020

La police française et ses armes. De la matraque au LBD

25 02 2020

L’étude des techniques policières de l’après-Mai 68 en France montre, d’une part, que les usages extrêmes de la force par la police française sont bien ancrés dans l’histoire de la Ve République ; et d’autre part, que la plupart des techniques de maintien de l’ordre contemporaines dérivent de la conception du maintien de l’ordre qui se construit après Mai 68. À partir de l’étude comparée de l’évolution du maintien de l’ordre et de l’usage de la force envers les manifestants en France et en Allemagne fédérale entre 1968 et 1977, nous soutenons que l’exception française est l’effet conjugué de la fabrication d’un dispositif antisubversif focalisé sur la poursuite des militants – casseurs, gauchistes, autonomes — perçus comme des acteurs essentiellement violents, et de techniques d’intervention plus dangereuses pour les manifestants.

dimanche, février 9 2020

L'augmentation des violences policières en France

9 02 2020

guignol_police.jpgL’augmentation des violences au cours des opérations de maintien de l’ordre en France est manifeste et sans précédent par l’ampleur de la casse humaine. Sorties des banlieues, elles ont pris une visibilité particulière, quoique classique lors de grandes crises sociales. Cela a eu des répercussions politiques et sociales importantes, et la moindre n’est pas l’évolution des attitudes de la population vis-à-vis de la police. Déjà peu enviable par son positionnement en Europe, l’évaluation de la performance policière par le public s’est dégradée. Cette crise systémique – car c’est de cela qu’il s’agit – pose la question de direction de la police par l’autorité politique, de la régulation de la violence de l’appareil policier, tant par les normes du groupe professionnel que par les mécanismes de contrôles prévus à cet effet.

Illustration : esprit.presse.fr

mercredi, novembre 6 2019

Retour sur les incroyables violences policières à Marseille le 8 décembre 2018

6 11 2019

Maria_apres_son_operation_le_13_decembre_2018.jpgÀ Marseille, le 8 décembre 2018, en marge d'une manifestation des « gilets jaunes », des policiers ont fracassé le crâne de Maria∗, 19 ans, lui blessant gravement le cerveau. L'enquête de Mediapart sur ces violences révèle, preuves à l’appui, la partialité de l’IGPN, la police des polices, et sa volonté d'enterrer les faits et nier les responsabilités.
Par ailleurs, à la suite des coups portés à Maria, Mediapart a découvert l’existence de brigades hybrides de policiers, non formés au maintien de l’ordre et chauffés à blanc par une note du ministère de l'intérieur et une hiérarchie considérant qu’en temps « de guerre », tout est permis. Même le RAID a été associé à la mobilisation.

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