Polices, gendarmerie

Fil des billets

jeudi, mai 27 2021

Violences policières. Généalogie d’une violence d’Etat

27 05 2021

Livre_Kokoreff.jpgMichel Kokoreff, professeur de sociologie à l’Université de Paris 8 Saint-Denis, est spécialiste des questions de délinquance dans les quartiers sensibles. Il explique, dans son dernier ouvrage publié en novembre 2020 comment une police, celle du maintien de l’ordre, peut commettre, souvent en toute impunité, des violences à l’égard des populations qu’elle est censée protéger. En quelque sorte, le livre interroge les rapports entre la police, l’Etat et les citoyens au moment où les questions de sécurité sont de nouveau inscrites sur l’agenda politique avec l’adoption de la très controversée loi sur la sécurité globale, avec aussi la tenue du « Beauvau » de la sécurité.

Lire la suite...

samedi, mars 27 2021

Les risques de la généralisation du port d’armes des policiers hors service

27 03 2021

La loi Sécurité globale autorise policiers et gendarmes hors service à garder leur arme en tout lieu et tout le temps. Rien ne prouve l’efficacité d’une telle mesure, mais les conséquences dramatiques pour les citoyens et les agents sont connues.
Dans cette enquête, les conséquences de la généralisation du port d’arme hors service en huit questions : 1) L’entrée d’armes dans une salle pourrait faciliter un attentat, 2) Actuellement, un fonctionnaire français sur deux garderait son arme de dotation en dehors de son service, 3) « Ce n’est pas pour rien qu’on a créé le Raid ou le GIGN », 4) « Si un policier sort son arme lors d’une embrouille avec un voisin et qu’il n’y a pas de témoin, personne ne le saura », 5) Une soixantaine de personnes tuées par un agent hors service depuis 1977, 6) 25 féminicides commis par un policier hors service, 7) L’arme de service retirée à la moindre violence ?, 8) Suicides des policiers : « Personne ne me répond, ils s’en foutent ».

mercredi, mars 24 2021

Rétablir la confiance entre la police et la population : l'avis de la CNCDH

24 03 2021

La France se situe depuis plusieurs années dans le tiers inférieur des États de l’Union européenne pour le niveau de confiance exprimé par la population à l’égard de sa police. Parfaitement consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les policiers dans l’exercice de leur mission, la la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) invite les pouvoirs publics, dans plus d’une vingtaine de recommandations, à mettre en place des réformes structurelles (cadre d’intervention, formation, encadrement, services d’enquête et d’inspection, etc.) afin de promouvoir une police républicaine, au service de la population et garante des droits et libertés fondamentaux. En se donnant les moyens de poursuivre cet objectif, les autorités contribueront ainsi non seulement à restaurer la confiance entre les citoyens et la police, mais également à revaloriser et faciliter le travail de cette dernière.

jeudi, janvier 7 2021

« Depuis la guerre d’Algérie, on n’a jamais assisté à un tel climat répressif »

7 01 2021

La_manif_en_crise.jpgDans son dernier ouvrage On est là ! La manif en crise, l’historienne Danielle Tartakowsky, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux, décortique les mutations de la manifestation sur les cinquante dernières années.
À la brièveté de manifestations d’ampleur qui faisaient reculer de controversées propositions législatives ont succédé des manifs percutantes, durement réprimées, mais s’inscrivant dans la durée. Depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, les mobilisations et manifestations (loi travail, gilets jaunes, réforme des retraites, marche pour le climat, pour les libertés...) sont quasi permanentes. Quels ont été, et sont encore, les rôles de cette forme d’action la plus courante ? Comment l’objet manifestation a t-il évolué, alors qu’il est de plus en plus réduit à d’éventuelles scènes de violences ? Dans une société en crise, est-ce réellement la manif qui ploie, ou le système qui la fait naître ?

samedi, décembre 12 2020

La dérive du maintien de l'ordre en France

12 12 2020

La mécanique répressive du maintien de l’ordre est bien installée : réponse proportionnée aux troubles, modération fondée sur l’auto-contrainte, choix du refoulement plutôt que de l’affrontement ne sont plus les principes directeurs de la police des foules déployée ces dernières années. Les sources de ce maintien de l’ordre brutalisant - plus de mutilations de manifestants depuis 2019 que sur les vingts dernières années selon les experts de l’ONU - peuvent être identifiées à deux niveaux notamment : le sur-armement des forces du maintien de l’ordre d’une part et la consolidation d’une doctrine du contact voire de l’affrontement d’autre part. Ces dispositifs, qui font de la France une exception par rapport aux Etats voisins, sont fondés sur un constat erroné, nourri d’un discours politique selon lequel l’intensité de l’engagement des forces de maintien de l’ordre serait justifiée par l’intensité croissante de la violence des protestataires, qu’aucune statistique ou travail universitaire ne vient étayer.

jeudi, décembre 10 2020

Les pyromanes de la sécurité

10 12 2020

Violence_spolicieres_filmees.jpgEn 1980 lorsque je suis arrivé dans ma première affectation après avoir suivi une brève scolarité en école de Police, je n’étais pas forcément armé pour réaliser un travail aussi complexe que celui de Gardien de la Paix dans une banlieue qualifiée alors de « rouge ». Heureusement, je disposais de deux atouts majeurs : la formation continue et une hiérarchie.
La formation continue n’existait pas officiellement mais sans le savoir des centaines de formateurs non reconnus par l’administration permettaient aux jeunes policiers de faire leur premier pas en tenue sur la voie publique. Ces formateurs s’appelaient les « anciens » qui eux-mêmes avaient reçu le même apprentissage à leur arrivée.

Lire la suite...

vendredi, novembre 27 2020

La police française est-elle gangrenée par les fléaux du racisme et de la violence ?

27 11 2020

La France a un problème de racisme au sein de ses forces de l’ordre et les pouvoirs publics refusent de le traiter, concédant éventuellement quelques mots un peu plus appuyés lorsqu’il s’agit de passer la tempête d’un scandale médiatique ponctuel. C’est ainsi que notre pays est sans doute l’un de ceux qui, parmi les grandes démocraties occidentales, a nié avec le plus de constance et d’abnégation une réalité que même ses négateurs connaissent. A cet égard, le scandale du « bicot » ou les manifestations qui ont suivi le meurtre de Georges Floyd, tout autant que les révélations journalistiques en cascade sur la circulation d’une parole raciste au sein de la police n’ont pas fait ciller l’exécutif. Fait d’ailleurs tout à fait singulier de la part d’un État : alors que de nombreux policiers d’origine maghrébine et subsaharienne se sont plaints ces derniers mois du racisme qu’ils subissaient de la part de certains de leurs collègues, aucune autorité publique – préfet, ministre, président – n’a pris la peine de soutenir ces fonctionnaires, ni même de faire semblant.

mercredi, octobre 7 2020

Les personnes mises en cause pour des infractions liées au terrorisme

7 10 2020

Entre 2016 et 2018, 2 916 personnes ont été mises en cause pour des infractions liées au terrorisme. Il s’agissait d’infractions concernant l’apologie ou la provocation d’un acte de terrorisme pour 65 % d’entre eux. Les personnes mises en cause sur cette période sont majoritairement des hommes (87 %) et étaient âgées entre 26 et 35 ans au moment des faits pour près d’un tiers d’entre elles.
Les infractions liées au terrorisme pour lesquelles les personnes ont été mises en cause entre 2016 et 2018, ont été commises, pour 40 % d’entre elles, en 2016. La majorité de ces infractions, 78 %, ont eu lieu dans des unités urbaines de plus de 50 000 habitants et dans l’unité urbaine de Paris. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur présente le taux de mis en cause pour des infractions liées au terrorisme le plus élevé avec 2,5 pour 100 000 d’habitants.

dimanche, septembre 13 2020

« Flic » ou comment certains policiers se sentent investis d’« une mission divine »

13 09 2020

Flic.pngDans Flic, un journaliste a infiltré la police, Valentin Gendrot décrit ses deux années passées dans la police en tant qu’adjoint de sécurité. Il y relate sa formation « low-cost » de trois mois, son affectation dans une brigade de roulement du XIXe arrondissement de Paris où il va assister et même participer à plusieurs actes répréhensibles perpétrés par ses collègues.
Au-delà de la polémique suscitée par le fait qu’il ne soit pas intervenu sur le moment et qu’il ait décidé de couvrir les auteurs en faisant de faux témoignages, sans jamais signaler les faits à sa hiérarchie, il n’en reste pas moins que les agissements rapportés décrivent une réalité et attestent d’une attitude « jusqu’au boutiste » de plus en plus symptomatique de certains policiers que j’appellerais les « policiers-templiers ».

mardi, juillet 7 2020

Le rapport police-population

7 07 2020

Couverture_AD_54.jpgL’actualité internationale récente et en particulier la mort tragique de Georges Floyd le 25 mai à Minneapolis donne un relief particulier aux questions abordées dans ce numéro d’Après-Demain. La question des rapports entre les forces de sécurité et la population ne se limite évidemment pas au problème de « violences policières » dénoncées lors de manifestations et d’interpellations.
Les rapports avec le grand public, l’accueil dans les commissariats, le traitement des plaintes, la disponibilité face aux formalités, demandes et attentes multiples, cela concerne tout le monde, un jour ou l’autre.
En ce qui concerne le « maintien de l’ordre », c’est le recrutement, puis la formation continue des personnels et de leurs cadres, les instructions données par les responsables politiques, ainsi que les armes et techniques mises en œuvre qui sont en cause.

jeudi, juin 18 2020

Comment policer la police ?

18 06 2020

Depuis plusieurs mois, les critiques pleuvent sur les policiers en général et sur l’IGPN en particulier. Les manifestations contre la réforme des retraites, le mouvement des « gilets jaunes », les manifestations de lycéens, puis le contrôle du respect des mesures d’urgence pendant le confinement, ont mis en exergue les comportements violents ou abusifs de certains policiers.
Sous pression, le Président de la République a même sommé le ministre de l’Intérieur de faire aboutir rapidement une étude engagée en janvier dernier qui consistait à faire des propositions pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre après le décès d’un homme au cours d’une intervention de police. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Comment et par qui la police française est-elle contrôlée ? Comment les polices étrangères sont-elles contrôlées ?

mercredi, juin 17 2020

La dégradation des relations entre les habitants des quartiers pauvres et la police se lit aussi dans les chiffres

17 06 2020

La façon de faire la police n’est pas la même dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans le reste du territoire. Nous allons produire ici quelques données qui nourrissent la réflexion sur le constat. En analysant les statistiques de police et de gendarmerie dans plusieurs dizaines de communes d’Île-de-France, nous avons, en effet, constaté d’abord que ces chiffres (qui résultent de l’enregistrement des procès-verbaux pour crimes et délits) diffèrent totalement selon les territoires, ensuite que ces différences procèdent non pas simplement de dissemblances en matière de comportements parmi les populations des quartiers populaires, mais repose aussi sur les façons de faire de la police.
Lire cet article dans Metropolitiques

dimanche, juin 14 2020

La police et les stéréotypes de genre : le cas des manifestantes au Québec

14 06 2020

Le degré de coercition déployé par la police dans le cadre de manifestations varie en partie selon certaines caractéristiques propres aux individus mobilisés : race, classe, idéologie politique, notamment. Les groupes subordonnés qui mettent en cause l’ordre social établi semblent de fait particulièrement visés par des interventions musclées des forces de l’ordre. S’inscrivant dans la continuité de ces études, cet article s’intéresse à la manière dont les manifestantes perçoivent l’influence du genre sur les pratiques policières en matière de gestion de foules ; est-il un facteur auquel les styles de gestion de foules sont sensibles ? Les femmes, en tant que groupe subordonné, sont-elles plus violemment ciblées par la police ?

lundi, juin 8 2020

Des milliers de policiers s’échangent des messages racistes sur un groupe Facebook

8 06 2020

Sur le réseau social, un groupe Facebook privé, baptisé « TN Rabiot Police Officiel » réunit plus de 8.000 personnes. Des policiers principalement (ou se présentant comme tels), et quelques gendarmes et membres de familles de fonctionnaires. Pour intégrer le groupe, il faut indiquer aux administrateurs sa promotion à l’école de police ou de gendarmerie, son matricule et rédiger quelques phrases en jargon de « la boîte ». Un filtre qui semble efficace : StreetPress a vérifié plusieurs dizaines de profils pris au hasard. Tous ceux dont nous avons pu confirmer l’identité sont bien membres des forces de l’ordre. À l’abri des regards indiscrets, les fonctionnaires se lâchent : dans des posts ou en commentaires, on peut lire des centaines de message racistes, sexistes ou homophobes et des appels au meurtre.

jeudi, juin 4 2020

Comment réduire les violences policières ?

4 06 2020

Alors que des révoltes éclatent une fois encore aux États-Unis contre les violences policières racistes, des chercheurs tentent d’évaluer l’efficacité de diverses mesures visant à réduire les interventions policières mortelles. C’est notamment l’ambition d’un dossier spécial de la revue ANNALS of the American Academy of Political and Social Science.
La conclusion principale est qu’il existe peu de recherches concluantes sur l’efficacité de mesures souvent considérées comme de bon sens, telles que les caméras embarquées, les formations à la désescalade, ou les instances de contrôle citoyen (voir l’article de Robin Engel et ses collègues dans ce dossier ). Les articles du dossier portent uniquement sur les États-Unis, mais ils offrent des enseignements intéressants pour la France à un moment où les violences policières sont devenues un objet central du débat politique et des revendications militantes.

- page 1 de 17