Contexte économique et social

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samedi, novembre 9 2019

La pauvreté en France en 2019

9 11 2019

Rapport_sur_la_pauvrete_2019.pngQuel est le niveau de la pauvreté en France ? Comment évolue-t-il ? Sur ce sujet très sensible, les polémiques sont fréquentes et les points de repère manquent. Ce premier rapport sur la pauvreté réunit les données disponibles pour vous permettre d’y voir plus clair. L’Observatoire des inégalités y présente les principaux chiffres et dresse un état des lieux complet de la pauvreté en France. Nous définissons les contours de la pauvreté monétaire, de la grande pauvreté et des formes non monétaires de la pauvreté. Nous donnons les principales caractéristiques de la population pauvre et sa distribution sur le territoire national. Nous explorons les trajectoires individuelles : comment devient-on pauvre et comment s’en sort-on ?

vendredi, août 30 2019

Pour la création d’un revenu minimum unique

30 08 2019

La proposition d’un revenu minimum unique garantit un niveau de vie mensuel de 860 euros pour une personne seule, de 1 810 euros pour un couple avec deux enfants. Il inclut d’éventuelles autres allocations perçues par ailleurs (famille ou logement notamment). Les personnes qui touchent déjà des allocations dont le total est supérieur à celui du RMU, ne verront pas baisser leurs allocations. Fixé au seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian, le RMU élimine la pauvreté à ce niveau.
Les principaux gagnants de cette proposition sont d’abord les 18-25 ans qui ne peuvent pas prétendre aujourd’hui au RSA, sauf conditions très particulières. Ensuite, les allocataires du RSA et de l’allocation spécifique de solidarité (chômeurs en fin de droits) qui ne perçoivent que 500 euros par mois hors autres allocations. Pour eux, nous évaluons le gain à 150 euros mensuels environ pour un célibataire.

samedi, juin 8 2019

Gentrification et paupérisation au coeur de l'Île-de-France

8 06 2019

La question sociale et son intrication avec la dimension spatiale a fortement ressurgi avec le mouvement des gilets jaunes. La dimension territoriale a aussi été largement mise en avant, et souvent de façon caricaturale, opposant deux France, celle des métropoles qui « gagnent » et celle de la périphérie qui « perd », sans considérer l’hétérogénéité de ces dits territoires et la diversité des espaces qui les constituent.
Cette étude sur la géographie sociale en Île-de-France et son évolution depuis le début des années 2000 contribue à sortir de ces oppositions frontales et globalisantes. Elle donne à voir la structuration sociale du territoire francilien en partant de l’échelle communale, voire du quartier et souligne la lente évolution de ce paysage social. La région est un espace systémique où le devenir de chaque territoire est en prise à un jeu de forces qui tend à une polarisation des espaces les plus aisés et les plus pauvres.

mercredi, juin 5 2019

Rapport sur les inégalités en France (2019)

5 06 2019

Rapport_sur_les_inegalites_en_France.jpgL’édition 2019 du rapport sur les inégalités en France met en évidence les écarts qui existent entre milieux sociaux dans notre pays. Ils se sont traduits cette année par le mouvement des « gilets jaunes » et sont à la base de la montée du populisme dans les démocraties occidentales. Si le modèle social français est loin d’être le plus inégalitaire des pays riches, il ne répond pas à la promesse d’égalité et suscite de très nombreuses frustrations. Les privilèges, notamment associés au niveau de diplôme, sont conséquents dans notre société. Ce rapport souligne l’ampleur de l’insécurité sociale liée notamment au mal-emploi : huit millions de personnes sont au chômage, disposent d’un statut précaire ou ont décroché du marché du travail. Et la précarité recommence à augmenter.

mercredi, mai 29 2019

Le bel avenir des inégalités

29 05 2019

Inegallites_mondiales.jpgEn janvier 2019, l’ONG Oxfam rendait public un chiffre édifiant, pour alerter les consciences. Les 26 personnes les plus riches de la planète posséderaient autant de patrimoine que la moitié la plus pauvre de l’humanité. 26 multimilliardaires d’un côté, face à 3,8 milliards de personnes dans le besoin de l’autre : comment a-t-on pu en arriver là ? C’est tout le mérite du livre de l’économiste Branko Milanovic, publié en anglais en 2016 et récemment traduit en français par les éditions La Découverte, que de chercher à expliquer cet engrenage et ses conséquences politiques.

Lire la suite de cet article de Nicolas Delalande (Centre d’histoire de Sciences Po)

dimanche, avril 14 2019

Contrats aidés : pourtant ça marchait !

14 04 2019

Jugés pas efficaces, trop coûteux… Sous le mandat d’Emmanuel Macron, les contrats aidés ont été considérablement réduits. Destinés à favoriser l’emploi des personnes ayant des difficultés d’insertion sur le principe d’une aide financière de l’État à l’employeur, ils sont passés de 320 000 en 2017 à 200 000 en 2018 et de 130 000 à 150 000 contrats sont prévus pour 2019. Entre-temps, ils ont changé de nom et sont devenus les « parcours emploi compétence », avec un taux de prise en charge moins élevé.
Alors, pas efficaces, les contrats aidés ? La dernière étude que leur consacre la Dares sur l’année 2017 montre l’inverse. L’amélioration de la situation sur le marché du travail a aussi bénéficié aux contrats aidés (contrats uniques d’insertion dans les secteurs marchands et non marchands, et emplois d’avenir pour les jeunes ayant entre 16 et 25 ans) : leur taux d’insertion en emploi à six mois a augmenté de 5 points par rapport à 2016.

dimanche, avril 7 2019

Il faut sortir des politiques « béton et bitume »

7 04 2019

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la mise en place de grands programmes d’aménagement, la construction d’infrastructures et l’élaboration de projets socio-économiques d’envergure (aéroports, autoroutes, barrages, gares, zones d’activité économique, opérations d’intérêt national, etc.) sont présentées comme les solutions à tous les enjeux de développement économique. Pourtant, nombre de recherches montrent que la concentration des ressources et la densification de l’activité au sein d’un même territoire ne sont pas forcément génératrices de gains de productivité et de croissance. Il n’en demeure pas moins que beaucoup d’élus, notamment territoriaux, souvent influencés par de grands aménageurs, se sont livrés une sorte de « guerre de l’attractivité », à grand renfort de subventions publiques accordées aux investissements et à l’implantation d’entreprises, le tout accompagné d’aides conséquentes sur le foncier et d’exonérations sur les prélèvements.

mardi, mars 26 2019

Les inégalités socioéconomiques dans le développement des enfants à 2 ans

26 03 2019

Alors que l’âge de l’instruction obligatoire en France vient de passer à 3 ans au lieu de 6 avec l’objectif de réduire les inégalités sociales dès le plus jeune âge, des chercheurs de l’Ined ont étudié le développement langagier et moteur des enfants à l’âge de 2 ans, avant leur entrée à l’école maternelle. Leurs résultats soulignent que les différences selon le milieu socioéconomique de leurs parents sont présentes dès les premières années. Bien qu’à ces jeunes âges, le développement langagier et physique soient largement liés, les inégalités socioéconomiques sont surtout marquées pour le développement du langage. Le vocabulaire des enfants accueillis en crèche ou par une assistante maternelle est plus diversifié que lorsqu’ils sont gardés par leurs parents ou grand-parents.

vendredi, mars 8 2019

Les dynamiques contemporaines de la pauvreté : de l’exclusion à l’insécurité sociale

8 03 2019

La pauvreté, qui se déploie dans le cadre d’une structure sociale qui a considérablement évolué au fil des décennies, peut d’autant plus apparaître comme une notion « insaisissable » (Duvoux et Rodriguez 2016) que son contenu est la plupart du temps rattaché aux définitions conventionnelles sur lesquelles se basent les indicateurs utilisés pour en assurer le suivi ou comparer les situations d’un pays à l’autre. Il paraît dès lors utile de revenir sur les usages successifs de cette notion au cours de la période récente, en soulignant l’évolution des conditions sociales et économiques dans lesquelles elle s’inscrit.

jeudi, janvier 31 2019

Plongée au cœur du Facebook des « gilets jaunes »

31 01 2019

Gilets Jaunes Appel de Commercy 2019C’est une France qui ne manifeste pas spécialement de pensée raciste, homophobe ou antisémite, et se réclame plus volontiers de Coluche que de n’importe quel parti politique. C’est une France qui nourrit un sentiment de défiance, voire de ressentiment profond pour les « élites » de tous bords. C’est une France qui se sent vulnérable et injustement traitée, que ce soit par les forces de l’ordre, Emmanuel Macron ou les chaînes d’information. Et qui verse facilement dans un sentiment de persécution et dans une certaine forme de complotisme.

Photo : lemonde.fr

mardi, janvier 8 2019

Pourquoi les données économiques peinent à rendre compte de la dure réalité du quotidien

8 01 2019

precarite_supermarche.jpgIls l’ont clamé sur les ronds-points, lors des manifestations en ville, sous les fenêtres de l’Élysée, depuis des années aussi, dans les territoires délaissés de l’Hexagone jusqu’aux DOM. De nombreux Français ne supportent plus les politiques économiques qui contraignent nombre d’entre eux à contourner les systèmes existants pour boucler leurs fins de mois. Gilets jaunes ou non, ce sont des millions d’individus et de familles qui vivent dans une réalité économique parallèle à celle mise en avant par le gouvernement.

Photo : theconversation.com

mardi, janvier 1 2019

Derrière le mouvement des Gilets Jaunes, cinq fractures françaises

1 01 2019

Gilets_Jaunes_justice_sociale.jpgAu départ, beaucoup craignaient le pire. Pensez donc : un mouve­ment qui naît hors syndicats et partis politiques, qui proteste contre une hausse des taxes sur l’essence, et d’où surgissent parfois des saillies sur les immigrés ou les « assistés ». Pourtant, après les premières journées de mobilisation, il a bien fallu se rendre à l’évidence : les gilets jaunes étaient l’un des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières années – et sans conteste le plus improbable. Il a en effet maintenu mobilisées pendant plus d’un mois des catégories sociales parmi les plus éloignées du jeu politique traditionnel. Des femmes et des hommes souvent situés entre le haut des classes populaires et le bas des classes moyennes, venus remettre frontalement en question les dynamiques inégalitaires qui, depuis plusieurs années, travaillent la société française.

jeudi, décembre 6 2018

L'habitat dégradé et indigne en Île-de-France

6 12 2018

Habitat_degrede_indigne.jpgRareté de l’offre au regard des besoins de la population francilienne, augmentation des demandes d’hébergement et de logement social, attractivité de la région auprès des populations modestes attirées par un marché de l’emploi dynamique, plusieurs facteurs se conjuguent en Île-de-France pour faire exister un « sous » marché du logement, où trouvent à se loger les ménages les plus modestes et les plus fragilisés, autant d’opportunités pour des propriétaires peu scrupuleux. Les 157 000 logements « privés potentiellement indignes » constituent 4 % du parc privé francilien, une frange du parc marquée par des dynamiques de dégradation et de paupérisation : parc ancien dégradé, copropriétés dégradées, occupation de locaux destinés à d’autres usages, impropres à l’habitation..

Photo : 20minutes.fr

dimanche, décembre 2 2018

Trente ans de RMI. La réforme perpétuelle de l’assistance sociale

2 12 2018

Michel Rocard fit adopter le Revenu Minimum d’Insertion (RMI) en 1988. Ce dispositif a profondément renouvelé la protection sociale française, comblant un retard vis-à-vis des autres pays européens en matière de revenu minimum, mais ouvrant aussi la voie au démantèlement partiel des protections sociales plus générales, notamment de l’indemnisation du chômage. Au-delà de ces effets institutionnels, le RMI a concentré des attaques relatives à la prétendue « culture de l’assistanat », quand son essor ininterrompu révèle l’incapacité de la société française à endiguer la pauvreté. Ces critiques lui ont valu d’être réformé à plusieurs reprises, sans que soient remis en cause les principes d’une allocation différentielle, non-contributive, versée aux adultes valides au-dessus de 25 ans. Malgré des critiques et réformes successives, le RMI, renommé Revenu de Solidarité Active (RSA) en 2008, a été maintenu et a même vu son périmètre s’étendre. Cette stabilité explique l’importance et la profondeur de ses effets sociaux. Des pans entiers de notre société se structurent désormais autour de cette prestation, que ce soit en survivant en partie grâce à elle ou en se définissant contre elle.

dimanche, novembre 25 2018

Gilets jaunes et cagoules noires : l’île de la Réunion telle qu’on l’ignore

25 11 2018

Noyer les problèmes économiques et sociaux qui s’expriment avec les gilets jaunes dans une jacquerie postcoloniale de quelques précaires, dont la frange de la jeunesse la plus marginalisée se livre à des exactions qui ne peuvent qu’être condamnables, est une erreur politique. C’est même une irresponsabilité. Car on le sait quand un problème n’est pas traité politiquement, il finit dans la rue et dans les urnes. L’ordre public n’est plus respecté quand l’ordre social apparaît injuste notamment pour les jeunes réunionnais.
A La Réunion, la faillite économique, la précarité et le conflit ethnique et social guettent. Comment les politiques réunionnais et le gouvernement français peuvent-ils rester sourds à la situation catastrophique que connaît l’île ? Comment ne pas comprendre que La Réunion risque aujourd’hui de voir imploser sa société déjà bien fragilisée par le chômage et la précarité, et dont les gilets jaunes et lesdites cagoules noires n’en sont qu’une expression ?

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