Controverses, polémiques, pétitions

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vendredi, octobre 25 2019

Georges Ibrahim Abdallah : le plus vieux prisonnier politique français ?

25 10 2019

L’Association France Palestine solidarité (AFPS) s’est encore mobilisée pour la libération du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah qui croupit en prison en France depuis 35 ans. Le militant communiste libanais a été arrêté le 24 octobre 1984 à Lyon et condamné pour détention de faux papiers (notamment un passeport algérien), puis il a été renvoyé devant les tribunaux spéciaux en 1987 pour complicité dans les attentats des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises, dont il était membre) et condamné à la prison à perpétuité.
Juridiquement libérable depuis 1999 après une période de sûreté de quinze ans, la décision de sa libération, demandée deux fois par la juridiction de l’application des peines, n’a jamais été appliquée « suite à des pressions des USA et d’Israël », indique l’AFPS.
Dans son communiqué du 18 octobre, l’association cite les déclarations de l’ancien patron de la DST française, Yves Bonnet, en 2016 : « Georges Ibrahim Abdallah n’a plus rien à faire en prison ».

mercredi, octobre 23 2019

100 élus locaux dénoncent la stigmatisation des musulmans

23 10 2019

La barbe!! La cabale médiatique à travers la retransmission bienveillante des propos les plus indignes à l’endroit des musulmans ainsi que l’inconséquence des prises de position politique au plus haut niveau de l’Etat nous amènent à dénoncer avec force et détermination les raccourcis périlleux vers lesquels notre pays est entraîné.
Du ministre de l’Education nationale qui déclare par des mots insensés vouloir "signaler les petits garçons qui refusent de tenir la main des petites filles" au directeur adjoint du Figaro qui affirme à la télévision "détester la religion musulmane", il est de notre responsabilité d’alerter sur les risques que d’aucuns font peser sur la nation en stigmatisant, à dessein, plus de six millions de nos concitoyens. La quête des fameux "signaux faibles" jette désormais le trouble et le soupçon sur une foi qui n’aspire à rien hormis le droit à la normalité. Nul ne peut prétendre combattre le terrorisme ou la radicalisation par l’humiliation, sauf à rechercher obstinément et furieusement l’effet inverse.

mardi, octobre 22 2019

L’université Paris 1 suspend une formation (bidon) à la « prévention de la radicalisation »

22 10 2019

La formation sur deux jours devait se tenir les 21 et 22 novembre prochain à l’université Paris 1. Intitulée « Prévention de la radicalisation : compréhension d’un phénomène et détection des signaux faibles », elle devait s’adresser aux cadres de la fonction publique, enseignants, policiers, militaires… comme aux élus, avocats ou dirigeants d’entreprise.
Alors qu’une grande partie des enseignants avaient découvert son existence par un article de Capital, beaucoup se sont émus des intitulés retenus comme des personnalités choisies au sein du programme. En 16h, et pour la modique somme de 890 euros, les participants étaient invités à suivre un programme « express ». « Le djihadisme en Islam » et la « naissance de l’islam politique » étaient abordés en 2h, alors qu’il ne fallait apparemment que 3h pour « comprendre le contexte international et le monde arabo-musulman ». Certains intitulés trahissaient une vision géopolitique plutôt manichéenne. « L’Occident, les espaces démocratiques et la laïcité dans les yeux et la rhétorique des “radicalisés”. Comment nous voient-ils ? », pouvait-on ainsi lire sur la maquette. 2h étaient enfin consacrées à la prévention du « fanatisme dit non violent », décrit comme une « antichambre du djihadisme ».

mercredi, octobre 16 2019

Lubrizol : la sous-traitance, catalyseur de catastrophe industrielle

16 10 2019

Usine_de_Lubrizol.jpgPour comprendre l’incendie qui a ravagé l’usine Lubrizol à Rouen fin septembre, il nous faut revenir 18 ans en arrière, lors de l’explosion meurtrière de l’usine Grande Paroisse-AZF du 21 septembre 2001 à Toulouse. En effet, le rapport d’enquête parlementaire déposé début 2002 sur cette explosion et, de manière plus générale, sur la sécurité des installations industrielles, dénonçait le fait que les règles du droit du travail et de l’environnement avaient été systématiquement bafouées malgré les évaluations d’inspecteurs du travail et le classement à risque des installations.
En outre, ce rapport précisait que la pression croissante des impératifs de rentabilité a entraîné la marginalisation des salariés, notamment par le développement de la sous-traitance en cascade. On avait en bout de chaîne des intérimaires n’ayant reçu pour toute formation qu’une seule heure d’explication sur les produits qu’ils allaient manipuler.

Photo : theconversation.com

mardi, octobre 8 2019

Lubrizol : pourquoi la responsabilité des pouvoirs publics est impossible à écarter

8 10 2019

Conference_de_presse_du_prefet_de_Seine_Maritime_3_octobre_2019.jpgAu vu de la contamination des sols et de l’air jusqu’en Belgique à la suite de l’incendie qui a dévasté le site le 26 septembre dernier, et surtout de l’interdiction de consommer des produits agricoles sur plus de 200 communes à l’heure actuelle, il est intéressant de regarder ce que dit le PPRT (Plan de protection des risques technologiques) de l’usine de Lubrizol – inchangé depuis 2014 – à propos de la protection des habitants et des activités économiques en cas d’incendie ou d’explosion.
Nous verrons aussi que ce sinistre est la conséquence directe des réformes législatives dans les installations classées depuis 10 ans visant à alléger toujours plus les conditions de sécurité.

dimanche, octobre 6 2019

Emmanuel Macron relance le débat nauséabond sur l'immigration

6 10 2019

Emmanuel_Macron_television_15_octobre_2017.jpgNous sommes les contemporains d’une sixième extinction de masse des espèces vivantes et d’un dérèglement climatique en train de rendre inhabitables des portions croissantes de la planète. La course aux armements nucléaires est relancée entre grandes puissances. Le système financier mondial convulse dans un état de surchauffe permanente, et le doute plane sur l’aptitude d’un quelconque acteur à maîtriser le prochain krach. Mais il est urgent de débattre de l’immigration.
Tel est en tout cas « le bon plaisir » du président de la République, qui a voulu la discussion qui aura lieu ce lundi à l’Assemblée nationale sur la politique migratoire, alors même que le sujet était loin d’être saillant dans les remontées du fameux « grand débat » de ce début d’année.

mardi, octobre 1 2019

Lubrizol : les gens du voyage en première ligne (mais qui s'en soucie ?)

1 10 2019

Gens_du_voyage_Lubrizol.jpgÀ 500 mètres de l’usine Lubrizol qui a brûlée dans la nuit du 26 septembre 2019 se situe l’aire d’accueil des gens du voyage de Rouen/Petit-Quevilly, qui est gérée par la métropole de Rouen. Pour ce terrain situé en zone Seveso, qui ne possède aucun local de confinement, aucun plan d’évacuation n’avait été prévu. Pendant la nuit de l’incendie, et contrairement aux autres habitants du voisinage, les habitants des trente caravanes de l’aire n’ont reçu aucune information. Le seul message à leur attention a été le suivant : « Si vous voulez évacuer, faites-le, mais les caravanes restent ici. »
- Lire cet article sur Lundi matin
- Lire aussi "Les gens du voyage, victimes invisibles de Lubrizol" (Libération)
- Découvrir l'article de Lise Foisneau, « Dedicated Caravan Sites for French Gens du Voyage » (Health and Human Rights Journal, 2017).

mercredi, septembre 11 2019

Les Gilets jaunes et les exigences de la représentation politique

11 09 2019

Les Gilets jaunes ont été largement absents de la séquence des élections européennes. Alors qu’ils ont dominé l’agenda politique et médiatique pendant six mois et fortement déstabilisé le pouvoir en place, ils ont très peu marqué la campagne électorale dont l’issue a consolidé la position de La République en Marche et confirmé le séisme électoral de 2017. Le mouvement produira sans nul doute des effets structurels de politisation et de socialisation et il n’est pas exclu qu’il connaisse un rebond, mais à court terme il semble s’être liquéfié et dissous. L’ordre électoral et la politique instituée ont repris leur droit et réimposé leurs codes. Cette restauration était prévisible. Mais cette situation renvoie aussi aux contradictions et aux apories du mouvement qu’un retour sur les derniers mois passés permet d’analyser.

mercredi, juillet 10 2019

Une nouvelle "affaire" : les ventes d’armes françaises au Brésil

10 07 2019

Sarkozy_et_Lula_le_7_septembre_2009.jpgC'est une enquête internationale en même temps qu’une affaire d’États, au pluriel, qui a conduit les juges brésiliens à demander début juillet l’audition des anciens présidents français Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ce dernier a été entendu le 4 juillet par des policiers de l’OCLIFF (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales), en application d’une demande d’entraide judiciaire du Brésil. Nicolas Sarkozy de son côté a refusé de répondre, selon Le Canard enchaîné.
Saisis d’une enquête pour « trafic d’influence » concernant l’achat en 2014 de 36 avions de combat suédois Gripen par l’armée de l’air brésilienne, les juges cherchent à préciser les conditions du rejet de la proposition de Dassault, présentée comme l’option retenue par les autorités lors d’un voyage de Nicolas Sarkozy à Brasília, en septembre 2009.

jeudi, juin 27 2019

Au Maroc, le littoral menacé par les "mafias du sable"

27 06 2019

Plage_marocaine_en_cours_de_betonnage.jpegUn rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) sur la surexploitation du sable dans le monde pointe du doigt le rôle des "mafias du sable" dans la disparition des plages marocaines, sur fond de bétonnage du littoral. La moitié du sable utilisé chaque année dans la construction au Maroc, soit 10 millions de mètres cubes, est extraite illégalement, selon ce rapport.
Le sable, deuxième ressource naturelle la plus utilisée au monde après l'eau, est un composant essentiel du béton. Partout sur la planète, plages et rivières sont ponctionnées, légalement ou illégalement.
Au Maroc, le sable est prélevé pour "la construction d'infrastructures liées au tourisme". Résultat : les côtes s'érodent, les plages rétrécissent. "La poursuite de la construction risque de conduire à la destruction de la principale attraction naturelle des visiteurs : les plages elles-mêmes".

Photo : geo.fr

jeudi, juin 20 2019

Mais que se passe t-il au CNRS ? Et qui veut la peau de la sociologie ?

20 06 2019

Il aura fallu 12 jours pour que ça tangue pour de bon et qu'on voie éclore des tribunes, des pétitions et même une Assemblée générale à l’EHESS de Paris. L'affaire remonte au 6 juin : ce jour-là, la communauté des chercheurs en sciences sociales découvrait, médusée, que le CNRS avait de nouveau déclassé Akim Oualhaci au terme de sa dernière campagne de recrutement.
“Déclassé”, c’est-à-dire que le docteur en sociologie, qui s’était classé quatrième (pour cinq postes à pourvoir) au terme des premiers écrémages assurés par un jury de chercheurs, ne figurait tout simplement plus au classement final publié par l'institution. Sorti pour de bon des radars au sprint final en section 36, où la sociologie est regroupée dans une côte mal taillée avec les "sciences du droit".
“De nouveau”, car ce n’est pas la première fois (ni même la deuxième) que le CNRS contredit le classement effectué par ses pairs. C’est la troisième. L’an dernier, le même chercheur était passé sous le seuil des postes en jeu. Un an plus tôt, en 2017, ils étaient deux, Akim Oualhaci et Matthieu Grossetête, à s’être classés premier ex aequo, pour finalement être rétrogradés tandis qu’un des trois postes de chargés de recherche était carrément rayé du concours.

samedi, mai 11 2019

Contre la guerre aux drogues et aux usagers : pour la dépénalisation de l’usage

11 05 2019

La question des drogues se place avec force arguments sur le plan de la santé et celui, essentiel, de la réduction des risques, laissant entre les lignes du débat la réalité de la répression, son mécanisme et ses non-dits. Or, c’est une question centrale. La politique des drogues est policière avant même d’être judiciaire. Comment l’oublier alors que figure aujourd’hui dans la loi l’amende forfaitaire délictuelle ? Ce dispositif met à mal les droits des usagers justiciables, il fait des forces de l’ordre une autorité de constatation, de poursuite et de jugement, au mépris de la séparation des pouvoirs, et bien que figurant dans le code de la santé publique et s’appliquant à une conduite individuelle et à risques, il brise le lien avec… la santé publique.

mercredi, mai 8 2019

Enquête sur la science sous influence des millions de Coca-Cola

8 05 2019

Ballot Measure DealsMontants faramineux. Experts introuvables. Résultats non publiés. Opérations marketing maquillées en recherches. Un « institut » à but purement lucratif piloté par des célébrités de la médecine française. Voilà un échantillon des étonnantes découvertes de l’enquête menée par Le Monde sur les millions d’euros distribués par Coca-Cola aux professionnels de santé français ces dix dernières années. A l’origine, un geste de transparence inédit pour la marque de soda la plus célèbre du monde, plus connue pour entretenir le secret autour de ses recettes comme de ses activités.

Photo : lemonde.fr

dimanche, mai 5 2019

Pour que cesse la violence d'Etat : appel d'un collectif d'enseignants et d'universitaires

5 05 2019

E._Macron_et_C._Castaner.pngFace à la dérive autoritaire du gouvernement, un très large collectif d'universitaires et de membres de la société civile s'insurge contre la « criminalisation » de toute personne s'opposant « à ses lois et à ses politiques funestes » et contre une « violence d'État » servie par l'usage d'armes de guerre. Ils appellent l’ensemble des citoyens « à se joindre au mouvement social pour dénoncer la dérive autoritaire du gouvernement », ils « exigent la démission de M. Castaner ainsi que l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante ».

samedi, mai 4 2019

1 400 artistes dénoncent la répression des Gilets Jaunes

4 05 2019

Gilets_Jaunes_a_Bordeaux_29_12_2018.jpgNous ne sommes pas dupes ! Nous voyons bien les ficelles usées à outrance pour discréditer les ­gilets jaunes, décrits comme des anti-écologistes, extrémistes, racistes, casseurs… La manœuvre ne prend pas, ce récit ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-parole du gouvernement voudraient bien nous y faire croire. Comme cette violence qu’ils mettent en exergue chaque samedi. Pourtant la violence la plus alarmante n’est pas là.
C’est indigne de notre République.

Photo : liberation.fr

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