Controverses, polémiques, pétitions

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vendredi, septembre 11 2020

Covid-19 : nous ne voulons plus être gouvernés par la peur

11 09 2020

Nous, scientifiques et universitaires de toutes disciplines, et professionnels de santé, exerçant notre libre arbitre et notre liberté d'expression, disons que nous ne voulons plus être gouvernés par et dans la peur. La société française est actuellement en tension, beaucoup de citoyens s'affolent ou au contraire se moquent des consignes, et nombre de décideurs paniquent. Il est urgent de changer de cap.
Nous ne sommes pas en guerre mais confrontés à une épidémie qui a causé 30 décès le 9 septembre, contre 1438 le 14 avril. La situation n'est donc plus du tout la même qu'il y a 5 mois. Par ailleurs, si la guerre peut parfois justifier un état d'urgence et des restrictions exceptionnelles de l'Etat de droit et des libertés publiques qui fondent la démocratie et la République, ce n'est pas le cas d'une épidémie. Aujourd'hui comme hier, cette crise doit nous unir et nous responsabiliser, pas nous diviser ni nous soumettre.

mercredi, septembre 2 2020

Penser le Covid-19 : le réveil de la Belgique

2 09 2020

A plusieurs reprises lors des mois d'avril et mai, nous avons tenté d'entrer en discussion avec nos collègues belges, afin de comparer les analyses et les réponses données à la crise du Covid-19. S'intéresser au cas de la Belgique paraissait d'autant plus important que ce pays caracolait en tête du triste classement mondial du taux de mortalité liée au Covid, loin devant tous les autres pays européens (ce n'est plus tout à fait le cas, le Pérou venant de rejoindre la Belgique en tête de ce classement). A notre grande surprise, ils nous ont tous répondu en substance qu'il n'y avait rien à signaler et que les spécialistes travaillaient consensuellement avec les autorités politiques. Une sorte de tabou semblait régner sur la question. Et il est possible que les intenses polémiques qui avaient lieu en France au même moment n'incitaient pas nos voisins à se poser trop de questions. Mais le temps de la sidération et de la soumission est passé. La donne est en train de changer.

jeudi, août 13 2020

L’ethnicisation et la victimisation sont des stratégies traditionnelles de l’extrême droite

13 08 2020

Révolution Permanente : Ces dernières semaines, nous avons assisté à une offensive médiatique de l’extrême-droite et d’une partie de la droite qui a mené des campagnes autour de différents faits divers dramatiques, présentés comme l’expression de violences systématiques contre les "Blancs". Comment analysez-vous ces campagnes et leurs ressorts ?
Laurent Muccheilli : C’est un grand classique. D’abord, on met en série deux ou trois faits divers médiatisés et on crie à l’explosion de la violence. Alors qu’il survient des faits divers criminels tous les jours, mais qui ne sont pas nécessairement médiatisés. Tout dépend de « l’actualité », c’est-à-dire de l’ensemble des « informations » envoyées par les agences de presse (surtout l’AFP) et susceptibles d’êtres valorisées selon les décisions des rédacteurs en chef des médias. Ce sont eux qui hiérarchisent les informations et décident de donner plus ou moins d’importance à telle ou telle.

mardi, juillet 28 2020

Covid-19 : ces consultants au cœur de la « défaillance organisée » de l’État

28 07 2020

Après avoir accompagné et encouragé la réduction du nombre de personnels et la soumission de l’hôpital public aux contraintes gestionnaires, les grands cabinets de conseil – Boston Consulting Group, Capgemini, McKinsey… – se sont assuré un rôle clé auprès du pouvoir exécutif et de l’administration pour façonner la réponse à la crise sanitaire.
Les cabinets ont été très sollicités pendant l’épidémie et ont eux-mêmes volontairement offert leurs services. On les retrouve auprès des hôpitaux parisiens de l’APHP (BCG et Roland Berger), du ministère de la Santé (Strategy& et Bain), et de celui de l’Économie (Roland Berger, EY-Parthenon et Strategy&). Leur rôle auprès de Bercy ? Aider à identifier les vulnérabilités dans l’industrie, élaborer les plans de relance, soutenir les PME, aider à gérer les achats de l’État, mettre en place les conditions d’une plus grande « souveraineté économique ». Certaines de ces missions semblent avoir été réalisées gratuitement (peut-être pour maintenir les bonnes relations), d’autres ont été rémunérées. Une grande opacité règne sur ces contrats de conseil et leurs tarifs.

samedi, juillet 18 2020

Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie

18 07 2020

Quinze journalistes viennent de créer le collectif Kelaouiñ — Kelaouiñ signifie « informer » en breton — qui lutte pour la liberté d’informer sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Menaces, pressions, poursuites judiciaires, auto-censure... Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.
Dans les témoignages des journalistes, pas de pneus crevés. Mais des pressions souvent insidieuses, qu’ils ne veulent plus taire. « Un coup de fil de l’agroalimentaire à une rédaction, ça n’arrive jamais. C’est beaucoup plus pernicieux... » souligne Pierre-Yves Bulteau, journaliste et membre du collectif. Pour Hélène 1, pigiste dans la région, « ces pressions, sans être hyper spectaculaires, finissent par influencer le travail des journalistes ».

mardi, juillet 14 2020

Ce que révèle l’évolution du cours boursier de l’action de Gilead Science

14 07 2020

Éric Chabrière, professeur de biologie structurale à l’université d’Aix-Marseille, et membre de l’IHU, a écrit un court mais fascinant article dans lequel il analyse l’évolution du cours en bourse de l’action des principaux industriels pharmaceutiques (Gilead, Sanofi, Roche, GlaxoSmithKline et Abbvie) entre janvier et mai 2020. Le résultat est éloquent. Il confirme le match à distance opposant son médicament (le Remdesivir) à l’hydroxychloroquine. Ces échanges d’actions approchent les 11 milliards de dollars dans cette période et ont peut-être occasionné d’importants délits d’initiés.

lundi, juin 22 2020

Christian Perronne, un médecin en colère

22 06 2020

Livre_Christian_Perronne.jpgCe livre ne relève pas de la science. C'est le témoignage d'un praticien qui est très en colère, qui pointe des responsabilités et demande des comptes. L'émotion est présente derrière les mots, comme en témoignent aussi les interventions télévisées de l'auteur ces derniers jours (par exemple ici, où l'on apprend qu'il a perdu un proche dans cette épidémie). De là des excès de langage et quelques raccourcis d'analyse évidents. Mais il serait trop facile de ne s'attacher qu'à la forme et de crier au « populisme médical », pour mieux faire semblant de ne pas voir les enjeux de fond que pose un médecin qui n'est pas le premier venu et dont la colère est très largement partagée, tant dans le corps médical que dans la société française toute entière.

samedi, juin 20 2020

Glyphosate : soupçons de conflits d’intérêts au sein de l’Anses

20 06 2020

Dans une enquête publiée mardi 16 juin, Le Monde révèle les conditions, sujettes à caution, d’attribution d’un appel d’offre pour une étude sur le glyphosate par l’Anses (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). L’agence est chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché des pesticides et aussi de surveiller leur impact sanitaire ou environnemental. Or, un collectif de scientifiques alerte le journal en mettant en cause la procédure de sélection de laboratoires chargées de réaliser des études sur le glyphosate. Ils s’interrogent ainsi sur l’indépendance et la déontologie dont a fait preuve l’Anses.
L’Anses avait lancé un appel d’offre pour mener une étude sur le potentiel cancérogène du glyphosate. Un consortium de sept laboratoires a donc été retenus par l’agence, fin avril. Sa composition est cependant dénoncée par la députée Delphine Batho, qui a interpellé le gouvernement sur le sujet, ainsi que par un collectif de lanceurs d’alerte dans un rapport remis au Monde.

jeudi, juin 11 2020

La transparence du lobbying plus nécessaire que jamais face aux conséquences de la pandémie

11 06 2020

Il apparaît évident à tous que la crise sanitaire que nous traversons va imposer partout dans le monde des mesures interventionnistes inédites par leur ampleur et des transferts financiers massifs en faveur des entreprises privées comme publiques, ainsi qu’un soutien aux particuliers, comme l’annoncent les plans de relance colossaux qui se succèdent aux Etats-Unis, dans l’Union européenne, en France et ailleurs.
En France, 110 milliards d’euros de soutien financier ont été prévus, dont 20 milliards pour les entreprises « stratégiques » telle Air France, et 315 milliards de garanties apportées par l’Etat aux banques pour leurs prêts.
Les membres du gouvernement et de l’administration travaillent dès à présent à définir les règles d’attribution de l’aide publique, à choisir quels acteurs en seront les bénéficiaires et à quelles conditions. Et déjà, la presse rapporte un lobbying important de la part d’entreprises qui cherchent à peser sur les modalités et les montants des aides envisagées, ou qui, prenant prétexte de la crise, tentent discrètement de convaincre les cabinets ministériels de revenir sur des mesures environnementales précédemment votées.

mardi, juin 9 2020

Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique

9 06 2020

Si la bataille pour le « monde d’après » se joue dès maintenant, en grande partie à coups d’idées, de représentations, de désirs et d’imaginaire, le rapport Big Corpo. Encadré la publicité et la communication des multinationales : un impératif écologique et démocratique arrive à point nommé. Issue d’un travail collectif de deux ans ayant associé 22 organisations de la société civile et des chercheurs dans le cadre du programme SPIM (« Système publicitaire et influence des multinationales ») 2, élaborée en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, cette publication est une plongée dans l’univers impitoyable de la communication des grandes entreprises : ses méthodes, ses stratégies, ses acteurs, les sommes colossales qui y sont investies, la manière dont elle pénètre tous les recoins de nos sociétés et influencent les discours publics, mais aussi les moyens de s’en protéger.

dimanche, juin 7 2020

La controverse sur l’effectivité du traitement médical pour traiter le COVID-19

7 06 2020

Une controverse surréaliste se déroule à l’échelle planétaire concernant l’effectivité de l’hydroxychloroquine, et de la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine, un traitement développé par le Professor Raoult de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, par le repositionnement de médicaments déjà disponibles et bon marché, pour traiter les patients atteints du COVID-19 aux stades précoces de la maladie.
Cet article est une prise de position sur cette controverse. Il argumente que nombreux sont ceux qui perdent leur bon sens dans ce débat et que tant que les résultats d’essais randomisés fiables ne sont pas disponibles (et ils pourraient ne jamais l’être ou l’être trop tard), les données les plus fiables pour décider comment traiter les patients COVID sont celles produites par les médecins qui traitent ces patients.

vendredi, juin 5 2020

Rapport du Sénat sur les conséquences de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen

5 06 2020

"Il est urgent de revoir la doctrine de communication de crise de l’État. Vouloir rassurer à tout prix fait perdre de vue l’objectif principal : informer le plus clairement possible et en temps réel, quitte à adapter la communication publique en fonction du déroulé des événements.
Sur le plan administratif, la multitude des intervenants a néanmoins laissé de côté certains maillons essentiels de la chaîne d’information : à l’instar des élus locaux, les professionnels de santé les plus proches du terrain (médecins de ville, pharmaciens d’officine, infirmiers) ainsi que les intervenants à domicile auraient davantage dû être associés dès le départ au suivi des dommages causés par l’accident.
Enfin, même si l’impact environnemental immédiat de l’accident tel qu’évalué aujourd’hui semble avoir été limité, la commission d’enquête s’inquiète que les conséquences des accidents industriels sur l’environnement soient largement ignorées. La prise en compte de cet enjeu dans les documents de prévention des risques doit nécessairement être renforcée".

mardi, mai 26 2020

« Fin de partie » pour l’hydroxychloroquine ? Une escroquerie intellectuelle

26 05 2020

Ce week-end de l’Ascension (décidément !) aura été marqué par une nouvelle vague de discours commentant l’idée selon laquelle une publication majeure démontrerait que le protocole thérapeutique de l’équipe du professeur Raoult serait non seulement inefficace, mais de surcroît dangereux. On peut parler d’une sorte d’offensive industrialo-médiatico-politique majeure et réussie tant la couverture donnée à un article de la revue médicale anglaise The Lancet a été totale, ultra-rapide, uniforme et immédiatement suivi d’un effet politique.
La quasi totalité des journalistes se sont jetés sur cet article, pour lui faire dire ce que les auteurs de cette étude espéraient : l'hydroxychloroquine est un poison. Traduction en langage People dominant : le prof. Raoult est un dangereux charlatan. Ce traitement médiatique est honteux. Et cette étude est une escroquerie intellectuelle.

mercredi, mai 6 2020

Le Remdesivir, l’industrie pharmaceutique et la crise du Covid

6 05 2020

Gilead_Sciences.jpgA l’image de la majorité des élites intellectuelles françaises, la plupart des journalistes sont décidément d’une grande naïveté. Après avoir déployé leur talent dans un impressionnant concert unanimiste pour lister tous les arguments opposables au nom de la Science à la voie thérapeutique préventive préconisée en France par l’équipe de l’IHU de Marseille, voilà que beaucoup semblent prêts à accueillir comme avec soulagement un médicament américain : le Remdesivir, sensé traiter les malades parvenus à un stade grave. Alors, oui, faisons un peu de science. Médicale d’abord, socio-économique et politique après.

Photo : fr.reuters.com

mardi, mai 5 2020

Les droits et libertés publiques vont-ils rester encore longtemps confinés ?

5 05 2020

Après la décision hasardeuse du président de la République de fixer la fin du confinement au 11 mai, on aurait pu s’attendre à un retour au fonctionnement normal de notre démocratie et de nos institutions. Au lieu de quoi, le gouvernement maintient un état d’exception en prolongeant l’état d’urgence sanitaire pour deux mois supplémentaires, jusqu’au 24 juillet prochain.
Pour cette période, le Parlement est sommé en urgence d’abandonner des pouvoirs exorbitants à l’exécutif : celui pourrait décider seul, avec les conseils de comités de scientifiques qu’il a choisi, de restreindre les libertés publiques et d’organiser la reprise de l’activité économique et sociale. Même le Conseil d’Etat, jusqu’ici bien timoré, s’en émeut et pointe des dérogations aux dispositions légales de droit commun qui ne pourront se fonder sur les justifications avancées.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) s’inquiète que la nécessaire lutte contre la pandémie du Covid-19 et la gestion de la sortie du confinement s’inscrivent dans une continuité autoritaire du pouvoir, assortie d’un mépris de l’Etat de droit, notamment à travers la mise à l’écart du pouvoir législatif et la marginalisation d’une justice diminuée par une mise en sommeil.

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