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vendredi, novembre 6 2020

Covid, quand la psychose fait dérailler le monde

6 11 2020

Tract_Gallimard.jpg« Ce n’est pas la Covid-19 qui a mis le monde à terre, mais la psychose provoquée par ce virus », écrivent les auteurs.
L’émotion désordonnée avec laquelle les États-Unis et la plupart des grands pays d’Europe occidentale ont réagi à l’épidémie de Covid-19 restera dans l’Histoire comme un bel exemple de psychose collective. Dans l’adoration de ce nouveau veau d’or qu’est le «principe» de précaution, nous avons foulé aux pieds les valeurs les plus sacrées pour lesquelles se sont battus nos aînés. Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy livrent ici une réflexion d’ensemble largement nourrie de données internationales sur les conséquences médicales, sociales et économiques de l’événement.

vendredi, octobre 16 2020

Mouvements sociaux, liberté de manifestation

16 10 2020

manifestation_print-1.jpgDes cortèges du XIXe siècle aux Gilets jaunes d’aujourd’hui, la manifestation n’a cessé de susciter le débat. Parfois considérée comme un rassemblement séditieux, elle est aujourd’hui l’objet d’une liberté qui se traduit par un droit d’investir l’espace public pour faire valoir une revendication. Mais cette liberté est fragile, d’abord parce qu’elle s’exerce dans la rue – lieu où doit être garanti l’ordre public – et qu’elle impose ainsi une constante recherche d’équilibre entre la liberté d’expression et le maintien de l’ordre. Cette liberté est aussi fragile juridiquement car son régime repose sur un décret-loi de 1935 – texte de circonstance adopté à la suite des émeutes du 6 février 1934 – désormais intégré au Code de la sécurité intérieure. Le régime déclaratoire que ce décret met en place semble bien peu adapté à une époque où les manifestants se mobilisent sur les réseaux sociaux.

samedi, septembre 19 2020

Désirs d'Islam. Portraits d'une minorité religieuse en France

19 09 2020

Desirs_dislam.jpgL'islam de France a cessé de se faire discret. Les jeunes générations désirent lui faire une place et, à travers lui, affirmer leur identité, dénoncer les discriminations, voire contester un modèle de société. L’engouement religieux et le communautarisme menacent-ils pour autant les libertés individuelles, la cohésion sociale et la paix ? Guerres et attentats menés au nom du fondamentalisme ne sont pas propices à l’analyse raisonnée ; c’est à elle pourtant que prétend cet ouvrage. Ni angélisme ni alarmisme du côté des auteurs, plutôt une analyse des faits à partir d’enquêtes de terrain et de témoignages. On y croise des étudiantes voilées, des entrepreneurs, des mères d’élèves de quartier sensible, des jeunes actifs de retour d’un pèlerinage à la Mecque, des délinquants rejoignant un islam rigoriste, des jeunes repérés par la Protection judiciaire pour « radicalisation ». Les écouter, prendre au sérieux leurs opinions, comprendre leur cheminement et interroger leurs rapports à la société et à la République, voilà des clés pour éclairer le jugement, combattre quelques idées fausses et mieux vivre ensemble.

vendredi, septembre 18 2020

In Memoriam : Didier Lapeyronnie

18 09 2020

Didier_Lapeyronnie.jpegUne voix singulière et courageuse de la sociologie s’est éteinte le 12 septembre, à Bordeaux. Didier Lapeyronnie, né le 29 avril 1956 à Pomport (Dordogne), a été formé en science politique et en sociologie dans la capitale girondine. Il a été chargé de recherche au CNRS dans le laboratoire d’Alain Touraine à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), puis professeur à l’Université de Bordeaux et à Sorbonne Université. Jeune chercheur, Didier Lapeyronnie a mené des recherches sur le mouvements étudiant des années 1980 et, au début des années 1990, sur les mobilisations liées à la fin du communisme en Roumanie. Puis il a consacré l’essentiel de ses travaux aux « quartiers d’exil » où, depuis les années 1980, les immigrés et les plus pauvres d’entre nous ont remplacé la classe ouvrière et les employés, ces quartiers où éclataient régulièrement les « émeutes juvéniles » à la suite des violences policières.

J'ajoute pour ma part, d'abord que Didier était un grand professeur, qui a fait aimer la sociologie à des milliers d'étudiants, ensuite que c'était un homme simple, bon, extrêmement cultivé, bourré d'humour et un ami fidèle et attentionné.

Photo : babelio.com

jeudi, septembre 17 2020

In Memoriam : Dominique Kalifa

17 09 2020

dominique_kalifa.jpg« C’est un peuple à part, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, des êtres pervertis qui, répudiant toute contrainte, dépouillant toute vergogne, vivent en dehors de la société et n’y touchent que pour lui nuire ». Voleurs, assassins, escrocs, vagabonds, apaches, verseuses, anarchistes, bagnards, prostituées, surineurs, maraudeurs, vitrioleuses, invertis, fous, truqueurs et anormaux…
Combien de vies oubliées ou mutilées, d’existences obscures et fugitives, de figures viles et méprisées Dominique Kalifa (né en 1957 à Vichy et mort en 2020 à Brugheas), a-t-il sorties du royaume de l’ombre ? Dans l’angle mort de l’histoire, il s’était fait mission de lever le voile sur tout le peuple des bas-fonds. Et d’écrire, ce faisant, l’histoire du long XIXe siècle du point de vue des parias, non des vainqueurs. A rebours de l’historien traditionnel qui, souvent encore, n’a eu d’yeux que pour le règne, ennuyeux et trop sûr, des établis et des puissants.


Photo : inge.ch

mercredi, septembre 16 2020

Le nouveau capitalisme numérique

16 09 2020

Techno_feodalisme.jpgAu début des années 2020, le consensus de la Silicon Valley se délite. Inégalités folles, stagnation de la productivité, instabilité endémique… la nouvelle économie n’est pas advenue. Les algorithmes sont omniprésents, mais ce n’est pas pour autant que le capitalisme s’est civilisé. Au contraire. La thèse de ce livre est qu’avec la digitalisation du monde se produit une grande régression. Retour des monopoles, dépendance des sujets aux plateformes, brouillage de la distinction entre l’économique et le politique : les mutations à l’œuvre transforment la qualité des processus sociaux et donnent une actualité nouvelle au féodalisme. L’ouvrage commence par proposer une généalogie du consensus de la Silicon Valley et met en évidence les cinq paradoxes qui le minent. La thèse centrale est ensuite déroulée, rythmée par des développements sur les GAFA, les chaînes globales de valeur ou encore le système de crédit social chinois. Les grandes firmes se disputent le cyberspace pour prendre le contrôle sur des sources de données. Les sujets sont attachés à la glèbe numérique. Dans l’ordre économique qui émerge, les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation.

mercredi, septembre 9 2020

Ce que l’arnaque recèle

9 09 2020

L’affaire du « collier de la reine », la pyramide de Ponzi, les montages de Madoff ont été rendus possibles par des structures socio-économiques spécifiques. Ces passionnantes histoires de gogos ont trois composantes : l’escroc, ses victimes, un public.
Le titre du livre de Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques et économiste hétérodoxe, ne rend pas justice à l’originalité et à l’ampleur du travail de recherche accompli. En effet, son analyse dépasse totalement l’anecdotique et la réduction personnalisante pour montrer les structures socio-économiques qui ont rendu possibles ces grandes escroqueries. L’auteur se propose de mettre en évidence l’« équation de l’arnaque », à savoir l’ensemble des facteurs contextuels qui sous-tendent ces manipulations magistrales et expliquent leur réussite, dont certaines ont duré plusieurs décennies.

lundi, août 10 2020

La délinquance juvénile : réalités et prises en charge

10 08 2020

Insanyat.pngLa question de la délinquance juvénile, ses origines, son ampleur et son évolution, se pose aujourd’hui dans de très nombreux pays du monde. Mais la manière dont elle s’y pose varie en fonction des contextes historiques, socio-économiques, juridiques, politiques et culturels. Ce numéro d’Insaniyat prend dès lors un relief particulier. Pour la première fois dans ce domaine, des chercheurs (sociologues et psychologues pour la plupart) de sept pays méditerranéens se livrent à un exercice comparatif : Algérie, Espagne, France, Italie, Maroc, Mauritanie et Portugal. L’objectif est notamment de cerner les contours du phénomène de la délinquance des adolescents et d’évaluer les différents modes de prises en charges sociales, juridiques, psychologiques et médicales propres à chaque société.

lundi, juin 15 2020

Le Rapport d'activité 2019 du Défenseur des droits est en ligne

15 06 2020

Les 10 combats de l’année 2019 pour le Défenseur des droits ont été : 1) Un difficile accès aux services publics ; 2) La discrimination systémique reconnue ; 3) Lutter contre les violences faites aux enfants ; 4) Défendre les droits des ultra-marins ; 5) Parcoursup et l’accès à la formation ; 6) L’accès aux soins des plus vulnérables ; 7) Une sécurité respectueuse des libertés ; 8) Une ambition pour les lanceurs d’alerte ; 9) Le droit de l’enfant à l’éducation ; 10) Sensibiliser aux discriminations pour mieux les combattre.

jeudi, mai 14 2020

Que faire des interventions militaires dans le champ académique ?

14 05 2020

Réflexions sur la nécessaire distinction entre expertise et savoir scientifique.
Cet article pose des questions majeures pourtant rarement soulevées comme telles dans des revues d’histoire et plus généralement de sciences sociales : quels sont les effets des financements sur la recherche, surtout lorsqu’ils émanent des armées et des industries de l’armement ?
Dans ces domaines et sur ces sujets, une indépendance est-elle possible ?
Quelle frontière, si c’en est une, sépare l’expertise et les sciences sociales ? Le thème est grave et les auteurs de ce texte proposent de l’aborder à partir d’une démarche empirique précise : l’étude des bombardements « stratégiques » et la recherche sur le nucléaire .

Photo : francetvinfo.fr

lundi, février 24 2020

Marseille en résistances. Fin de règnes et luttes urbaines

24 02 2020

Marseille_en_resistances.jpgAprès Gouverner Marseille et Sociologie de Marseille Michel Péraldi, anthropologue et Michel Samson, journaliste, nous présentent Marseille en résistances. Fin de règnes et luttes urbaines (La découverte, 2019) à la veille de la désignation d'un nouvel édile à la tête de la municipalité.
Ce dernier travail ethno-journalistique s'inscrit dans les champs de la sociologie électorale, de la sociologie de l'action publique et de la sociologie urbaine. Il intéressera non seulement les chercheurs, étudiants, professionnels de la politique mais aussi les médias et leurs "clientèles" qui sont sensibilisés aux questions marseillaises.

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mercredi, février 5 2020

Plaidoyer contre la corruption, pour une République éthique

5 02 2020

Livre_JC_Picard.jpegCorruption, fraude fiscale, gaspillage de l’argent public… Les affaires continuent !
Avec l’explosion de la dette publique et le creusement des inégalités, le flot ininterrompu des scandales est de plus en plus insupportable. Leur coût est tel que même assumé par l’ensemble des contribuables, l’impact sur chacun est énorme : des impôts et taxes supplémentaires, des prestations sociales diminuées et des services publics de moins bonne qualité. Surtout, la succession des affaires abîme l’indispensable lien de confiance entre élus et électeurs.
Ce passionnant ouvrage ne se contente pas de dresser un état des lieux implacable des failles de notre République. Il évoque les solutions à mettre en oeuvre pour mettre fin aux abus. Président de la République, parlementaires, élus locaux, candidats, militants, citoyens… tous les acteurs de la vie politique ont un rôle à jouer ! Une République plus éthique est à portée de main. La recette qui déclenche tous les grands changements n’a besoin que de deux ingrédients : la colère et le courage. « La colère face aux choses telles qu’elles sont. Et le courage nécessaire pour les changer. »

samedi, janvier 11 2020

Enquête sur la jeunesse dans les ghettos noirs américains

11 01 2020

Livre_Alice_Goffman.jpgCette ethnographie est le fruit de six années d’enquête en immersion dans un quartier noir de Philadelphie frappé par les effets conjoints de la misère, de la délinquance et de la politique d’incarcération de masse.
Elle reconstitue l’existence précaire des jeunes hommes qui tentent de se soustraire à un harcèlement policier et judiciaire constant et dont l’ensemble des actions et relations, y compris les plus quotidiennes et les plus intimes, sont marquées par l’activité des agents du système pénal et par les pressions qu’ils exercent sur leurs familles et leurs proches. L’ampleur du déploiement policier et des incarcérations dans le secteur de la « 6e Rue » transforme les vies en profondeur, non seulement celle des jeunes hommes qui sont leurs cibles, mais aussi celle de leurs familles, de leurs compagnes et de leurs voisins.
Composant avec sensibilité et talent entre récit, notes de terrain et dialogues, Alice Goffman donne à comprendre ce que vit une communauté en fuite à l’heure où, aux États-Unis, un jeune Noir sur neuf est en prison contre moins de 2 % des jeunes Blancs.

mercredi, janvier 8 2020

Le sentiment d'insécurité des jeunes dans les transports franciliens

8 01 2020

Livre_Noble.jpgL'étude du sentiment d'insécurité est un champ de recherche pionnier et désormais traditionnel du CESDIP. Dans ce livre, Julien Noble nous présente une étude d'une dimension du sentiment d'insécurité, l'insécurité personnelle. Celle-ci consiste dans la peur d'être victime d'une agression ou d'une incivilité. Il s'agit d'une perception de ces menaces potentielles et non d'une réalité avérée.
L'ouvrage tend d'une part à expliquer le niveau de peur élevé dans les transports en commun mis en exergue notamment par l'IAU (institut d'aménagement et d'urbanisme) de Paris et l'ONDRP. Il vise d'autre part à appréhender l'ensemble des variations individuelles de l'insécurité personnelle. Dans cette perspective, l'auteur utilise le modèle dispositionnel conceptualisé par Bernard Lahire. Ce modèle théorique permet de rendre compte via l'incorporation du passé individuel des réactions différentes à une même situation de personnes apparemment semblables. Intégrant les dimensions situationnnelle et individuelle conditionnant les comportements humains, le modèle dispositionnel est testé à propos de l'insécurité personnelle dans les transports en commun.

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dimanche, janvier 5 2020

Justice et santé mentale

5 01 2020

Les relations entre justice et santé mentale, initialement explorées à travers l’expertise psychiatrique, ne se réduisent pas à la rencontre d’expert·e·s psychiatres et de magistrat·e·s. Elles impliquent une diversité d’actrices et d’acteurs à des échelles différentes, qui se croisent ponctuellement ou durablement dans des contextes variés. L’ambition de ce numéro et des sept contributions qui le constituent est de faire état d’un nouveau champ de recherches rendant compte de la diversité et de la complexité de ces relations. Loin de conclure à une pénalisation de la folie, à une médicalisation de la déviance, à une juridicisation/judiciarisation de la santé mentale, ou encore à une sanitarisation de la justice, ce numéro illustre la façon dont ces différentes évolutions conduisent à des recompositions institutionnelles de grande ampleur, bouleversant les pratiques et les parcours tant des professionnels que des personnes qui se retrouvent à l’intersection de ces deux mondes.

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