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vendredi, octobre 1 2021

Le nouveau Code de la justice pénale des mineurs

1 10 2021

Le_Code_de_la_justice_pe_nale_des_mineurs.jpgL’ordonnance n°45-174 du 2 février 1945 a été modifiée… quarante fois. Et la 40ème fut la dernière !
C’est par la loi n° 2019-2022 du 23 mars 2019, et un article ajouté à la hâte, que le Gouvernement a été autorisé à réformer la justice pénale des mineurs. En quelques mois, le Code de la justice pénale des mineurs était constitué, le texte ratifié par la loi n° 2021-218 du 26 février 2021 pour une entrée en vigueur le 30 septembre 2021. Cette refonte en profondeur (nouvelle procédure de mise à l’épreuve éducative, délais restreints, place prépondérante du Parquet) se confronte nécessairement au temps éducatif et questionne…
Comment les professionnels vont-ils continuer à exercer leurs missions dans cette organisation totalement rénovée ? A fortiori dans le cadre de la procédure nouvelle dite « d’audience unique » permettant de statuer dans un délai extrêmement bref, principalement pour les mineurs déjà connus ?

jeudi, août 5 2021

Surveiller et punir en pandémie

5 08 2021

Il est temps de relire les quelques pages que le philosophe Michel Foucault consacrait à la gestion politique des épidémies. La réalité biologique du coronavirus n’est pas la seule à agir sur les corps. Les réflexions de Michel Foucault dégagent deux modalités combinables de politiques sécuritaires qui disciplinent les corps et semblent se réaliser aujourd’hui dans le contexte politico-sanitaire.

dimanche, mai 30 2021

Pour une sociologie de la Corse

30 05 2021

Parce que la sociologie vise à comprendre comment les sociétés fonctionnent et se transforment, elle nous paraît une discipline fondamentale aujourd'hui en Corse. Robba a interrogé le sociologue Laurent Mucchielli sur son parcours, sa discipline et certaines des mutations de la société corse qui méritent aujourd'hui d'être documentées. On parle de dérive mafieuse, mais pas seulement...

mardi, avril 13 2021

L’islamisme en nos banlieues ? Amalgames et essentialisation

13 04 2021

L’idéologie jihadiste européenne est-elle directement importée du monde oriental ? L’islamisme dans nos banlieues est-il absolument résistant à la culture laïque et républicaine ? La recherche coordonnée par Bernard Rougier s’inscrit dans ce projet de renouveler les études sur l’islam de France, en collant au plus près aux contextes locaux (échelon municipal), voire micro-locaux (quartiers, barre d’immeubles), en relation avec des courants politico-religieux transnationaux (frérisme, salafisme, tablighisme, etc.).
Si l’intention et le projet du livre sont en tant que tels louables et pertinents, de par des exemples locaux et concrets donnés çà et là, la démarche, elle, pèche trop souvent par un appareillage théorique fragile et une méthodologie discutable en maints aspects. L’ouvrage entretient une confusion récurrente entre conquête idéologique et emprise territoriale, au sens où règneraient dans « les ghettos urbains » des brigades de mœurs qui imposeraient, par la force, l’observance stricte de la loi religieuse aux habitants des quartiers.

mercredi, avril 7 2021

Modéliser la diffusion de la Covid. Les enjeux et limites des modèles

7 04 2021

La_diffusion_du_covid.jpgDans le contexte exceptionnel de la pandémie du SARS-Cov2, les modèles ont fait une entrée fracassante dans le paysage médiatique. Les chercheurs et chercheuses dans ces domaines ont été projetés au-devant de la scène, et ont dû assumer une responsabilité politique à laquelle ils ou elles n’étaient pas habituées. La diffusion de la Covid-19. Que peuvent les modèles ? de Juliette Rouchier et Victorien Barbet, entend apporter à un public non-expert des outils d’analyse des modèles et de leurs résultats. Leur volonté est notamment de mettre en garde contre leur sur- et sous-interprétation puisque « pour ceux qui les créent et les utilisent, ils sont souvent vus comme plus puissants qu’ils ne le méritent ; et inversement pour ceux qui se méfient de cette forme de démonstration, le rejet est souvent total, donc indistinct, ce qui est parfois aussi dommageable qu’une trop grande confiance ». L’auteur et l’autrice, tous deux économistes, sont spécialisées en simulation agent, et appliquent dans cet ouvrage leur expertise aux simulations et modèles épidémiologiques de la Covid-19.

lundi, janvier 25 2021

Du danger des monopoles, de retour aux USA

25 01 2021

The_great_reversal.jpgL’Amérique a-t-elle depuis vingt ans trahi l’économie de libre concurrence au moment même où l’Europe en redécouvrait les vertus ? Telle est la question à laquelle Thomas Philippon tente de répondre dans cet ouvrage. Et sa réponse est limpide : depuis 2000 environ, la concurrence a dépéri aux États-Unis : la concentration s’est accrue dans presque tous les secteurs ainsi que les profits. Cette évolution a conduit à des prix plus élevés pour le consommateur, à des salaires plus bas et des inégalités plus élevées, à moins d’investissement et de croissance. Elle est due à un relâchement des autorités de régulation, moins vigilantes sur les fusions, acquisitions et barrières à l’entrée diverses. Ce relâchement résulte de la capture de la régulation et de la décision publique par les lobbies du monde des affaires, à travers leur influence croissante sur le financement du monde politique.

lundi, janvier 18 2021

Les capitalismes à l’épreuve de la pandémie

18 01 2021

Livre_Boyer.jpgLa thèse principale de l’ouvrage est que la pandémie accélère deux tendances à l’œuvre depuis le début du XXIe siècle. Il s’agit d’une part du développement de ce que l’auteur nomme le « capitalisme de plateforme » qui propose des services numériques et logistiques accessibles à distance et fonctionne de manière oligopolistique autour de quelques acteurs clés profitant des rendements d’échelle exceptionnelles de ces activités. D’autre part, on voit s’affirmer encore plus « une myriade de capitalismes à impulsion étatique », tendance principalement caractérisée par l’accroissement des prérogatives des États-nation dans le domaine économique. Dès l’énoncé de sa thèse, Robert Boyer anticipe la critique que l’on ne manquera pas de lui opposer : n’y a-t-il pas une contradiction entre l’avènement d’un capitalisme de plateforme qui tire pour beaucoup sa force de l’internationalisation des activités, et le prétendu retour du pouvoir économique des États ?

vendredi, novembre 6 2020

Covid, quand la psychose fait dérailler le monde

6 11 2020

Tract_Gallimard.jpg« Ce n’est pas la Covid-19 qui a mis le monde à terre, mais la psychose provoquée par ce virus », écrivent les auteurs.
L’émotion désordonnée avec laquelle les États-Unis et la plupart des grands pays d’Europe occidentale ont réagi à l’épidémie de Covid-19 restera dans l’Histoire comme un bel exemple de psychose collective. Dans l’adoration de ce nouveau veau d’or qu’est le «principe» de précaution, nous avons foulé aux pieds les valeurs les plus sacrées pour lesquelles se sont battus nos aînés. Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy livrent ici une réflexion d’ensemble largement nourrie de données internationales sur les conséquences médicales, sociales et économiques de l’événement.

vendredi, octobre 16 2020

Mouvements sociaux, liberté de manifestation

16 10 2020

manifestation_print-1.jpgDes cortèges du XIXe siècle aux Gilets jaunes d’aujourd’hui, la manifestation n’a cessé de susciter le débat. Parfois considérée comme un rassemblement séditieux, elle est aujourd’hui l’objet d’une liberté qui se traduit par un droit d’investir l’espace public pour faire valoir une revendication. Mais cette liberté est fragile, d’abord parce qu’elle s’exerce dans la rue – lieu où doit être garanti l’ordre public – et qu’elle impose ainsi une constante recherche d’équilibre entre la liberté d’expression et le maintien de l’ordre. Cette liberté est aussi fragile juridiquement car son régime repose sur un décret-loi de 1935 – texte de circonstance adopté à la suite des émeutes du 6 février 1934 – désormais intégré au Code de la sécurité intérieure. Le régime déclaratoire que ce décret met en place semble bien peu adapté à une époque où les manifestants se mobilisent sur les réseaux sociaux.

samedi, septembre 19 2020

Désirs d'Islam. Portraits d'une minorité religieuse en France

19 09 2020

Desirs_dislam.jpgL'islam de France a cessé de se faire discret. Les jeunes générations désirent lui faire une place et, à travers lui, affirmer leur identité, dénoncer les discriminations, voire contester un modèle de société. L’engouement religieux et le communautarisme menacent-ils pour autant les libertés individuelles, la cohésion sociale et la paix ? Guerres et attentats menés au nom du fondamentalisme ne sont pas propices à l’analyse raisonnée ; c’est à elle pourtant que prétend cet ouvrage. Ni angélisme ni alarmisme du côté des auteurs, plutôt une analyse des faits à partir d’enquêtes de terrain et de témoignages. On y croise des étudiantes voilées, des entrepreneurs, des mères d’élèves de quartier sensible, des jeunes actifs de retour d’un pèlerinage à la Mecque, des délinquants rejoignant un islam rigoriste, des jeunes repérés par la Protection judiciaire pour « radicalisation ». Les écouter, prendre au sérieux leurs opinions, comprendre leur cheminement et interroger leurs rapports à la société et à la République, voilà des clés pour éclairer le jugement, combattre quelques idées fausses et mieux vivre ensemble.

vendredi, septembre 18 2020

In Memoriam : Didier Lapeyronnie

18 09 2020

Didier_Lapeyronnie.jpegUne voix singulière et courageuse de la sociologie s’est éteinte le 12 septembre, à Bordeaux. Didier Lapeyronnie, né le 29 avril 1956 à Pomport (Dordogne), a été formé en science politique et en sociologie dans la capitale girondine. Il a été chargé de recherche au CNRS dans le laboratoire d’Alain Touraine à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), puis professeur à l’Université de Bordeaux et à Sorbonne Université. Jeune chercheur, Didier Lapeyronnie a mené des recherches sur le mouvements étudiant des années 1980 et, au début des années 1990, sur les mobilisations liées à la fin du communisme en Roumanie. Puis il a consacré l’essentiel de ses travaux aux « quartiers d’exil » où, depuis les années 1980, les immigrés et les plus pauvres d’entre nous ont remplacé la classe ouvrière et les employés, ces quartiers où éclataient régulièrement les « émeutes juvéniles » à la suite des violences policières.

J'ajoute pour ma part, d'abord que Didier était un grand professeur, qui a fait aimer la sociologie à des milliers d'étudiants, ensuite que c'était un homme simple, bon, extrêmement cultivé, bourré d'humour et un ami fidèle et attentionné.

Photo : babelio.com

jeudi, septembre 17 2020

In Memoriam : Dominique Kalifa

17 09 2020

dominique_kalifa.jpg« C’est un peuple à part, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, des êtres pervertis qui, répudiant toute contrainte, dépouillant toute vergogne, vivent en dehors de la société et n’y touchent que pour lui nuire ». Voleurs, assassins, escrocs, vagabonds, apaches, verseuses, anarchistes, bagnards, prostituées, surineurs, maraudeurs, vitrioleuses, invertis, fous, truqueurs et anormaux…
Combien de vies oubliées ou mutilées, d’existences obscures et fugitives, de figures viles et méprisées Dominique Kalifa (né en 1957 à Vichy et mort en 2020 à Brugheas), a-t-il sorties du royaume de l’ombre ? Dans l’angle mort de l’histoire, il s’était fait mission de lever le voile sur tout le peuple des bas-fonds. Et d’écrire, ce faisant, l’histoire du long XIXe siècle du point de vue des parias, non des vainqueurs. A rebours de l’historien traditionnel qui, souvent encore, n’a eu d’yeux que pour le règne, ennuyeux et trop sûr, des établis et des puissants.


Photo : inge.ch

mercredi, septembre 16 2020

Le nouveau capitalisme numérique

16 09 2020

Techno_feodalisme.jpgAu début des années 2020, le consensus de la Silicon Valley se délite. Inégalités folles, stagnation de la productivité, instabilité endémique… la nouvelle économie n’est pas advenue. Les algorithmes sont omniprésents, mais ce n’est pas pour autant que le capitalisme s’est civilisé. Au contraire. La thèse de ce livre est qu’avec la digitalisation du monde se produit une grande régression. Retour des monopoles, dépendance des sujets aux plateformes, brouillage de la distinction entre l’économique et le politique : les mutations à l’œuvre transforment la qualité des processus sociaux et donnent une actualité nouvelle au féodalisme. L’ouvrage commence par proposer une généalogie du consensus de la Silicon Valley et met en évidence les cinq paradoxes qui le minent. La thèse centrale est ensuite déroulée, rythmée par des développements sur les GAFA, les chaînes globales de valeur ou encore le système de crédit social chinois. Les grandes firmes se disputent le cyberspace pour prendre le contrôle sur des sources de données. Les sujets sont attachés à la glèbe numérique. Dans l’ordre économique qui émerge, les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation.

mercredi, septembre 9 2020

Ce que l’arnaque recèle

9 09 2020

L’affaire du « collier de la reine », la pyramide de Ponzi, les montages de Madoff ont été rendus possibles par des structures socio-économiques spécifiques. Ces passionnantes histoires de gogos ont trois composantes : l’escroc, ses victimes, un public.
Le titre du livre de Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques et économiste hétérodoxe, ne rend pas justice à l’originalité et à l’ampleur du travail de recherche accompli. En effet, son analyse dépasse totalement l’anecdotique et la réduction personnalisante pour montrer les structures socio-économiques qui ont rendu possibles ces grandes escroqueries. L’auteur se propose de mettre en évidence l’« équation de l’arnaque », à savoir l’ensemble des facteurs contextuels qui sous-tendent ces manipulations magistrales et expliquent leur réussite, dont certaines ont duré plusieurs décennies.

lundi, août 10 2020

La délinquance juvénile : réalités et prises en charge

10 08 2020

Insanyat.pngLa question de la délinquance juvénile, ses origines, son ampleur et son évolution, se pose aujourd’hui dans de très nombreux pays du monde. Mais la manière dont elle s’y pose varie en fonction des contextes historiques, socio-économiques, juridiques, politiques et culturels. Ce numéro d’Insaniyat prend dès lors un relief particulier. Pour la première fois dans ce domaine, des chercheurs (sociologues et psychologues pour la plupart) de sept pays méditerranéens se livrent à un exercice comparatif : Algérie, Espagne, France, Italie, Maroc, Mauritanie et Portugal. L’objectif est notamment de cerner les contours du phénomène de la délinquance des adolescents et d’évaluer les différents modes de prises en charges sociales, juridiques, psychologiques et médicales propres à chaque société.

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