Quartiers, "ghettos", émeutes, politique de la ville

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samedi, novembre 2 2019

Le retour des violences urbaines (et de ceux qui n’y comprennent rien)

2 11 2019

Quelques nuits agitées en termes d’ordre public dans des quartiers des Yvelines et voilà revenu le spectre des Violences urbaines. Du pain béni pour les chaînes d’information continue et leur logorrhée anxiogène en lieu et place d’une analyse posée qui permettrait de mieux comprendre et donc de mieux gérer le phénomène. Curieusement d’ailleurs, sur le sujet on laisse à penser que nous découvrons ce type de crise alors que le pays est en proie à ces révoltes ponctuellement depuis près de 40 ans.
Les violences urbaines, soudaines et généralement lourdes de conséquences, ont toujours étés une source d’inquiétude légitime pour les pouvoirs publics. Du point de vue de l’image, qui fait la démonstration d’une forme d’impuissance momentanée de la force publique, mais également du point de vue de l’analyse du phénomène. Pendant des années on n’a pas su comment apporter une bonne réponse, que ce soit en matière d’ordre public ou en judiciarisant l’évènement. Une échelle de la violence (l’échelle du commissaire Bui-Trong) a même un temps été créée par les Renseignements généraux dans les années 90.

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mardi, février 12 2019

Les minots, des jeunes dans les trafics de drogues à Marseille

12 02 2019

Les_minots.jpegRomain Capdepon, lauréat "Enquête" du prix Varenne 2016, est chef de la rubrique Police-Justice dans le quotidien régional La Provence. Son premier ouvrage Les minots présente une enquête menée à Marseille autour d'un homicide entre malfaiteurs.
À l'automne 2010, sur fond de trafic de stupéfiants, un règlement de comptes perpétré dans une cité des quartiers Nord de Marseille à l'aide de kalachnikov a causé la mort d'un adolescent de 16 ans et blessé un enfant de 11 ans. À ce jour, ce dernier est la plus jeune victime des trafics de stupéfiants. Il s'agit d'une victime collatérale : elle n'était pas la cible de la fusillade mortelle, elle était présente au mauvais endroit au mauvais moment. Elle est le principal témoin du crime.

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dimanche, février 10 2019

Que sont devenus les premiers quartiers de la politique de la ville ?

10 02 2019

Que sont devenus les premiers quartiers de la politique de la ville ? C’est ce que le Conseil national des villes (CNV) a souhaité comprendre en lançant une étude pour examiner comment la succession des interventions publiques locales et nationales depuis les années soixante-dix a permis de modifier en profondeur la morphologie de ces quartiers et la vie quotidienne de leurs habitant(e)s.
Les 103 quartiers analysés dans le cadre de l’étude se répartissent entre toutes les ex-régions métropolitaines (à l’exception de la Corse et du Limousin) et 50 départements.
L’étude examine les évolutions des sites au regard de leur inscription dans les dispositifs de la politique de la ville qui se sont succédés depuis HVS, puisque la quasi-totalité d’entre eux en a bénéficié, ce qui permet de dégager cinq « trajectoires-types ».

lundi, janvier 21 2019

Données sur les quartiers de la politique de la ville

21 01 2019

Dans le cadre de la refonte de la politique de la ville, une nouvelle géographie prioritaire a été mise en place. Les nouveaux quartiers sont officiels depuis le 1ᵉʳ janvier 2015. Les modalités de réforme de la géographie prioritaire de la politique de la ville sont définies, pour la métropole, dans le décret n°2014-767 du 3 juillet 2014 relatif à la liste nationale des quartiers de la politique de la ville et à ses modalités particulières de détermination dans les départements métropolitains. Pour les départements d'outre-mer, Saint-Martin et la Polynésie française, elles sont détaillées dans le décret n° 2014-1575 du 22 décembre 2014. Ces périmètres viennent se substituer aux zones urbaines sensibles (Zus) et aux quartiers en contrat urbain de cohésion sociale (Cucs) à compter du 1ᵉʳ janvier 2016.

samedi, décembre 29 2018

50 ans après : actualités du droit à la ville d’Henri Lefebvre

29 12 2018

Le_droit_a_la_ville.jpgDans Le Droit à la ville, Henri Lefebvre reprenait l’idée d’une « utopie expérimentale » qui s’appuie sur les « besoins sociaux » d’une « société urbaine » – et qu’il avait formulée dès 1961 en appelant à un « nouvel urbanisme ». Il défendait surtout la nécessité d’une participation active et transversale des citadins à l’ensemble des étapes de la production de la ville, y compris lors des décisions. D’une manière générale, son approche s’inscrivait en faux contre la planification fonctionnaliste et centrée sur des critères économiques de l’État-providence, dominante à l’époque.
Les enjeux de ces usages contemporains du droit à la ville dépassent donc le débat théorique. 50 ans après la première parution de l’ouvrage, les universitaires, les acteurs publics, mais aussi les associations d’habitants ou d’usagers et les mouvements citadins, voire certaines institutions nationales ou internationales, se sont diversement emparés du concept.

jeudi, décembre 20 2018

Les jeunes des quartiers prioritaires désavantagés sur les contrats aidés et l’alternance

20 12 2018

À caractéristiques identiques, sur la période 2010-2016 étudiée, les jeunes en insertion des quartiers prioritaires accèdent moins aux contrats en alternance après une période de chômage ou d’inactivité. On retrouve ici les obstacles généraux d’accès au marché du travail. Ce type de contrat ressemble davantage à un contrat classique qu’à un contrat aidé : les jeunes des quartiers prioritaires se trouvent en concurrence avec les autres jeunes de la zone d’emploi. Contrairement aux contrats aidés, les aides versées aux entreprises ne ciblent pas particulièrement les jeunes des quartiers prioritaires, et ne les incitent donc pas à les embaucher.

vendredi, décembre 7 2018

Genèse de la révolution conservatrice américaine : les mobilisations blanches contre le busing

7 12 2018

Why_busing_failed.jpgLa déségrégation sous toutes ses formes est à la genèse de la révolution conservatrice américaine dont l’élection de Trump constitue le point culminant jusqu’ici. Celle des écoles, clairement, prend une signification toute particulière qu’analyse de manière exhaustive et richement documentée l’historien Matthew Delmont dans son ouvrage Why Busing Failed : Race, Media and the National Resistance to School Desegregation (Oakland : University of California Press, 2016).
Saluons d’abord l’ambition de M. Delmont, qui fournit là la première véritable étude nationale de ce phénomène de busing, où il s’est agi d’envoyer des bus entiers de blancs dans des quartiers noirs et des noirs dans des quartiers blancs, dans le but de respecter les injonctions de la cour suprême et des tribunaux locaux, touchant à la déségrégation du système scolaire, imposée au départ par l’arrêt Brown vs. Board of Education (1954). Outre les foyers de résistance au busing les plus notoires, celui de Boston par exemple, Matt Delmont analyse les mobilisations contre le busing à New York, dans le Chicago du ‘Boss’ Richard J. Daley, mais aussi dans le sud, voire dans l’ouest (Denver, San Francisco, etc.).

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lundi, novembre 12 2018

Comment la rénovation urbaine transforme les classes populaires

12 11 2018

Si plusieurs enquêtes ont souligné les effets sur les mobilités et sur le peuplement de la politique contemporaine de rénovation urbaine instaurée par la loi « Borloo » de 2003, peu de travaux se sont penchés sur la manière dont elle affecte les pratiques, les représentations et les modes de vie des habitants de ces quartiers. C’est ce point aveugle de la recherche que ce texte propose d’éclairer, à partir d’une enquête conduite pendant six ans (2006-2012) dans le grand ensemble des Minguettes, en banlieue populaire lyonnaise. À partir d’une diversité d’outils d’investigation – entretiens approfondis avec des habitants, avec les agents chargés de mettre en œuvre la rénovation, analyse statistique du peuplement et des mobilités, observations directes et archives –, cette recherche analyse la manière dont la rénovation urbaine affecte les classes populaires des cités HLM.

lundi, avril 30 2018

Les propositions de J.-L. Borloo pour faire renaître la politique de la ville

30 04 2018

Recréer de la cohésion sociale dans les quartiers de la politique de la ville, c’est l’objectif du plan Borloo et de ses 19 programmes, élaboré en lien avec les acteurs de la politique de la ville, les associations d’élus locaux. Ceux-ci, depuis des mois, alertent sur l’aggravation de la situation sur le terrain, le manque de moyens, le risque d’embrasement de certains quartiers les plus en difficulté.
« L’inefficacité, l’éparpillement, l’absence de définition claire de stratégie et de méthode créent de l’incompréhension, faisant croire à des dépenses avec peu de résultats. Les correctifs, mis en place il y a plus de 10 ans, se sont étiolés et estompés : la rénovation urbaine s’est totalement arrêtée depuis 4 ans, le programme de réussite éducative baisse, les zones franches urbaines ont été vidées de leur substance, le fond de cohésion sociale a quasiment disparu, le soutien à l’apprentissage et le plan de services à la personne ont été très réduits », pointe le rapport en introduction.

mercredi, avril 18 2018

De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires

18 04 2018

Dans le cadre d’une vaste enquête réalisée auprès de 7 000 lycéens visant à mesurer leur degré d’adhésion à des thèses et pratiques radicales, l’INJEP participe plus spécifiquement au volet portant sur le sentiment d’injustice et de discrimination. Les résultats font apparaître un puissant désir de réussite de la part de lycéens déclarant pourtant subir de multiples injustices et discriminations. La forte adhésion des jeunes des quartiers populaires au modèle d’intégration, qui est censé garantir l’égalité des chances à chacun quelle que soit sa place sur le territoire français, peut toutefois engendrer de profondes frustrations en cas de défaillance de ce principe d’égalité.

jeudi, avril 5 2018

Rénovation urbaine : le dossier de Métropolitiques

5 04 2018

Dossier_renovation_urbaine.jpgDepuis le début des années 2000, les quartiers prioritaires des politiques de la ville sont engagés dans un processus de profonde transformation, dans le cadre du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) instauré par la loi du 1er août 2003. Présenté par son promoteur d’alors, Jean-Louis Borloo, comme « le plus grand chantier du siècle » et soutenu par de lourds investissements financiers (47 milliards au 1er février 2018), ce programme repose sur une condamnation du modèle urbain des grands ensembles, la refonte de la trame urbaine de ces quartiers populaires et une transformation massive de l’offre de logements. Alors que le PNRU est en voie d’achèvement et qu’un Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU), moins ambitieux mais reprenant ses principaux postulats, a été adopté, Métropolitiques propose de revenir sur les origines, les effets et les enjeux politiques, sociaux et territoriaux de la rénovation urbaine.

dimanche, octobre 1 2017

40 ans de politique de la ville : des pratiques aux idées

1 10 2017

La_politique_de_la_ville_livre.jpgAlors que les tensions sociales « en banlieue » se sont rappelées aux médias et aux élus, à travers la violence des confrontations entre forces de police et jeunesse des quartiers populaires depuis plusieurs mois, la « politique de la ville » a été très peu présente dans les récents débats de la campagne présidentielle 2017. Ce silence peut sembler assourdissant au regard des enjeux et des questions scientifiques et politiques que pose pourtant cet objet depuis bien des années déjà. La publication d’un ouvrage collectif, issu du séminaire « Politiques de la ville : idéologies et réalité » tenu en 2008/2009 à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine, offre le point de vue de chercheurs et de professionnels.

mardi, septembre 12 2017

Politique de la ville : la colère froide des acteurs locaux

12 09 2017

Logo_Gazette_des_communes.png« Il y a une forme de mépris de la part de l’exécutif qui nous met tous en colère, peste cet élu de banlieue, vieux routier de la politique de la ville. Le mépris, c’est d’annoncer en plein milieu de l’été que les quartiers prioritaires se font amputer de 46,5 millions d’euros de crédit. Mais c’est aussi que depuis lors, toutes nos sollicitations auprès de l’Elysée sont restées lettre morte ». A l’instar de ce maire en rogne, les élus et les professionnels de banlieue ne décolèrent pas depuis la publication du décret du 20 juillet 2017 amputant le budget de la politique de la ville de 11%.
A « Ville et banlieue », où les maires se disent « stupéfaits et atterrés » et appellent le gouvernement à rétablir les moyens pour 2017, 83 élus d’exécutifs de communes et d’intercommunalités ont d’ores et déjà signés la « lettre ouverte au président de la République », mise en ligne dès le début du mois d’août. Une lettre qui, à ce jour, n’a toujours pas reçu de réponse, « ni le moindre accusé de réception » souligne-t-on à l’association.

mardi, mai 9 2017

Rapport 2016 de l'Observatoire National de la Politique de la Ville

9 05 2017

marseille-quartier-hlm.jpgL'observatoire national de la politique de la ville a rendu son rapport pour l'année 2016 le 6 avril. Parmi les trois études thématiques, l'une est consacrée aux premiers effets de la rénovation urbaine sur la diversification de l'habitat et la mixité sociale.
L’un des objectifs principaux du programme national de renouvellement urbain était d’accroitre la mixité sociale des quartiers, en renouvelant l’offre de logements, et en améliorant leur attractivité. De premières études, notamment réalisées dans le cadre du Comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU, qui a été fusionné au sein de l’Observatoire national de la politique de la ville, ont démontré que si le cadre de vie des habitants avait bien été amélioré, la composition sociale des quartier ne se modifie pas seulement à coup de pelleteuses.

Photo : lagazettedescommunes.com

vendredi, février 10 2017

Quand les politiques sécuritaires se veulent participatives

10 02 2017

policiers_en_patrouille.jpgLes zones de sécurité prioritaires (ZSP) ont fait grand bruit lors de leur lancement en 2012 et 2013. À Marseille, leur mise en place fait suite auxdites « vagues de règlements de compte » que connaît la ville depuis quelques années. Elle répond à la demande politique et médiatique sans prendre en compte l’apport des recherches récentes (Mucchielli 2013). Ce nouveau dispositif associe les forces de police et les acteurs institutionnels, sociaux et associatifs dans la construction d’une « approche globale » face aux questions de la « délinquance », dans les 80 cités identifiées par la préfecture de police. Notre enquête de neuf mois, réalisée dans un quartier populaire de Marseille, a montré comment, à l’échelle micro-locale, se dessine une participation sécuritaire : le dispositif policier, par sa forme participative, a pour effet de diffuser les normes policières auprès des acteurs sociaux.

Photo : efus.eu

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