Santé publique

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jeudi, novembre 12 2020

Mortalité Covid en France : ce que nous apprennent les chiffres

12 11 2020

Dans cet article, les auteurs étudient la mortalité générale (toutes causes confondues) afin d’évaluer l’impact réel de la crise du Covid. Ils rappellent que la mortalité tend à augmenter depuis quinze ans, en lien avec le vieillissement continu de la population. Ils tentent ensuite d’évaluer la surmortalité de l’année 2020 après le pic épidémique de mars-avril. En tenant compte de l’augmentation de la population, ainsi que des pics de canicule passés inaperçus lors de l'été, ils montrent que, du 1er mai au 26 octobre, la surmortalité de l’année 2020 par rapport à l’année précédente n’est pour le moment que d’environ 1,3%. Ils confirment enfin que le grand âge et les comorbidités sont bien les facteurs clefs de la mortalité liée à la Covid. Ils discutent à partir de là la justification de mesures telles que le reconfinement général qui mettent en danger la bonne santé de l’ensemble de la population.

mardi, novembre 10 2020

Comment les gouvernements dégradent l'hôpital public depuis la fin des années 1970

10 11 2020

Dans cet épisode, je m'entretiens avec Fanny Vincent qui est maitresse de conférences en science politique à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et chercheuse au laboratoire Triangle. Elle travaille en sociologie de la santé et du travail sur les effets des réformes et des impératifs économiques sur le travail soignant, l’organisation des soins et les prises en charge des patient.e.s. Sa thèse portait sur la banalisation du travail en 12 heures d’affilée à l’hôpital public et la dégradation des conditions de travail des soignant.e.s. En novembre 2019, elle a publié avec Pierre-André Juven et Frédéric Pierru La casse du siècle. A propos des réformes de l’hôpital public (éditions Raisons d’Agir), un travail qui permet de mettre en perspective la crise actuelle de l’hôpital public.

samedi, octobre 31 2020

Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation

31 10 2020

On aurait pu penser qu’avec la vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.
3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012.

vendredi, octobre 30 2020

Mortalité internationale du Covid : vulnérabilités et climat essentiels, sans lien avec le confinement

30 10 2020

Dans une étude qui vient d’être acceptée pour publication, cinq chercheurs français (Quentin De Larochelambert, Andy Marc, Juliana Antero, Eric Le Bourg et Jean-François Toussaint) ont étudié les statistiques de la mortalité liée au Covid à l’échelle internationale. Les résultats mettent en évidence les principaux facteurs de vulnérabilité physiologique qui impactent tout particulièrement les pays occidentaux les plus développés et les plus vieillissants de l’hémisphère nord. Ces sociétés comptent en effet une part plus importante de personnes très âgées au système immunitaire affaibli. Leurs modes de vie favorisent la sédentarité, l’inactivité et l'obésité, augmentant ainsi les risques d'hypertension, de diabète et de maladies cardiovasculaires (co-morbidités les plus fréquemment associées aux formes sévères et à la mortalité du Covid-19). Face à la puissance de ces facteurs, les actions des États – telles que le confinement général de la population – ne montrent aucune association déterminante sur l’évolution de la mortalité.

mercredi, octobre 28 2020

Epidémiologie du Covid-19. Entretien avec Laurent Toubiana (INSERM)

28 10 2020

Laurent Toubiana est chercheur en épidémiologie à l’INSERM depuis près de 30 ans. Il a notamment beaucoup travaillé sur les maladies infectieuses. Dans ce long entretien, il explique en détail les pièges de l’analyse statistique (à quels indicateurs se fier ?), les erreurs des modélisateurs-catastrophistes et les mécanismes de l’épidémie (notamment l’immunité collective).

lundi, septembre 7 2020

Face au Covid : cessons d’avoir peur, redonnons confiance à la population

7 09 2020

L'analyse des statistiques sanitaires montre que l'épidémie a beaucoup évolué. La mortalité et les hospitalisations se sont considérablement réduites. Le virus continue à circuler mais sous une forme moins virulente et seulement dans certaines régions plus urbaines et plus touristiques. L'alarmisme anxiogène qui prévaut toujours dans la communication officielle n'est donc pas fondé.

vendredi, août 28 2020

Covid19 : quelles conséquences tirer pour réformer notre système de santé ?

28 08 2020

Reforme_globale_de_la_sante.jpgLa première leçon concerne la restructuration de l’hôpital, dont la crise du Covid19 a démontré la forte réactivité, la capacité d’innovation et de mobilisation de l’ensemble des ressources lorsqu’il est libéré du carcan managérial et technocratique habituel. Pour que cette situation devienne la norme et non l’exception, trois mesures sont à prendre.

La prise de contrôle de la gouvernance du système de santé par l’administration française a conduit le système à fonctionner selon les deux grands principes de cette dernière, déjà décrits par Michel Crozier dans les années 80. Sortir de cette gouvernance technocratique centralisée (représentée par les CNP, ARS, GHT…) est la véritable rupture à opérer dans la réforme systémique. Il faut définir dans la loi, de façon napoléonienne, des territoires géographiques de santé à l’échelle desquels une démocratie sanitaire pilotera l’offre de santé au plus près des besoins de santé.

dimanche, août 23 2020

2020 ou la crise du bon sens

23 08 2020

En cette année 2020, un tout petit parasite a trouvé un créneau et s’est autorisé à se répandre à la surface du globe. Il a beaucoup perturbé l’espèce humaine qui régnait en maître sur la planète, ou qui pensait le faire. Ce qui surprend le plus certains observateurs, davantage que les dégâts que ce virus provoque dans les poumons, les vaisseaux sanguins et parfois le système nerveux de ceux qu’il infecte, ce sont les ravages qu’il est capable d’infliger à bon nombre de ceux chez qui il n’a pas pénétré. Chez ceux-là, il a un effet dévastateur à distance sur leur centre du bon sens, que les neuro-anatomistes n’ont pas encore bien localisé. L’altération de cet organe entraîne une pathologie complexe du bon sens, la bonsensite, qui se caractérise par une inaptitude soudaine à se plier aux règles de la statistique et à la compréhension de principes physiques, biologiques et microbiologiques de base, mais elle se manifeste également par une perte de la faculté de percevoir les contradictions, les incohérences, les aberrations et les propositions irréalistes dans l’élaboration des principes de gestion d’une pandémie. Les risques liés à cette pathologie pourraient entraîner des conséquences bien plus graves que la pandémie elle-même.

lundi, août 17 2020

Covid : anatomie d’une crise sanitaire

17 08 2020

Couv_livre_JDM.jpgL’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel fait partie de ces rares intellectuels qui, non seulement ne partagent pas les peurs et les opinions imposées par la communication gouvernementale et les médias dominants, mais de surcroît ont le courage de l’exprimer publiquement. Son propos est celui d’un chercheur en sciences sociales spécialiste des questions de santé, à cheval sur la France et la Suisse, doté d’une longue expérience. Il est très argumenté et s’appuie en notes de bas de page sur une importante bibliographie médicale internationale, inconnue de la plupart des commentateurs français. Nonobstant les quelques imperfections de forme et malgré la personnification du propos et les digressions inutiles qui en découlent, son livre se lit facilement et s’avère d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions de fond discutées. Citons notamment la connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, la critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, l’état actuel de la recherche médicale, la corruption par l’industrie pharmaceutique, la question du traitement du Covid, les questions de santé publique en général.

samedi, juillet 25 2020

Raconter l’histoire de la crise sanitaire du point de vue de la « première ligne »

25 07 2020

Couv_Politis_Basta.jpgQue restera-t-il dans quelques années de ce que nous venons de vivre ? Déjà nous commençons à oublier les interdictions de circuler ou de se réunir, les attestations à remplir, la peur de la pénurie, le décompte des morts. Nous avons hâte que le monde se remette à tourner comme avant – écoles, transports, travail ou vacances – tout en espérant éviter un retour à « l’anormal ».
Alors que nous émergeons de cette parenthèse confinée, ce hors-série s’est imposé à nous. Les rédactions de Basta ! et de Politis se sont coordonnées pour proposer une information indépendante sur la pandémie. Nous avons voulu rassembler des articles écrits durant ces quelques mois pour embrasser ce qui a marqué nos rédactions. Garder en mémoire les visages, les paroles, les témoignages qui nous ont bouleversé·es.

lundi, juillet 20 2020

Au cœur de la crise du Covid : un service hospitalier d’urgence dans le Haut-Rhin

20 07 2020

Ma_guerre_du_Covid.jpgClaudia Chatelus (49 ans) est médecin au service des urgences de l’hôpital Pasteur de Colmar, préfecture du Haut-Rhin. Ce département – et plus largement la Région du Grand Est – a été le premier à être massivement impacté par l’épidémie de coronavirus à la suite du rassemblement de quelques 2 000 évangélistes qui eut lieu à Mulhouse (autre ville alsacienne située à environ 40 km) entre le 17 et le 24 février, dans une structure fermée favorisant la propagation du virus. Durant la crise, cet hôpital de Colmar a accueilli 748 malades du Covid, avec un taux de mortalité de près de 10% (74 décès).
Écrit presque « à chaud », probablement durant la deuxième quinzaine du mois de mai, ce livre publié avec l’aide du journaliste Stéphane Loignon (grand reporter au Parisien) constitue ainsi un témoignage de premier intérêt.

jeudi, juillet 16 2020

Les terribles inégalités sociales et nationales face à la mortalité du Covid

16 07 2020

Pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, le nombre de décès a fortement augmenté en France, avec des différences marquées selon le pays de naissance des personnes décédées. Toutes causes confondues, les décès en mars et avril 2020 de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 48 % par rapport à la même période en 2019, contre + 22 % pour les décès de personnes nées en France. La hausse a été la plus forte pour les personnes nées en Afrique (+ 54 % pour les décès de personnes nées au Maghreb, + 114 % pour celles nées dans un autre pays d’Afrique) ou en Asie (+ 91 %).
Pour toutes les origines, la hausse des décès a été plus forte pour les personnes âgées. Mais les décès ont aussi nettement augmenté avant 65 ans pour les personnes nées à l’étranger. En Île-de-France et dans le Grand Est, régions particulièrement touchées, la hausse des décès a été très marquée, aussi bien pour les personnes nées en France que pour celles nées à l’étranger.

samedi, juillet 11 2020

Covid-19 en Seine-Saint-Denis (2/2) : comment le système de santé accroît les inégalités

11 07 2020

Le Covid-19 révèle et accroît le cumul d’inégalités sociales en Seine-Saint-Denis : il vient aggraver les états de santé déjà dégradés des classes populaires urbanisées et racisées qui y habitent. Le système de santé a, lui aussi, joué un rôle dans la surmortalité qui a touché la population du département, en raison des inégalités de prise en charge médico-sociale qui résultent de décennies de libéralisation, de restrictions budgétaires et d’indexation des politiques de santé sur des impératifs de rentabilité. L’état dégradé du système de santé, combiné à une gestion de la crise sanitaire qui a surexposé au virus celles et ceux qui travaillaient en première ligne, explique que celui-ci ait touché, plus qu’ailleurs et de manière différente, les habitant·es de classes populaires et les professionnel·les de santé en Seine-Saint-Denis.

vendredi, juillet 10 2020

Covid-19 en Seine-Saint-Denis (1/2) : quand l’épidémie aggrave les inégalités sociales de santé

10 07 2020

Les inégalités socio-spatiales de santé étaient au cœur de l’enquête sur les politiques, les professionnel·les et les pratiques de santé en territoires populaires que nous avons réalisée de 2012 à 2017 au sein d’une ville populaire de la Seine-Saint-Denis, que nous nommerons Rouvil. Une ville marquée, comme le reste du département, par la précarité de sa population et par la désertification en matière de médecine libérale. Sa situation en termes d’équipements et de ressources sanitaires est cependant moins critique que d’autres villes du département grâce à la présence d’un centre hospitalier, à l’existence, de longue date, d’une politique locale de santé et à un maillage associatif dense. Nous nous appuyons sur cette enquête pour analyser l’accroissement des inégalités sociales de santé provoqué par la crise sanitaire. Nous avons poursuivi l’enquête durant le confinement par un travail documentaire (presse, réseaux sociaux), par des entretiens et par l’exploitation d’une base de données collaborative sur l’épidémie dans les départements français.

mercredi, juillet 8 2020

Hydroxychloroquine versus Remdesivir : la guerre du médicament n’est pas terminée

8 07 2020

L’industriel pharmaceutique Gilead peut se frotter les mains. La vaste opération commerciale qu’il prépare depuis plusieurs années avec son traitement antiviral – le Remdesivir – est en passe de réussir. Après avoir reçu dès le mois de janvier 2020 le soutien de l’OMS, dès le mois de février celui du National Institute of Allergy et de son célèbre directeur Anthony Fauci aux États-Unis, et dès le mois de mars celui des plus influents membres du Conseil scientifique puis celui du Haut Conseil de la Santé Publique en France, le Remdesivir a obtenu le 25 juin dernier la recommandation de l'Agence européenne des médicaments (EMA) puis une commande massive du gouvernement américain. Du coup, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est empressée de faire savoir que « La France s'est assurée de la disponibilité de doses suffisantes » de ce médicament. On crée le besoin, puis on laisse entrevoir un risque de pénurie, et ainsi l’acheteur se précipite pour faire son stock « au cas où ». Le business plan est bien rôdé. Dans le même temps on communique à tout va pour déconsidérer toute solution alternative. Au final, malgré les études contestant son efficacité voire soulignant ses effets indésirables, les malades hospitalisés seront orientés vers le Remdevisir.

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