Santé publique

Fil des billets

mercredi, juillet 8 2020

Hydroxychloroquine versus Remdesivir : la guerre du médicament n’est pas terminée

8 07 2020

L’industriel pharmaceutique Gilead peut se frotter les mains. La vaste opération commerciale qu’il prépare depuis plusieurs années avec son traitement antiviral – le Remdesivir – est en passe de réussir. Après avoir reçu dès le mois de janvier 2020 le soutien de l’OMS, dès le mois de février celui du National Institute of Allergy et de son célèbre directeur Anthony Fauci aux États-Unis, et dès le mois de mars celui des plus influents membres du Conseil scientifique puis celui du Haut Conseil de la Santé Publique en France, le Remdesivir a obtenu le 25 juin dernier la recommandation de l'Agence européenne des médicaments (EMA) puis une commande massive du gouvernement américain. Du coup, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est empressée de faire savoir que « La France s'est assurée de la disponibilité de doses suffisantes » de ce médicament. On crée le besoin, puis on laisse entrevoir un risque de pénurie, et ainsi l’acheteur se précipite pour faire son stock « au cas où ». Le business plan est bien rôdé. Dans le même temps on communique à tout va pour déconsidérer toute solution alternative. Au final, malgré les études contestant son efficacité voire soulignant ses effets indésirables, les malades hospitalisés seront orientés vers le Remdevisir.

mercredi, juin 24 2020

Covid-19 : au cœur du drame français, l’exclusion des médecins généralistes

24 06 2020

Le covid-19 a tué à ce jour entre 30 000 et 40 000 Français (suivant que l’on compte ou non le nombre probable de morts à domicile). Avec le manque de matériel de protection et de tests, les principales causes de l’hécatombe française résident dans la démobilisation des généralistes et dans le refus de les laisser libres d’exercer leur métier de médecin.
Cette débâcle interroge une organisation sanitaire très centralisée, le mépris des autorités publiques pour les médecins généralistes, le manque de confiance de l’État dans la société civile mais aussi le modèle économique de l’industrie pharmaceutique. Enfin et surtout, cette politique, outre qu’elle n’a pas évité une surmortalité importante, a engendré une régression démocratique – privilégiant pendant plusieurs semaines une société de surveillance et de punition – puis la crise économique la plus grave depuis les années 1930 et la Seconde guerre mondiale.

samedi, juin 6 2020

Les chiffres de la mortalité liée au Covid-19 : premier bilan (en France)

6 06 2020

L’épidémie de Covid-19 paraît se terminer après avoir connu son « pic » à la mi-avril. On peut en dresser un premier bilan et, à travers celui-ci, tenter d’évaluer la gestion de cette crise par les pouvoirs publics.
En premier lieu, un bilan statistique permet de mesurer l’ampleur de l’épidémie (rapportant celle-ci à d’autres épisodes épidémiques), puis de s’intéresser à sa diffusion, à sa prévalence – son impact dans la population – et à la mortalité à l’hôpital.
En second lieu, ces différents constats conduisent à poser la question essentielle qui émerge alors : comment expliquer les différences de mortalité selon les territoires observés ? Trois analyses en lien avec l’intensité du pic épidémique, la gravité des cas et la date de ce pic apportent la réponse avant d’introduire une dimension comparée et de déboucher sur plusieurs conclusions qui questionnent les politiques publiques de santé en France.

mercredi, mai 20 2020

Covid-19 : ce que nous apprennent les statistiques hospitalières

20 05 2020

Depuis mars dernier, le ministère des Solidarités et de la Santé a mis en ligne diverses données sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Ces informations statistiques sont détaillées par département, par sexe et, s’agissant de la répartition des âges, par région. Au total, des données nombreuses permettent de suivre l’évolution de l’épidémie. Pourtant, aucune exploitation publique de ces données ne semble avoir été réalisée. Bien sûr, on suppose qu’elles nourrissent l’action publique face à l’épidémie ou des études épidémiologiques plus spécialisées. Vis-à-vis de l’opinion, elles semblent surtout destinées à justifier certains choix, celui du confinement d’abord par souci d’éviter que les hôpitaux ne soient débordés (le nombre de lits occupés en réanimation étant particulièrement regardé). Il importe également de répéter combien le virus est dangereux, en jouant sur une certaine peur et en répétant le bien-fondé et l’efficacité des mesures prises.

lundi, mai 11 2020

La dangerosité de l’hydroxychloroquine : une fable politico-médiatique ?

11 05 2020

Prescrite en Chine, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, dans la plupart des pays africains, au Proche-Orient et dans certains pays d’Europe, l’HCQ est déclarée dangereuse voire mortelle par les autorités françaises. Et les journalistes suivent. L’affirmation ne résiste pourtant pas à l’analyse. Connus de très longue date, les effets secondaires sont bien contrôlés à l’IHU de Marseille.

mercredi, avril 29 2020

Dépistage du coronavirus : comment le gouvernement a tout raté

29 04 2020

L’absence de dépistage aux débuts de la crise du SARS-CoV-2 a laissé les spécialistes médusés : « Ce à quoi nous avons assisté en France est contraire à tout ce que nous avons appris sur les maladies infectieuses. Que ce soit le choléra, le paludisme ou la tuberculose, le premier réflexe, c’est de dépister, d’identifier les malades avec des tests qui permettent la recherche des sujets contacts », dit Annie Thébaud-Mony, directrice honoraire de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et spécialiste du dépistage de la tuberculose. « C’est le niveau auquel on aurait pu s’attendre sur le Covid-19 : la mise en place d’une stratégie cohérente et efficace de soin, et d’identification des contacts. En Allemagne et en Suède, c’est ce qui a été fait. » Comment expliquer ces ratés au démarrage ? Pourquoi la France n’a-t-elle pu mettre en place une campagne de dépistage sur le modèle de l’Allemagne ? Plusieurs rouages rouillés ont entravé la mécanique gouvernementale. Un retard qui a réduit la stratégie à un confinement massif et à subir une mortalité parmi les plus élevées du monde (plus de 20.000 morts par le coronavirus).

mardi, avril 28 2020

Traitement du Covid-19 et protocole Raoult : bilan provisoire des recherches

28 04 2020

A l’heure actuelle, nul ne peut dire avec certitude si le protocole de l’IHU est réellement efficace ou non pour diminuer la mortalité liée au Covid-19 ; si le plus efficace dans la stratégie proposée à Marseille est le dépistage ou le traitement ; et si, dans le traitement, le plus potentiellement efficace est l’hydroxychloroquine ou l’antibiotique ajouté. Deux choses sont en revanche certaines. La première est que la stratégie marseillaise de traitement médical de la maladie est la seule qui existe. La seconde est que, contrairement à ce qu’ont répété à plusieurs reprises les autorités politiques et sanitaires françaises, il n’existe aucune politique scientifique cherchant à tester véritablement cette stratégie thérapeutique.
Malgré cela, on lit quasiment tous les jours des articles dans lesquelles des journalistes utilisent la référence à telle ou telle de ces « études scientifiques » pour alimenter la « polémique Raoult » en chargeant ce dernier. Le décalage entre les sources invoquées et ce qu’on leur fait dire est quasi systématique. En définitive, on oppose aux travaux de l’équipe du professeur Raoult des publications dont la méthodologie est plus critiquable que la sienne.

samedi, avril 25 2020

Le confinement aurait permis de sauver 60 000 personnes en France ? C'est douteux

25 04 2020

La réduction de la circulation des virus grâce à la limitation des contacts sociaux est indiscutable. Dans ce cadre, le confinement, qui invite à restreindre le plus possible les échanges, a nécessairement un impact sur l’épidémie et par conséquent sur le nombre de morts. Au-delà de ce principe général très simple, il est bien plus complexe d’évaluer de façon précise les effets comparés des mesures de confinement total et de confinement partiel ou encore d’évaluer le nombre précis de décès qui pourrait avoir été évité grâce à tel ou tel dispositif.
Plusieurs exemples l’ont déjà mis en évidence, les modélisations présentent certaines limites (si ce n’est des limites certaines) notamment parce qu’elles ne parviennent pas nécessairement à anticiper les dynamiques propres des épidémies, qui ont jusqu’à aujourd’hui résisté aux abstractions mathématiques même les plus sophistiquées. Cette réserve doit probablement demeurer à l’esprit à l’heure d’apprécier les estimations présentées par une équipe de l’École des hautes études en santé publique (EHESP).

jeudi, avril 23 2020

Mortalité hospitalière liée au COVID-19 : l’anomalie des Bouches-du-Rhône

23 04 2020

Carte_deces_covid_22_04_2020.pngL'analyse des statistiques publiées par Santé Publique France sur la mortalité hospitalière fait apparaître une « anomalie » : la sous-mortalité du département des Bouches-du-Rhône. C'est un indice supplémentaire dans l'enquête sur le traitement médical du Covid-19 et sur la controverse au sujet des positions de l'Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille dirigé par le professeur Raoult.

Image : mapthenews.maps.arcgis.com

mardi, avril 21 2020

L’OMS dans le maelstrom du covid-19

21 04 2020

Lors de chaque épidémie, qui plus est lorsque celle-ci est d’ampleur mondiale et touche les pays développés, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se retrouve sous les feux des projecteurs, ce qui est logique. En effet, l’une des missions les plus importantes de l’OMS porte sur la surveillance des maladies infectieuses et la coordination de la réponse internationale en cas d’épidémie. Son action lors de ces épisodes est scrutée attentivement, et par conséquent très souvent critiquée, alors même qu’elle est généralement oubliée le reste du temps.

lundi, avril 20 2020

Face au COVID, les pays utilisant des antipaludiques depuis le début résistent mieux

20 04 2020

Courbe_des_deces_j_10_par_groupes_de_pays.pngMaxime Izoulet, jeune économiste au Centre d’Étude des Modes d’Industrialisation (CEMI) de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris), a donc comparé la mortalité liée au COVID-19 dans deux groupes de 16 pays chacun, les uns utilisent un antipaludéen type chloroquine, les autres pas. Il a ensuite calculé la moyenne journalière des décès (le jour du 3ème décès et les 10 jours suivants) et tracé les courbes. Le résultat est que la courbe d’évolution des pays utilisant le traitement est légèrement ascendante tandis que la courbe de ceux qui ne l’utilisent pas est en croissance exponentielle.

jeudi, avril 16 2020

Mais où est donc passée la Haute Autorité de Santé ?

16 04 2020

La polémique autour du protocole prôné par le professeur Raoult pour soigner les malades du Covid-19 aurait pu être évitée si la France avait été capable de proposer au corps médical des Medical Guidelines. C'était a priori le rôle de la Haute Autorité de Santé (HAS). Elle n'est pas au rendez-vous. Pourquoi ?

lundi, avril 13 2020

Chloroquine, protocole Raoult, liberté de prescrire des médecins : bilan provisoire

13 04 2020

En France, l'immense majorité des articles de presse et des débats sur les réseaux sociaux demeurent enfermés dans le pseudo-débat consistant au fond à se demander si le professeur Didier Raoult est quelqu'un que l'on peut prendre au sérieux ou non. Or cette très mauvaise question (peu importe sa personnalité, il dirige un institut hospitalo-universitaire qui emploie plusieurs centaines de personnes et qui est à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses) paralyse en réalité le débat. Elle empêche de réfléchir rationnellement à la seule véritable question qui se pose : comment apporter tout de suite des réponses médicales aux malades ? Les autorités médicales françaises sont manifestement incapables de donner une réponse globale et stable à cette question cruciale (où sont les Guidelines ? que fait la Haute Autorité de Santé ? que fait Santé Publique France ? pourquoi le président de la République a-t-il installé un Conseil scientifique puis un Comité analyse recherche et expertise ?). Les médecins libéraux et hospitaliers sont manifestement désemparés (on le verra ci-dessous dans le fil d'actus). Et force est hélas de constater que les médias dominants informent en réalité très peu sur tout ceci.

dimanche, avril 12 2020

Chloroquine : laissons les médecins faire leur travail (prescrire)

12 04 2020

Dès lors que la prescription est sous la responsabilité d’un médecin capable de considérer les effets secondaires, extrêmement rares pour des traitements de courte durée avec ces médicaments bien connus, sauf dans le cas de malades atteint de pathologies particulières, pourquoi donc ne pas autoriser ces médicaments pour traiter le Covid-19, d’autant plus qu’aucun traitement alternatif n’a prouvé son efficacité ? Non, décidément, je ne vois aucune explication logique. Sauf une : le biais.
Dès lors que des liens d’intérêts existent entre décideurs et fabricants de médicaments par exemple, on ne peut exclure l’existence de biais, non pas au niveau de l’interprétation des résultats d’expérience (il est difficile d’être biaisé dans la lecture de chiffres précis), mais dans le choix du type d’expérience considéré acceptable.

samedi, avril 11 2020

Covid-19 : la différence allemande

11 04 2020

Drapeau_allemand.pngAvec un taux de décès parmi les plus bas au mode, l'Allemagne fait figure de modèle en matière de lutte contre le Coronavirus.
Le mode de calcul du taux de décès explique une petite partie des différences de taux de mortalité entre les pays. Mais "il existe également des facteurs médicaux importants qui ont permis de maintenir le nombre de décès en Allemagne à un niveau relativement bas, selon les épidémiologistes et les virologistes, dont les principaux sont les tests et les traitements précoces et généralisés, l'abondance de lits de soins intensifs et un gouvernement de confiance dont les directives en matière de distanciation sociale sont largement respectées", explique le New York Times.

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