Vidéosurveillance, fichage, biométrie

Fil des billets

mercredi, juin 10 2020

Le Rapport d'activité 2019 de la CNIL est disponible

10 06 2020

Dans son quarantième rapport d’activité, la CNIL revient sur les temps forts de 2019 et les grands enjeux à venir. En cette deuxième année du RGPD, la CNIL constate des chiffres inédits qui témoignent d’une très forte mobilisation des citoyens et des entreprises autour de la protection des données. L’année 2019 a également été marquée par une sanction record en Europe, traduisant l’activation des nouveaux plafonds de sanctions prévus par le RGPD. Cette sanction-record masque toutefois le nombre finalement très peu élevé des contrôles effectués (300) et des sanctions décidées (8) dans la régulation du numérique, tandis que les menaces sur la sécurité des données personnelles et sur la vie privée sont omniprésentes dans notre vie quotidienne.

samedi, mai 30 2020

Covid-19: les dérives possibles de surveillance des données personnelles

30 05 2020

Si nous n’y prenons garde, le droit à la vie privée pourrait constituer l’une des nombreuses victimes collatérales de la pandémie de Covid-19. Afin de retrouver une liberté de mouvement temporairement suspendue et dans le but de protéger les populations contre une deuxième vague d’infection, on voit se mettre en place les éléments d’une infrastructure de surveillance dédiée à la santé publique.
Cette infrastructure se compose d’un ensemble de dispositifs de collecte des données personnelles tels que les téléphones intelligents, les caméras de vidéosurveillance, les bracelets connectés, les robots et les drones. Grâce aux innovations réalisées ces dernières années dans les domaines de l’infonuagique, des réseaux de télécommunication et de l’intelligence artificielle, les montagnes de données générées par ces dispositifs peuvent être stockées indéfiniment. Elles sont analysées en temps réel par de puissants algorithmes de surveillance que l’on retrouve dans les applications de traçage ou les logiciels de reconnaissance faciale.

vendredi, mai 29 2020

La Ligue des Droits de l'Homme dénonce l'application Stop Covid

29 05 2020

Bien que le parlement ait voté en faveur du déploiement de l’application StopCovid, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) continue à alerter sur les dangers pour la vie privée et les libertés que présente son utilisation. Sécurité, fiabilité, anonymat, inefficacité, discriminations, durée de conservation et effacement, consentement « faussé », acceptabilité d’une surveillance généralisée, tels sont les problèmes que pose StopCovid.
L’inventeur du Bluetooth qui permet aux appareils électroniques de communiquer entre eux alerte sur le manque de fiabilité (le Bluetooth n’a pas été prévu pour mesurer des distances entre les personnes ce qui entraîne des risques d’une part de ne pas détecter des cas positifs ou au contraire des fausses alertes (risques de demandes de tests et encombrement des services de santé), et son manque de sécurité (il devra être activé en permanence permet le piratage de toutes les données du téléphone).

lundi, mai 4 2020

L'usage des drones est illégal et il atteinte aux libertés

4 05 2020

Depuis le début du confinement, la police et la gendarmerie utilisent de façon massive et inédite les drones pour surveiller la population et faire appliquer les règles du confinement : diffusion des consignes par haut-parleurs ainsi que surveillance par vidéo pour repérer les contrevenants, guider les patrouilles au sol et filmer les personnes échappant à la police pour mieux les sanctionner après.
Le déploiement de ces drones, déjà utilisés notamment pour la surveillance des manifestations, ne fait que s’amplifier avec la crise sanitaire. En avril, le ministère de l’Intérieur a par ailleurs publié un appel d’offres portant sur l’acquisition de plus de 650 nouveaux drones pour plus que doubler sa flotte. Selon un rapport sénatorial, entre le 24 mars et le 24 avril, la police nationale a déclenché 535 vols de drones dont 251 de surveillance.
Pourtant, puisqu’ils sont déployés en l’absence de tout cadre légal spécifique et adapté, ce sont eux qui violent la loi et nos libertés.
La Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme viennent de déposer un recours en urgence contre le déploiement de drones par la préfecture de police de Paris.

vendredi, avril 24 2020

Le traçage anonyme, un dangereux oxymore

24 04 2020

Le monde fait face à l’épidémie de COVID-19. De nombreux pays, dont la France, envisagent de mettre en place un système de traçage des contacts des malades à l’aide d’une application mobile. L’idée qui guide les pouvoirs publics est que, si quelqu’un est testé positif au virus, il sera possible avec une telle application d’alerter toutes les personnes qui l’ont côtoyé les jours précédents et, ce faisant, de les inciter à se mettre en quarantaine, à consulter un médecin ou à se faire tester. Depuis le début de l’épidémie, des collègues chercheurs en sécurité informatique se sont investis dans la conception de tels systèmes, d’autres comme R. Anderson, S. Landau, B. Schneier et S. Vaudenay, ont dénoncé leurs dangers ou se sont exprimés fermement contre leur mise en œuvre. Etant donné les risques potentiels pour la vie privée, l’usage d’une telle application fait débat. L’informatique doit être au service de chaque citoyen. Elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques.

mercredi, avril 15 2020

StopCovid : une appliquation inefficace pour la santé et dangereuse pour les libertés

15 04 2020

StopCovid.jpgDans son discours du 13 avril, Emmanuel Macron a invité le Parlement à débattre de l’éventuelle application StopCovid développée par son gouvernement. L’effet placebo du traçage informatique. Tracking GSM, GPS ou Bluetooth? Aucun système ne pourra répondre à l'urgence sanitaire.
L’utilisation d’une application dont les objectifs, les techniques et les conditions mêmes d’usage portent des risques conséquents pour notre société et nos libertés, pour des résultats probablement médiocres (voire contre-productifs), ne saurait être considérée comme acceptable pour nous – tout comme pour beaucoup de Français·es. Le temps médiatique, politique et les budgets alloués à cette fin seraient mieux utilisés à informer et protéger la population (et les soignant·es) par des méthodes à l’efficacité prouvée, telles que la mise à disposition de masques, de matériel médical et de tests.
L'urgence de santé publique, ce n'est pas la surveillance massive mais le dépistage de masse !

Image : francetvinfo.fr

jeudi, décembre 19 2019

La Chine réalise le cauchemar orwellien. Qui veut l'imiter ?

19 12 2019

Orwell_1984.jpgLa Chine est en train d'accroître sa capacité d'espionner ses quelque 1,4 milliard d'habitants à des niveaux nouveaux et inquiétants, donnant au monde un plan directeur pour la construction d'un État totalitaire numérique. Selon la police et les bases de données privées examinées par le New York Times, les autorités chinoises sont en train de rassembler des technologies anciennes et modernes - scanners téléphoniques, caméras de reconnaissance faciale, bases de données de visages et d'empreintes digitales et bien d'autres - pour en faire des outils de contrôle autoritaire. Une fois combinés et pleinement opérationnels, les outils peuvent aider la police à saisir l'identité des personnes qui se promènent dans la rue, à découvrir qui ils rencontrent et à identifier qui appartient ou non au Parti communiste.
Les mêmes technologies sont produites par les industries de sécurité en Occident (voir ici pour la France) et présentées comme des outils "indispensables à notre sécurité". Et, en France, certains apprentis sorciers ne cherchent-ils pas à nous entraîner dans ce cauchemar orwellien de la surveillance généralisée de la population ?

samedi, novembre 16 2019

Reconnaissance faciale : pour un débat à la hauteur des enjeux

16 11 2019

La reconnaissance faciale est de plus en plus présente dans le débat public au niveau national, européen et mondial et soulève en effet des questions inédites touchant à des choix de société. C’est pourquoi la CNIL avait appelé, en 2018, à un débat démocratique sur ce sujet, ainsi que plus largement sur les nouveaux usages de la vidéo. Elle souhaite aujourd’hui contribuer à ce débat, en présentant les éléments techniques, juridiques et éthiques qui doivent selon elle être pris en compte dans l’approche de cette question complexe.

jeudi, octobre 17 2019

La reconnaissance faciale, nouvelle offensive sécuritaire massive

17 10 2019

Reconnaissance_faciale.jpgLa reconnaissance faciale est à la mode. Une vague inédite d'articles de presse y est consacrée, qui correspond à une nouvelle offensive marketing des industriels de la sécurité, soutenue par certains élus (le plus connu étant Christian Estrosi, maire de Nice). Comme pour la vidéosurveillance sur laquelle elle s'appuie pour fonctionner, la vogue annoncée de reconnaissance faciale repose sur l'alliance entre ce marketing, ces discours politiques, une bonne médiatisation (un bon "Plan Com") ainsi que la crédulité générale quant aux effets quasi-miraculeux des nouvelles technologies qui caractérise les imaginaires collectifs de notre modernité numérique. Il y a pourtant loin de la théorie à la pratique, et les enjeux pour la démocratie sont plus lourds que jamais.

Photo : france24.com

mardi, juin 4 2019

Attentat et vidéosurveillance à Lyon : halte à la démagogie !

4 06 2019

Image_floue_suspect_lyon.jpgLe vendredi 24 mai, dans le centre de Lyon, un jeune homme a fait exploser à distance un colis piégé de faible puissance, faisant 13 blessés légers. On ignore encore les raisons de son geste, comme son profil psychologique. Il a été arrêté le lundi suivant. L’enquête était diligentée par la section anti-terroriste du parquet de Paris.
Quatre jours plus tard, fait rarissime, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, publiait un communiqué rappelant que « l’enquête est couverte par le secret » et « qu’il est le seul à pouvoir rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ». Il visait le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son prédécesseur Gérard Collomb qui est aussi le maire de la ville.

dimanche, mai 26 2019

San Francisco interdit le recours à la reconnaissance faciale

26 05 2019

San Francisco, longtemps surnommée « la ville de la tech », est la première ville des États-Unis à interdire aux forces de l’ordre le recours aux systèmes de surveillance assortis de la reconnaissance faciale dans ses rues. Le conseil municipal estime que les bénéfices en termes de sécurité sont loin de compenser les risques d’identifications erronées et de renforcement des discriminations raciales. Les forces de police d’autres villes comme Boston ou Oakland ont pris l’initiative d’arrêter l’expérimentation de la reconnaissance faciale suite aux réactions négatives de la population. Au regard de son emploi en Chine, les défenseurs des libertés civiles considèrent cette technologie « incompatible avec la démocratie ».

mercredi, avril 3 2019

L'Inde s'apprête à ficher 1,3 milliard de personnes

3 04 2019

fichage_generalise_en_Inde.pngLe plus grand système d’identification biométrique au monde, Aadhar, recense la quasi-totalité des habitants de l’Inde. Les domaines d’application de ce programme sont tellement nombreux qu’il représente de multiples dangers pour les libertés publiques.
Historiquement, le contrôle de ces populations s’est effectué par différents dispositifs de pouvoir, que ce soit à l’échelle restreinte de sous-groupes comme les criminels, les pauvres, les patients des hôpitaux, etc., à l’échelle nationale par des activités de police systématique, ou encore par la mise en place progressive de dispositifs d’identification des personnes associés à des fichiers centraux, comme celui des cartes d’identité. Avec l’informatique, une nouvelle configuration s’annonce.

dimanche, mars 17 2019

Le rapport alarmiste du Contrôleur Européen de la Protection des Données

17 03 2019

L’année 2018 a démontré le pouvoir et les limites de la protection des données. Deux ans après son adoption, le règlement général sur la protection des données (RGPD) est devenu pleinement applicable. Il n’est pas passé inaperçu car les gens ont remarqué qu’ils étaient bombardés de courriels identiques, les informant chacun d’une politique de protection de la vie privée mise à jour et, dans la plupart des cas, leur demandant de l’accepter pour continuer à utiliser certains services. Jusqu’à présent, au lieu d’adapter leur manière de travailler pour mieux protéger les intérêts de ceux qui ont recours à leurs services, les entreprises semblent davantage traiter le RGPD comme une nouvelle pièce du puzzle juridique sans changer outre mesure leurs habitudes. Le pouvoir d’information excessif de certaines entreprises et des responsables du traitement représentent à l’heure actuelle la plus grande menace pour les libertés individuelles et la dignité de chacun. Il en va de même pour ce grand écosystème non compressible des traceurs, des profileurs et des cibleurs, capables de collecter et d’utiliser ces informations.

mardi, mars 12 2019

Surveiller et prédire : une nouvelle ère du capitalisme

12 03 2019

Surveiller_et_predire.jpgDepuis la parution d’un premier article en 2013 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Shoshana Zuboff, professeur émérite à la Harvard Business School, a popularisé la notion de « capitalisme de surveillance », aussi bien dans le monde académique que chez les défenseurs des libertés numériques. Ce syntagme désigne la nouvelle forme de capitalisme créée par les grandes entreprises de la Silicon Valley, et plus particulièrement par Google et Facebook, dont les revenus dépendent de la récolte et de l’analyse de nos données. L’analyse de ce phénomène économico-social est au centre d’un ouvrage volumineux et ambitieux, paru aux États-Unis le 15 janvier 2019 et déjà largement commenté. S. Zuboff y entremêle, dans une prose vigoureuse et roborative, une histoire, une théorie et une critique de la direction empruntée par l’accumulation capitaliste.

mercredi, janvier 9 2019

"Two-i", la biopolitique au pouvoir à Nice

9 01 2019

Tramway_a_Nice.jpgLa Ville de Nice, comme plusieurs villes de France, bascule dans le tout sécuritaire. La tentation des élus locaux de vouloir tout contrôler à chaque instant n'est pas nouvelle, mais les progrès de la technologie leur donnent désormais les moyens de leur démesure et, parfois, de leur démence.
La ville de Nice s’apprête à tester un logiciel permettant d'analyser les émotions des passagers du tramway pour décider d'éventuelles interventions de la police municipale. Nous basculons dans une biopolitique contrôlant les corps, les comportements et les émotions des individus et qui constitue une atteinte manifeste à la vie privée et aux libertés individuelles.

- page 1 de 10