Vidéosurveillance, fichage, biométrie

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jeudi, octobre 17 2019

La reconnaissance faciale, nouvelle offensive sécuritaire massive

17 10 2019

Reconnaissance_faciale.jpgLa reconnaissance faciale est à la mode. Une vague inédite d'articles de presse y est consacrée, qui correspond à une nouvelle offensive marketing des industriels de la sécurité, soutenue par certains élus (le plus connu étant Christian Estrosi, maire de Nice). Comme pour la vidéosurveillance sur laquelle elle s'appuie pour fonctionner, la vogue annoncée de reconnaissance faciale repose sur l'alliance entre ce marketing, ces discours politiques, une bonne médiatisation (un bon "Plan Com") ainsi que la crédulité générale quant aux effets quasi-miraculeux des nouvelles technologies qui caractérise les imaginaires collectifs de notre modernité numérique. Il y a pourtant loin de la théorie à la pratique, et les enjeux pour la démocratie sont plus lourds que jamais.

Photo : france24.com

mardi, juin 4 2019

Attentat et vidéosurveillance à Lyon : halte à la démagogie !

4 06 2019

Image_floue_suspect_lyon.jpgLe vendredi 24 mai, dans le centre de Lyon, un jeune homme a fait exploser à distance un colis piégé de faible puissance, faisant 13 blessés légers. On ignore encore les raisons de son geste, comme son profil psychologique. Il a été arrêté le lundi suivant. L’enquête était diligentée par la section anti-terroriste du parquet de Paris.
Quatre jours plus tard, fait rarissime, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, publiait un communiqué rappelant que « l’enquête est couverte par le secret » et « qu’il est le seul à pouvoir rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ». Il visait le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son prédécesseur Gérard Collomb qui est aussi le maire de la ville.

dimanche, mai 26 2019

San Francisco interdit le recours à la reconnaissance faciale

26 05 2019

San Francisco, longtemps surnommée « la ville de la tech », est la première ville des États-Unis à interdire aux forces de l’ordre le recours aux systèmes de surveillance assortis de la reconnaissance faciale dans ses rues. Le conseil municipal estime que les bénéfices en termes de sécurité sont loin de compenser les risques d’identifications erronées et de renforcement des discriminations raciales. Les forces de police d’autres villes comme Boston ou Oakland ont pris l’initiative d’arrêter l’expérimentation de la reconnaissance faciale suite aux réactions négatives de la population. Au regard de son emploi en Chine, les défenseurs des libertés civiles considèrent cette technologie « incompatible avec la démocratie ».

mercredi, avril 3 2019

L'Inde s'apprête à ficher 1,3 milliard de personnes

3 04 2019

fichage_generalise_en_Inde.pngLe plus grand système d’identification biométrique au monde, Aadhar, recense la quasi-totalité des habitants de l’Inde. Les domaines d’application de ce programme sont tellement nombreux qu’il représente de multiples dangers pour les libertés publiques.
Historiquement, le contrôle de ces populations s’est effectué par différents dispositifs de pouvoir, que ce soit à l’échelle restreinte de sous-groupes comme les criminels, les pauvres, les patients des hôpitaux, etc., à l’échelle nationale par des activités de police systématique, ou encore par la mise en place progressive de dispositifs d’identification des personnes associés à des fichiers centraux, comme celui des cartes d’identité. Avec l’informatique, une nouvelle configuration s’annonce.

dimanche, mars 17 2019

Le rapport alarmiste du Contrôleur Européen de la Protection des Données

17 03 2019

L’année 2018 a démontré le pouvoir et les limites de la protection des données. Deux ans après son adoption, le règlement général sur la protection des données (RGPD) est devenu pleinement applicable. Il n’est pas passé inaperçu car les gens ont remarqué qu’ils étaient bombardés de courriels identiques, les informant chacun d’une politique de protection de la vie privée mise à jour et, dans la plupart des cas, leur demandant de l’accepter pour continuer à utiliser certains services. Jusqu’à présent, au lieu d’adapter leur manière de travailler pour mieux protéger les intérêts de ceux qui ont recours à leurs services, les entreprises semblent davantage traiter le RGPD comme une nouvelle pièce du puzzle juridique sans changer outre mesure leurs habitudes. Le pouvoir d’information excessif de certaines entreprises et des responsables du traitement représentent à l’heure actuelle la plus grande menace pour les libertés individuelles et la dignité de chacun. Il en va de même pour ce grand écosystème non compressible des traceurs, des profileurs et des cibleurs, capables de collecter et d’utiliser ces informations.

mardi, mars 12 2019

Surveiller et prédire : une nouvelle ère du capitalisme

12 03 2019

Surveiller_et_predire.jpgDepuis la parution d’un premier article en 2013 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Shoshana Zuboff, professeur émérite à la Harvard Business School, a popularisé la notion de « capitalisme de surveillance », aussi bien dans le monde académique que chez les défenseurs des libertés numériques. Ce syntagme désigne la nouvelle forme de capitalisme créée par les grandes entreprises de la Silicon Valley, et plus particulièrement par Google et Facebook, dont les revenus dépendent de la récolte et de l’analyse de nos données. L’analyse de ce phénomène économico-social est au centre d’un ouvrage volumineux et ambitieux, paru aux États-Unis le 15 janvier 2019 et déjà largement commenté. S. Zuboff y entremêle, dans une prose vigoureuse et roborative, une histoire, une théorie et une critique de la direction empruntée par l’accumulation capitaliste.

mercredi, janvier 9 2019

"Two-i", la biopolitique au pouvoir à Nice

9 01 2019

Tramway_a_Nice.jpgLa Ville de Nice, comme plusieurs villes de France, bascule dans le tout sécuritaire. La tentation des élus locaux de vouloir tout contrôler à chaque instant n'est pas nouvelle, mais les progrès de la technologie leur donnent désormais les moyens de leur démesure et, parfois, de leur démence.
La ville de Nice s’apprête à tester un logiciel permettant d'analyser les émotions des passagers du tramway pour décider d'éventuelles interventions de la police municipale. Nous basculons dans une biopolitique contrôlant les corps, les comportements et les émotions des individus et qui constitue une atteinte manifeste à la vie privée et aux libertés individuelles.

vendredi, décembre 21 2018

La vidéosurveillance au service de la communication politique et du business

21 12 2018

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgLa France n'est pas la Chine. Certes, l’État, les collectivités territoriales et les industriels ne cessent de renforcer la vidéosurveillance des espaces publics. Mais si une multitude de petits Big Brothers nous regardent de plus en plus, ce n'est pas tant pour surveiller nos idées politiques que pour gérer les flux de population et pour faire du commerce.
Smart City et autres Big Data sont à la mode. Certaines villes dépensent des sommes considérables pour des outils de contrôle dont le bénéfice réel pour l'amélioration de la vie quotidienne des habitants est douteux.
Dans certaines grandes villes comme Nice et Marseille, il s'agit avant tout pour les élus qui votent ces budgets de faire de la politique avec une fausse promesse de sécurité.
La CNIL appelle en vain à un véritable débat publique sur la protection de la vie privée et des libertés publiques.

Retrouvez ce dossier de Grégoire Allix dans Le Monde :

vendredi, décembre 14 2018

La liberté d'expression gravement menacée par un texte européen

14 12 2018

Hors un certain nombre de pays qui se sont opposés à ce texte, le Conseil de l’Union européenne vient d’acter un projet de loi au parfum pour le moins désagréable pour ce qui concerne les libertés publiques. Poussé par la gouvernance actuelle française, ce texte – peu médiatisé – pourrait s’avérer l’un des coups les plus violents jamais portés à la liberté d’expression dans les pays « démocratiques » de l’Union européenne. Le débat autour de ce texte va maintenant se poursuivre au parlement européen.
Usant toujours de la même argumentation (la lutte contre le terrorisme), ce texte obligera tous les acteurs du Web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google. S'agit-il d'une loi européenne pour censurer les mouvements sociaux sur Internet ? La réponse apparaît tristement contenue dans la question au regard des éléments exposés ci-après et des mouvements sociaux qui se déroulent en France depuis quelques semaines.

dimanche, octobre 28 2018

Une mission d'information préconise la réforme des fichiers de police

28 10 2018

Fichiers_de_police.jpgEn 2011, le second rapport Batho-Bénisti notait que sur 80 fichiers de police, 45 % étaient dépourvus de base juridique. Sept ans après, ce problème est réglé. La CNIL a diligenté depuis 2015, 29 contrôles sur les fichiers de police qui n’ont abouti qu’à deux mises en demeure et aucune sanction.
Toutefois, il y a une forte augmentation du nombre de fichiers. La mission d’information a compté 106 fichiers mis à disposition des forces de sécurité (seule la préfecture de police de Paris a refusé de transmettre ses informations) et 17 fichiers de sécurité. Mais cette augmentation se fait « sans réflexion sur la cohérence de l’architecture globale », avec un cloisonnement des fichiers. Ils « sont trop nombreux et forment un ensemble trop complexe », avec par exemple des durées de conservation et des conditions d’effacement très différentes.

Photo : 20minutes.fr

dimanche, octobre 21 2018

Le Conseil d’Etat valide le fichier rassemblant les informations de 60 millions de Français

21 10 2018

Le Conseil d’Etat vient de rejeter les requêtes dirigées contre le décret instaurant le mégafichier regroupant les données personnelles de tous les Français, estimant notamment que sa création ne constituait pas une « atteinte disproportionnée » au droit des personnes au respect de leur vie privée. Le décret créant ce fichier, baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES), était paru au Journal officiel le 30 octobre 2016, en plein week-end de la Toussaint, et avait immédiatement suscité une levée de boucliers. Au nom des libertés publiques, des organisations et des particuliers demandaient à la plus haute juridiction administrative la suppression de ce « monstre », généralisé à l’ensemble du territoire en mars 2017 et qui regroupe les informations personnelles des titulaires d’un passeport ou d’une carte d’identité, soit environ 60 millions de Français.

samedi, octobre 6 2018

"Safe city" ou la gabegie programmée des "Big Data" à la mode

6 10 2018

Centre_de_videosurveillance.jpgLes objectifs du démonstrateur Safe City sont de mettre en synergie un très grand nombre d’informations (Big Data) afin de prédire et/ou d’alerter le plus rapidement possible les autorités locales de tout événement lié à : la sécurité (dans tous ses aspects), les déplacements, les événements climatiques ou sismiques; événements ou combinaison d’événements jugés par les algorithmes comme étant anormaux.
Le montage opérationnel dont Thalès Security est le chef de file, regroupe 14 entreprises privés de droit français et un établissement public.
Le projet est financé par le contribuable, à travers l’Établissement Public BPIFRANCE, mais aussi, indirectement, à travers les interventions de l’INRIA, établissement public d’État, lui-même très largement financé par l’État et les apports de la ville de Nice. Le projet a obtenu, dans le cadre du « programme d’investissements d’avenir » une subvention de 10,9 millions d’euros opérée par BPIFRANCE.

- A Marseille, "La surveillance policière dopée aux Big Data arrive près de chez vous".
- Jean-Marc Manach "Vidéo-protection : les 500 nouvelles caméras coûteront trois fois plus cher que prévu" (Marsactu).
- Maureen Webb et Catherine Caron "Les nouveaux habits de Big Brother" (Relations, 2015).
- "6 provocations à propos des Big Data" (Internetactu.net).
Photo : laquadrature.net

mercredi, septembre 19 2018

La CNIL alerte sur la multiplication des nouveaux usages des technologies de surveillance

19 09 2018

Ecrans_de_surveillance.jpgLa CNIL a constaté ces derniers mois le développement rapide de nouveaux outils de captation et de nouvelles modalités d’exploitation de la vidéoprotection dans l’espace public. Ces technologies, sur lesquelles la CNIL est de plus en plus sollicitée, s’inscrivent dans une optique de prévention ou de répression des troubles à l’ordre public. La légitimité de cet objectif ne peut en tant que telle être contestée. Mais ces dispositifs, qui s’articulent parfois avec des technologies de big data, soulèvent des enjeux importants pour les droits et libertés individuelles des citoyens. Il est aujourd’hui impératif que des garde-fous soient prévus afin d’encadrer les finalités pour lesquelles ces dispositifs peuvent être déployés et prévenir tout mésusage des données traitées par leur biais.

Photo : nato.int

mercredi, juillet 25 2018

Ce que l'Affaire Benalla dit sur la vidéosurveillance

25 07 2018

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgQuelle démonstration plus brutale pourrait-on trouver de l’argument selon lequel la « vidéoprotection », comme l’appellent pudiquement les villes et les entreprises qui y ont recours, protège surtout ceux qui la contrôlent ? L’affaire Benalla n’aurait jamais éclaté si la scène n’avait pas été filmée par des témoins, à l’aide de leur téléphone portable. Censée protéger les citoyens et permettre d’arrêter des suspects, la vidéosurveillance a servi, en ce jour de manifestation du 1er Mai, à protéger un suspect, quand par ailleurs, le même jour, les images de vidéosurveillance étaient abondamment utilisées pour tenter d’identifier des personnes suspectées de violences contre les forces de l’ordre.
Par ailleurs, au terme de la loi, les vidéos sont automatiquement effacées après un délai maximal de 30 jours. Par ailleurs, il est interdit qu’un enregistrement soit copié et/ou puisse sortir d’un centre de supervision urbaine (CSU) en dehors d’une procédure judiciaire. Conclusion : la loi n'est pas respectée par ceux qui sont sensés la faire appliquer.

dimanche, juin 24 2018

Le « crédit social » ou le Big Brother à la chinoise

24 06 2018

Depuis plusieurs mois, la presse européenne dénonce le projet de surveillance de la population, le Plan de planification pour la construction d’un système de crédit social (2014-2020) que le gouvernement de la Chine populaire met progressivement en place. Parfois de manière ironique, mais souvent sans grand discernement. L’ambition est d’attribuer à partir de 2020, à certaines catégories de citoyens chinois comme aux entreprises, une note de confiance, un « crédit social ». Le chercheur néerlandais Rogier Creemers propose ici une traduction du document de présentation du Conseil des affaires de l’État (l’équivalent du gouvernement en Chine).

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