Que signifie donc « être heureux » ? Il faut chercher sur le site Internet de l'Institut de sondage CSA l'étude en question, pour mesurer le caractère « scientifique » de la définition du bonheur et de son mode de calcul. Il tient en une seule question : « Would you say that nowadays you are very happy, rather happy, rather unhappy, or very unhappy ? » (diriez-vous que, en ce moment, vous êtes très heureux, plutôt heureux, plutôt malheureux ou très malheureux). C'est en Anglais car l'étude est « internationale » : elle porte sur 6 pays.

Tout va donc pour le mieux. La crise n'existe pas et l'argent ne fait pas le bonheur, c'est bien connu. A moins que la consommation excessive de Coca-Cola n'ait des effets euphorisants méconnus.
Toujours est-il que, le même jour, l'organisation Médecins du Monde (MdM) diffusait un rapport alarmant sur L'accès aux soins des plus démunis en 2010. Dans le résumé, on peut lire ceci : « Le chiffre de 17 % d’augmentation des patients vus en consultation médicale dans les centres de MdM entre 2007 et 2009 résume à lui seul cette situation. Plus grave, les personnes reçues ont recours aux soins avec retard et quand ils n’ont vraiment plus le choix : le retard aux soins a doublé entre 2007 et 2009 passant de 11 % à 22 %. Enfin, le nombre de patients mineurs a cru de 30 % en un an ; un nombre toujours plus important qui se rend dans les centres de Médecins du Monde pour se faire soigner sans disposer d’aucune couverture maladie ».

Comme disait le regretté Francis Blanche, « Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade ». Le non moins regretté Coluche avait également fait sien ce trait d'humour noir. Il aurait du reste été heureux d'apprendre que, d'après cette remarquable étude scientifique, ce seraient les Belges les plus euphoriques avec 94 % de gens heureux !