D’ores et déjà on constate que de nombreux migrants irréguliers renoncent ou diffèrent le plus tardivement possible leur accès aux soins pour retarder le paiement d’une somme qui peut s’avérer rédhibitoire pour les plus précaires. Ce qui ne peut être que préjudiciable à leur santé et plus généralement à la santé publique. Le risque est le même en matière d’accès au droit. Cette somme ne peut que dissuader de nombreuses personnes à exercer leurs droits. Le pari gouvernemental est donc gagnant-gagnant : des fonds seront collectés d’une part et le nombre de requêtes diminuera d’autre part, allégeant ce faisant la demande de justice.

Une fois ces brèches ouvertes, il sera ensuite aisé d’augmenter le droit d’entrée au gré des difficultés budgétaires. Parions malheureusement que la trentaine d’euros ne durera pas. Et espérons que cette guerre à la gratuité ne touchera pas d’autres services publics sous peine qu’ils perdent ce qui fait leur définition même.

Christophe Daadouch

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc