Communication partout, journalisme nulle part ? Telle pourrait être une des formules – volontairement un peu provocatrice – aidant à problématiser l’évolution du journalisme contemporain dans un pays comme la France. Le problème était déjà résumé en 2014 par Christine Leteinturier : « Le champ du journalisme est, en France, l’espace où l’affrontement entre information et communication est sans doute le plus fort. (…) L’émergence d’un ‘journalisme de communication’ au tournant des années 1990, consolidé par l’expansion rapide du Web, fragilise cette position d’indépendance des journalistes dans un univers médiatique désormais très largement dominé par des enjeux commerciaux ». Ce disant, il ne s’agit pas de critiquer quiconque en particulier, ni de mettre tout le monde dans le même panier, mais de réfléchir à une évolution générale. Le constat est en effet incontournable : depuis le début de la crise sanitaire, le traitement de l’information par la grande majorité des médias français ne respecte pas la plupart des principes déontologiques de la profession. Loin de jouer un quelconque rôle de contre-pouvoir, ils constituent au contraire les relais globalement très dociles, parfois même complaisants, de la communication gouvernementale.