Pour vous répondre directement, je ne suis pas du tout passé sans transition de la délinquance à la pharmacovigilance. Il faut comprendre le cheminement. J’ai commencé dès le mois de mars 2020 une enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise Covid, en publiant les « épisodes » de cette enquête sur le modeste blog que je tiens sur Mediapart depuis 2009. Au bout de quelques temps, j’ai identifié ce que j’appelle « la doxa du Covid », une narration globale de la pandémie dont je conteste globalement le bien-fondé. Cette histoire, qui nous est racontée depuis le début, consiste en quatre affirmations centrales : 1) un virus horrible se répand partout sur la planète et nous risquons tous de mourir, 2) on ne sait pas comment l’arrêter ni comment soigner les gens qui l’attrapent, 3) la seule chose à faire est, sur le modèle chinois, de confiner la totalité de la population et de réduire au maximum les contacts entre les êtres humains, et 4) nous ne pourrons « retrouver une vie normale » que quand nous disposerons d’un vaccin. Le vaccin est donc présenté comme le sauveur de l’humanité depuis le début. Et il est évidemment interdit de critiquer le sauveur de l’humanité. Voilà toute l’affaire.