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lundi, mai 17 2021

De l’irresponsabilité d’un pouvoir exécutif qui met en danger la paix civile

L’évolution des pratiques politiques de notre cinquième république devient préoccupante. Selon un récent classement international des démocraties, il semble que la France soit devenue une démocratie « défaillante » ce qui devrait inquiéter même si tout classement de ce type peut présenter des biais critiquables.
Les différents pouvoirs exécutifs que nous avons pu observer depuis plusieurs décennies ont peu à peu pris la main sur le pouvoir législatif au travers des partis politiques qui peuvent aisément « piloter » les candidats devenus parlementaires. Pour ce qui concerne le pouvoir judiciaire il est toujours réduit à la portion congrue de par une disette budgétaire dont on pourrait penser qu’elle est entretenue par une élite politique qui n’aime pas, par principe, qu’un droit de regard et d’appréciation puisse s’exercer sur ces pratiques.

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vendredi, décembre 21 2018

La vidéosurveillance au service de la communication politique et du business

Couverture_vous_tetes_filmes.jpgLa France n'est pas la Chine. Certes, l’État, les collectivités territoriales et les industriels ne cessent de renforcer la vidéosurveillance des espaces publics. Mais si une multitude de petits Big Brothers nous regardent de plus en plus, ce n'est pas tant pour surveiller nos idées politiques que pour gérer les flux de population et pour faire du commerce.
Smart City et autres Big Data sont à la mode. Certaines villes dépensent des sommes considérables pour des outils de contrôle dont le bénéfice réel pour l'amélioration de la vie quotidienne des habitants est douteux.
Dans certaines grandes villes comme Nice et Marseille, il s'agit avant tout pour les élus qui votent ces budgets de faire de la politique avec une fausse promesse de sécurité.
La CNIL appelle en vain à un véritable débat publique sur la protection de la vie privée et des libertés publiques.

Retrouvez ce dossier de Grégoire Allix dans Le Monde :

lundi, mai 5 2014

Réforme pénale, en finir avec l’impuissance répressive

peur.jpgPlus que tout autre, le débat public en matière de délinquance et de réponse pénale se trouve aujourd’hui enfermé dans des schémas de pensée extrêmement réducteurs qui nuisent à la discussion rationnelle et, in fine, à la délibération démocratique. Quinze ans d’une logique répressive sécuritaire de plus en plus débridée ont abouti à un système pénal où l’insécurité juridique le dispute à l’accroissement démesuré de l’emprise du pouvoir répressif sur le citoyen. Pourtant, toute tentative, fut-ce la plus modérée, de revenir sur cette tendance se trouve immédiatement brocardée dans les médias comme l’expression d’un angélisme bon teint, voire comme la marque d’un insupportable laxisme.
À l’heure où s’ouvre enfin au Parlement le vaste chantier de la réforme pénale, il est donc fondamental de rappeler quelques vérités indispensables à la tenue d’un débat public un tant soit peu raisonné. Car celui-ci n’oppose pas – et n’a jamais opposé – les tenants de la répression à ceux de la prévention ou, pour reprendre un lieu commun médiatique particulièrement éculé, ceux du réalisme à ceux du laxisme. En réalité, la dialectique se joue entre deux philosophies pénales et, par suite, entre deux modèles répressifs antagonistes. Autrement dit, l’enjeu est de savoir si nous voulons vraiment que notre pays rompe avec l’autoritarisme répressif bonapartiste pour se doter d’un système pénal digne d’une grande démocratie moderne et conforme aux engagements européens de la France.

Illustration : lillablog.over-blog.com

mardi, juillet 27 2010

Pourquoi les partenariats locaux ne marchent pas bien (ou le double discours de l'Etat)

Le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets le 22 juillet 2010 leur demandant de surveiller les dispositifs de prévention de la délinquance mis en œuvre par les maires (des communes de plus de 10 000 habitants), conformément à la loi du 5 mars 2007. Or, quelques jours auparavant, le Président de la République avait de son côté convoqué les préfets pour leur demander de s'impliquer dans la lutte contre la délinquance "24h sur 24, 7 jours sur 7", ajoutant même : "je veux vous voir la nuit dehors avec les troupes, avec les gendarmes, avec les policiers, et puis régulièrement !". Ceci nous permet de comprendre que la mainmise de l'Etat est précisément l'une des principales raisons pour lesquelles les élus locaux ont du mal à s'affirmer. On a déjà traité ici le problème de la vidéosurveillance. Voyons à présent pourquoi les partenariats locaux ne fonctionnent pas bien, en partant d'un article récent de Virginie Gautron (Université de Nantes), qui retrouve des constats plus anciens, constats que nous faisons également dans des observations réalisées en 2010 sur quatre communes.